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jeudi 16 juin 2016

Ma vie Rouge Kubrick

J'ai lu un ovni littéraire dernièrement, Ma vie Rouge Kubrick de Simon Roy. Ce n'est pas une nouveauté, le livre est paru en septembre 2014 et a gagné le Prix des libraires du Québec en 2015. Par contre, malgré les critiques positives que j'ai lues sur ce livre, ça a pris un moment avant de me le procurer. Je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt. 



Voici le résumé de l'éditeur : « The Shining, de Stanley Kubrick, cette histoire étrange située dans un hôtel où s'installent hors saison un écrivain, sa femme et leur garçon aux pouvoirs extrasensoriels, a impressionné une foule de spectateurs depuis sa sortie en 1980. C'est à l'âge de dix ans que Simon Roy a découvert ce film, médusé par une réplique : « Tu aimes les glaces, canard ? » Depuis, il l'a revu au moins quarante-deux fois, sans doute parce qu'il « contient les symptômes tragiques d'une fêlure » qui l'habite depuis des générations. La relation méticuleuse entretenue avec le maléfique récit lui aura permis d'intégrer les éléments troubles de sa « généalogie macabre », d'en accuser le coup. Un ouvrage singulier, stupéfiant. »

En effet, il s'agit d'un ouvrage singulier. Ce n'est pas un roman, mais ça se lit comme si c'en était un. Ce n'est pas un essai, bien que par moment, ça en soit un sur l'œuvre de Kubrick et, surtout, sur le film The Shining. Ce n'est pas un témoignage ou un fait vécu, bien que l'auteur s'y mette à nue et parle de sa « généalogie macabre », les malheurs qui ont touché sa famille et particulièrement sa mère jusqu'à son suicide. Le tout est raconté sans fausse pudeur. Bref, ce livre est plus facile à définir par ce qu'il n'est pas que par ce qu'il est. En effet, c'est plein de choses à la fois. Heureusement, l'auteur évite l'effet fourre-tout ou patchwork et offre un tout cohérent, sensible et, pour tout dire, fascinant. Cela faisait longtemps que je n'avais pas dévoré un livre à cette vitesse. Chaque chapitre, très court, a son rythme et son ambiance propre et la première chose dont on se rend compte, c'est qu'on a lu le suivant et l'autre d'après et… je crois que vous avez compris le principe.

Je crois que j'ai déjà croisé Simon Roy dans un salon du livre et je sais qu'on a des connaissances communes, pourtant je ne le connaissais pas. J'avais lu certaines de ses critiques dans Alibis, mais sans plus. Je peux dire que maintenant, j'ai bien l'intention de lire son prochain livre. En attendant, je crois que je vais réécouter The Shining

vendredi 10 juin 2016

Les meilleurs livres d’horreur québécois

Un ami me demandait dernièrement de lui nommer les meilleurs livres d’horreur québécois que j’ai lus. Je lui ai donné quelques titres, mais il m’a amené à aller plus loin. J’ai donc dressé une liste (qui, je le crains, omet certains bons livres) et, tant qu’à l’avoir faite, je me suis dis que ce serait une bonne idée de la partager avec vous.


À noter que les livres ne sont pas présentés en ordre de préférence, mais bien en ordre alphabétique.

À l'intention des ombres, de Frédérick Durand
Agonies, collectif
Aliss, de Patrick Senécal
Au rendez-vous des courtisans glacés, de Frédérick Durand
Benoit (série Cobayes), de Carl Rocheleau
Bizarro, collectif
Chant pour enfants morts, de Patrick Brisebois
Demonica, d’Hervé Gagnon
Écorché, collectif
Entre les bras des amants réunis, de Claude Bolduc
Exodes, collectif
Jardin de chair, de Frédéric Raymond
Kassauan, d'Alain Gagnon
La légende de McNeil, de Jonathan Reynolds
La mémoire du lac, de Joël Champetier
La peau blanche, de Joël Champetier
Là-haut sur la colline, de Claude Bolduc
Le Corbillard, de Brian Eaglenor
Le protocole Reston, de Mathieu Fortin
Le quartier des oubliés, de Madeleine Robitaille
Le sabbat des éphémères, d'Ariane Gélinas
Les cités intérieures (trois tomes), de Natasha Beaulieu
Les tumultes de mon sang, Stanley Péan
Les villages assoupis (trois tomes), d'Ariane Gélinas
Les Yeux troubles et autres contes de la lune noire, de Claude Bolduc
L'Ile des cigognes fanées, de Frédérick Durand
Maleficium, de Martine Desjardins
Malphas (quatre tomes), de Patrick Senécal
Mort-Terrain, de Biz
Nuits blêmes, de Daniel Sernine
Olivier (série Cobayes), d'Yvan Godbout
Quand s'éteindra la dernière chandelle, de Frédérick Durand
Sur le seuil, de Patrick Senécal
Une fêlure au flanc du monde, d’Éric Gauthier
Zombi Blues, de Stanley Péan



vendredi 30 octobre 2015

Le mystère de l'enfance

On me demande souvent quels sont mes livres d'horreur préférés. Mes choix varient d'une fois à l'autre, selon mes lectures récentes, mes pensées du jour, mon état d'esprit, etc. Toutefois, deux titres reviennent pratiquement tout le temps : Ça (It) de Stephen King et Nuit d'été (Summer Night) de Dan Simmons. 

Ces deux livres sont très similaires à plusieurs niveaux, sur le plan de la thématique particulièrement. On y parle de la magie de l'enfance, de la fin de l'innocence, des mystères du passé. Le ton avec une belle ambiance forte en nostalgie. Je me rends compte que ce sont des thèmes qui résonnent beaucoup chez moi.

Pourquoi je parle de cela? Parce que je viens de livre un livre, qui bien qu'il ne soit pas à proprement parlé horrifique, rejoint beaucoup ces deux oeuvres par sa façon de présenter de façon convaincante la magie de l'enfance, Le Mystère du lac (A Boy's Life) de Robert McCammon.

C'est un livre un peu difficile à résumer sans tomber dans les généralités. Pour faire simple, on suit la vie de Cory (le garçon du titre anglais), un préadolescent de l'Alabama dans les années de l'après-guerre. Chaque chapitre peut se lire comme une courte nouvelle, un épisode de la vie de Cory qui se remémore sa jeunesse. Il y a bien une trame qui parcourt le livre, mais de façon plutôt lâche. En effet, cette année-là, Cary et son père ont assisté à une scène terrible : un homme, menotté à son volant de son véhicule, plonge dans les profondeurs du lac et le corps ne sera jamais retrouvé et personne ne sait de qui il s'agit, alors on ne parle même pas d'appréhender le coupable. Le jeune Cory tentera de résoudre ce mystère (celui du titre français), tout en traversant les épreuves qui marquent la fin de l'innocence (la découverte des filles, du rock and roll et des films de science-fiction, la façon de combattre les petits durs ainsi que de survivre à un professeur tyrannique et, plus généralement, le développement sa propre personnalité). Tout cela est raconté avec une belle touche de merveilleux et une grande place pour l'amitié. L'arrière-fond social et politique de la région est aussi dépeint avec la présence de la religion, la peur de l'autre et même le racisme propre à ces petites villes du Sud, la contrebande et la criminalité qui résulte de la prohibition.

Pour moi, la réussite d'une oeuvre fantastique provient de sa capacité à créer quelque chose de réaliste avant la fissure qui amène vers le surnaturel. Et quelque part, malgré nos différences, on a tous des expériences de jeunesse communes et ce livre brille par sa façon de raconter le passé à travers les yeux d'un enfant. J'ai quelques réserves sur la résolution du mystère (ça aurait mérité davantage de développement), mais il y a quelque chose de vrai dans ce livre qui le rend fascinant. De plus, McCammon est un excellent conteur que j'ai redécouvert ici avec une touche plus émotive que dans ces romans d'horreur (que j'apprécie en général).

Je crois qu'un autre élément qui explique pourquoi il m'est plus facile de vivre l'horreur dans les oeuvres qui traitent de l'enfance, c'est que j'ai découvert mon goût pour l'épouvante à cet âge. Je me souviens encore des délicieux frissons la première fois qu'on m'a raconté la légende de la veuve Corriveau. Je n’en ai pas dormi pendant une semaine, pourtant j'en redemandais. Et, quelque part, chaque fois que je lis un bon roman d'horreur (ou que j'écoute un film qui réussit à me faire frissonner), je redeviens cet enfant qui, malgré ses peurs, a besoin de sa nouvelle dose.

Pas la peine de dire que je recommande chaudement Le mystère du lac, un livre qui a gagné le Bram Stocker's Award en 1991 et le World Fantasy Award du meilleur roman en 1992. C'est Jonathan Reynolds qui m'en a parlé le premier. Il m'a dit que si j'avais aimé Ça et Nuit d'été, je ne pourrais pas me tromper. Que c'était à la fois similaire et différent, même si c'est difficile de préciser de quelle façon. Il avait bien raison.

mardi 1 septembre 2015

12 mois de lecture

Comme les autres participants, j'ai complété hier (le 31 août) mon Grand défi de la littérature québécoise. En gros, lors des 12 derniers mois, j'ai lu le plus de livres québécois possible dans différentes catégories. De mon côté, je me suis concentré sur le volet 1, les genres littéraires (on pouvait aussi y aller par région, par ordre alphabétique ou par année de parution). Je souhaitais lire au moins un livre dans chacune des catégories de ce volet, ce que j'ai réussi. Au total, j'ai amassé 285 points, ce qui est plus que ma prévision de 250.

Mais au-delà du nombre, j'ai aussi lu beaucoup de bons livres durant mon périple littéraire qui m'a mené de Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer de Danny Laferrière à 9 ans, pas peur d'André Marois. En fait, à part un livre que je ne nommerai pas, je n'ai rien lu de mauvais. Quelques livres moyens, mais surtout plusieurs bons, voire très bon, et un des meilleurs livres que j'ai lu, Bondrée d'Andrée A. Michaud.

Dans les oeuvres qui valent vraiment le détour, je nommerais (en vrac et j'en oublie sûrement) : Le fils emprunté, la série Malphas, Odyssées chimériques, Sarah et Sid (et en général la série Cobayes, sauf le troisième volume, Yannick), L'homme qui détestait le golf, L'Empire bleu sang, L'Ensorceleuse de Pointe-Lévy, À l'aube des lendemains précaires, Il ne faut pas parler dans l'ascenseur et 9 ans, pas peur. Mention honorable aussi à Jardin de chair, Les Verrats, Détour sur la route de Compostelle, Le sang des prairies, Meurtre à la librairie, Bizzaro, Angle mort, Laurence, Mort-Terrain, L'Île aux naufragés, Le repaire des solitudes, Les enfants soldats et... à peu près tout ce que j'ai lu. Côté jeunesse, j'ai beaucoup aimé Psycho Boys, Le Jour de Trop, Les fleurs du roi, Mon petit pouTerrificorama et la série Entités qui, malheureusement, est encore incomplète à ce jour.

Je reviendrai plus tard avec quelques impressions de lecture.






jeudi 6 août 2015

De la lecture devant moi

OK, je l'admets, il y a une chose qui m'a manqué (mais pas à mon portefeuille) lors de ma vie au Yukon : les libraires francophones.

Depuis mon retour au Québec, je rattrape mon retard, particulièrement du côté des auteurs Québécois. Ma pile de livres à lire engraisse chaque semaine.

Déjà, on y retrouve (dans le désordre) :

Momentum de Patrick de Friberg
Vargöld, Le temps des loups de Jacques Lazure
Bondrée de Andrée A. Michaud
Le ravissement d'Andrée A. Michaud
Ali Baba et les quarante voleurs intergalactiques de Nicolas Godbout
Les Yeux jaunes 1 d'Yvan Godbout
Cachemire de Mario Bolduc
Tsiganes de Mario Bolduc
La nuit des Albinos de Mario Bolduc
La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen
Chambre 426 de Madeleine Robitaille
Le quartier des oubliés de Madeleine Robitaille
À deux pas de chez elle de François Gravel
L'empire bleu sang de Vic Verdier
Carnets de naufrage de Guillaume Vigneault
Les lions rampants d'André Jacques
Les notes de sang de Corinne de Vailly
L'ordre des Ornyx 1 de Patrick Loranger
Alégracia l'intégrale de Dominic Bellavance
Soif d'Élise Lucie Henripin
Repentir(s) de Richard Ste-Marie
Violence à l'origine de Martin Michaud
Je me souviens de Martin Michaud
La chorale du diable de Martin Michaud
Les visages de l'humanité de Jean-Jacques Pelletier
Filles de Lune 1 d'Élisabeth Tremblay
L'héritière de Ferrolia 1 de Guy Bergeron
Petit feu d'André Marois
Le manoir aux sortilèges de Isa-Belle Granger
Le sentier des sacrifices de Camille Bouchard
Wariwulf 1 de Bryan Perro
Brouillard d'automne de Lionel Noël
Dans le quartier des agités de Jacques Côté

Du côté étranger, encore beaucoup de policier, bien que je ne renie pas les littératures de l'imaginaire.

Les Intrus de Michael Marshall
Les morts solitaires de Michael Marshall
Un pays à l'aube de Dennis Lehane
Fire de Joe R. Lansdale
La maison au bord du lac de James Patterson
Zulu de Caryl Férey
Tout ce qui meurt de John Connolly
Le pouvoir des ténèbres de John Connolly
Rupture de contrat de Harlan Coben
Juste un regard de Harlan Coben
Le patient 127 de Gilbert Gallerne
L'amour du métier de Lawrence Block
Le tailleur de Panama de John Le Carré
Soif de sang de Robert McCammon

Avec mon rythme de lecture, j'en ai presque pour la prochaine année... Alors que dois-je faire avec les boîtes de livres qu'il me reste à ouvrir, car je les avais laissé chez ma mère (qui est maintenant chez moi), lors de mon déménagement au Yukon? Ne posez pas la question devant ma blonde, je connais sa réponse et, non, je ne me débarrasserai pas de ma collection.

vendredi 21 novembre 2014

Double sortie pour Marcelle Dubé

J'ai publié un article sur Marcelle Dubé, une Yukonnaise bilingue qui écrit des textes touchant autant à la littérature policière qu'aux littératures de l'imaginaire. Comme c'est plus tranquille en ce moment sur ce blogue, je me suis dit que ce serait une bonne idée de partager. Alors voilà :

Double sortie pour Marcelle Dubé

Ce n’est pas un, mais deux livres que Marcelle Dubé a lancés au début du mois de novembre. En effet, elle vient de publier un roman policier (The Untethered Woman, le quatrième tome de la série Mendenhall Mystery), et une nouvelle romantique pour le temps des fêtes (A Yukon Christmas). L’Aurore boréale l’a rencontrée pour parler de ses dernières publications.



Retour à Mendenhall

Mendenhall est une ville fictive située entre Brandon et Winnipeg. « J’ai toujours aimé ce nom-là, alors quand j’ai décidé de créer une ville, je l’ai appelée comme ça. J’ai vécu quelques années au Manitoba et j’ai vraiment aimé ça, alors c’était naturel d’y placer ces histoires. »

Dans cette série policière, on suit les aventures de Kate Williams à partir du moment où elle accepte le poste de chef de police dans cette petite ville. Elle sort d’une grande ville et était confrontée au choix de prendre sa retraite ou d’accepter un nouveau défi dans cette petite ville. Seulement, son arrivée ne sera pas de tout repos puisque tout le monde s’attendait à ce que le chef adjoint soit promu. Il y a donc du ressentiment dans la population.

Au moment de commencer ce quatrième livre, l’auteure croyait en avoir terminé avec son univers de Mendenhall, mais elle a découvert qu’il restait encore une autre histoire à raconter. « C’est toujours réconfortant pour moi de revenir à Mendenhall. Je connais mon monde. Je sais comment les gens vont réagir. Malgré tout, il arrive des situations où ils me surprennent. Et une des choses que j’aime, c’est que la vie continue… même entre les livres. Il y a des choses qui se simplifient, d’autres qui se compliquent. »

Ce roman est centré sur la famille de Kate Williams. On en avait vu les membres un peu dans les autres livres, mais ici, ils sont au cœur du récit. La policière doit se rendre à Saint-Lambert, au Québec, après que sa mère eut été victime d’un délit de fuite. Les vieux réflexes prenant le dessus, elle se met à enquêter sur cette histoire, au grand déplaisir des policiers de Longueuil. Puis, un terrible drame se passe à Mendenhall, ce qui l’oblige à rentrer et elle découvre que les deux histoires sont liées.

Pour lire la suite de l'article.

vendredi 24 octobre 2014

Suggestions de livres d’horreur

Qui dit Halloween dit aussi peur, horreur et frisson. L’Halloween, c’est le moment où les vampires, les zombis et les autres monstres sortent de leur cachette pour faire la fête. Pour souligner l’événement en lecture, voici quelques suggestions de livres parfaits pour cette célébration automnale.

Une série mêlant mystère et horreur

Les Éditions de Mortagne viennent de lancer une nouvelle série intitulée Cobayes. Chaque livre de la série est écrit par un auteur différent (sept en tout) et fait découvrir une compagnie pharmaceutique qui utilise leurs patients comme cobayes dans une étude dont les effets secondaires sont insoupçonnés.


Le premier livre de la série, Anita, a été écrit par Marilou Addison, une auteure qui avait déjà plongé dans l’horreur, mais dans le cadre de romans pour adolescent. Elle nous invite ici à découvrir l’histoire d’Anita, une femme carencée au possible qui souffre d’anorexie. Si elle décide de participer aux essais cliniques pour une étude pour contrôler l’anxiété, c’est seulement pour une raison : un des effets secondaires annoncés est la perte de poids. Elle voit ainsi un moyen d’atteindre le poids symbolique de 100 livres.

Seulement, des effets imprévus auront des conséquences sur sa vie. D’abord, une violence qui la gruge de l’intérieur. Et une faim impérieuse, qu’elle se doit d’assouvir. Un appétit immense pour la viande, de plus en plus saignante.

Je dois admettre que j’ai eu de la difficulté à me plonger dans ce récit raconté du point de vue du principal protagoniste, car Anita a quelque chose d’antipathique. Cela nuit à l’identification. Par contre, la plume de l’auteur a quelque chose d’envoûtant et, après quelques pages, je me suis retrouvé happé par ce récit, à toujours vouloir savoir ce qui va se passer ensuite. Il n’y a pas de fantastique ou de magie ici, mais il s’agit clairement d’une histoire d’horreur, surtout psychologique. L’auteur n’épargne personne, surtout pas le lecteur. Le rythme est bon, le suspense prenant et il y a quelques scènes horribles à souhait (bien que l’auteur ne verse jamais dans la surenchère de détails sanglants). Bref, une belle réussite qui donne envie de lire les autres titres de la série.

Horreur et humour

Quand on parle d’horreur dans la francophonie canadienne, le nom de Patrick Senécal vient tout de suite à l’esprit. Cet automne, il a publié le quatrième tome qui vient conclure la série des Malphas dans un feu d’artifice grand-guignolesque. Intitulé La grande liquidation, ce roman met un point final aux aventures de Julien Sarkozy. Dans cette ultime enquête, il va enfin découvrir les mystères enfouis dans la cave du Cégep Malphas sur fond de manifestation de carrés rouges.


Pas la peine de dire qu’avant de plonger dans ce livre, il faut lire les trois tomes précédents. Dans cette œuvre atypique, l’auteur mélange brillamment humour et horreur pour offrir un récit décapant. C’est souvent gros, mais l’auteur a un tel don de conteur qu’on ne peut s’empêcher de continuer la lecture pour voir jusqu’où il peut se rendre…

Cette série est publiée aux Éditions Alire. Dans le premier tome, on suit Julien Sarkozy, un professeur qui a quitté son emploi au Cégep de Drummondville dans des circonstances nébuleuses. Il se retrouve ainsi au Cégep de Malphas à Saint-Trélouin, un lieu qui semble attirer les événements (ainsi que les gens bizarres). Dans les romans suivants, on explore davantage les dessous sordides de ce petit patelin où toutes les horreurs sont possibles.

Âmes sensibles, s’abstenir

La maison d’édition Les Six brumes a publié le premier roman de Frédéric Raymond intitulé Jardin de chair. Premier commentaire : la couverture du livre est magnifique et elle donne bien le ton du roman. Il s’agit d’un récit d’horreur psychologique avec quelques scènes assez explicites et très peu ragoûtantes. Vous êtes avertis.


On y suit l’histoire d’une jeune femme, Chrystabel. Elle est plutôt gentille, si ce n’est d’un petit problème de génétique : elle doit se nourrir de chair humaine. Au-delà des moments d’horreur, ce court roman (moins de 200 pages) est intéressant par la psychologie du personnage tourmenté, déboussolé, tiraillé entre son humanité et sa part d’ombre. De plus, l’auteur parvient à créer une ambiance malsaine à souhait par moment. C’est un excellent premier roman, très bien écrit. Mentionnons que l’auteur est aussi éditeur d’une petite maison d’édition spécialisée dans l’horreur : la Maison des viscères.

Secteur jeunesse

Il y a aussi une collection spécialisée en horreur pour les plus jeunes (autour de 8 à 12 ans), Zone frousse aux éditions Les Z’ailées. Chacun de ces petits livres comprend une histoire indépendante. Il n’y a pas (ou rarement) de personnages récurrents. On en trouve pour tous les goûts. Les deux dernières parutions sont Les mots de la mort de Kevin Girard et Terrificorama de Jonathan Reynolds.


Terrificorama joue habilement avec la peur dans un récit bien adapté à son public. Il y a quelques raccourcis faciles à l’occasion, mais l’ensemble est bien mené et les jeunes amateurs de sensations fortes vont y trouver leur compte. Amélie se joint à un groupe d’amateurs d’histoire lugubre pour créer une revue qui traite des lieux hantés de leur ville. Ce qui les amènera à visiter l’ancienne école primaire de la ville, abandonnée depuis longtemps. Et le petit groupe plongera alors dans l’horreur.



J’ai un peu plus de réserve sur Les mots de la mort. Il manque un peu d’explications par endroits, mais là aussi les plus jeunes devraient se payer une belle frousse. À quelques heures d’animer le spectacle de fin d’année, William et Virginie apprennent qu’une malédiction sévit. Il suffirait de prononcer un seul mot sur la scène pour que tout tourne en réel cauchemar. En plus, quelqu’un prépare un plan monstrueux… À nos amis de découvrir qui.

lundi 20 octobre 2014

Quelques lectures

J'ai toujours lu beaucoup de livres québécois... et là, avec le Grand défi lancé par Dominic Bellavance, j'en lis encore un peu plus. Toutefois, le livre qui m'a marqué le plus dernièrement est Une fille comme les autres de Jack Ketchum. 

C'est un roman d'horreur dans le plus pur sens du terme. Pourtant, il n'y a pas la moindre trace de fantastique — en fait, c'est même basé sur une histoire vraie. Par les yeux d'un adolescent, on découvre l'horreur qui s'infiltre tranquillement chez ses voisins qui viennent d'accueillir deux adolescentes dans leur maison. Coeur sensible s'abstenir, les souffrances qui seront infligées aux jeunes filles (particulièrement à la plus vieille des deux) sont par moment insoutenables. Personnellement, ce type de voyeurisme n'est pas ma tasse de thé. Mais le style de Ketchum a quelque chose d'envoûtant et on se retrouve à jouer le rôle du voyeur, complice malgré lui, qui veut savoir ce qui va se passer ensuite.

Sinon, côté Québécois, j’ai lu dans les dernières semaines :

1-     Le fils emprunté, troisième aventure de Jérôme Marceau de la plume de Jacques Savoie. J’ai adoré cette enquête policière sur fond de magie vaudou (même si quelques clichés liés à cette religion ne sont pas épargnés aux lecteurs). Mais la fin, à mon sens, tombe à plat. Il y aurait eu une grande charge émotive, mais c’est présenté de façon si succincte, que j’ai eu de la misère à le croire. Dommage, car ça aurait pu être un grand livre.
2-     J’ai aussi lu quelques romans d’horreur québécois qui vont me servir pour un article de suggestions de lecture pour l’Halloween (j’y reviendrai en détail à la fin de la semaine). Je peux quand même dire que Jardin de chair est un excellent premier roman de Frédéric Raymond, que Anita de Marilou Addisson lance de façon intrigante la série Cobaye, que les dernières parutions de la collection Zone frousse de Jonathan Reynolds et Keven Girard devrait plaire à leur lectorat (même si comme adulte j’ai trouvé que certains coins étaient tournés ronds) et que Malphas de Patrick Senécal se conclue dans un grand feu d’artifice. D’ailleurs, j’attendais la parution du dernier tome pour me lancer dans la lecture de cette série. Je n’étais pas convaincu par le mélange humour-horreur tel que proposé par l’auteur dans un premier temps, mais j’ai rapidement été conquis. Une œuvre qui m’a plu presque autant qu’Aliss du même auteur.

3-     Toujours du côté des auteurs québécois, j’ai adoré le recueil de nouvelles l’Odyssée chimérique de Claude Lalumière : un regard original sur plusieurs thèmes classiques (superhéros, zombies, particulièrement), un style accrocheur. Que du bon. D’ailleurs, je suis en train de terminer le collectif Masked Mosaic dirigé par Lalumière. On y retrouve une vingtaine d’histoires de superhéros au Canada. Comme tous les collectifs, l’ensemble est inégal, mais j’ai y découvert quelques perles et plusieurs auteurs canadiens à suivre.

mardi 9 septembre 2014

Lectures marquantes

C’est la mode en ce moment de nommer ces dix livres les plus marquants… J’ai tenté de me livrer à cet exercice, mais j’ai beau me limiter le plus possible, j’en ai toujours plus que dix. Alors voici ma liste restreinte.

Les livres cultes

J’ai deux livres cultes, des livres que j’ai lus à toutes les étapes de ma vie. La première fois, dans une édition tronquée pour les enfants. Ces livres représentent pour moi l’aventure à l’état pur…


  1. L’île au trésor de Robert Louis Stevenson
  2. Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas


Lectures d’adolescent

Mon adolescence a été marquée par la découverte des romans d’horreur… et de la fantasy. Comme je jouais beaucoup à des jeux de rôles au secondaire, mes lectures accompagnaient souvent mes aventures imaginaires.


  1. Lord of the ring de J.R.R. Tolkien. Livre culte à l’adolescence. À l’époque, j’aurais été prêt à me battre pour défendre l’opinion que c’était le plus grand livre de tous les temps. Et comme je jouais à Dongeon et Dragon (mais aussi au jeu de rôle dans la terre du milieu dont j’ai oublié le nom)…
  2. Ça de Stephen King (et plusieurs livres de l’auteur lus dans la foulés, mais aucun ne m’a marqué autant). Je l’ai découvert lors d’un camp de vacances quand un moniteur a eu la bonne (mauvaise?) idée de nous raconter cette histoire autour d’un feu de camp. Quand je l’ai lu deux ans plus tard, j’ai passé une nuit blanche pour terminer le dernier tome.
  3. L’Affaires Charles Dexter Ward : Je pourrais dire tout Lovecraft, mais pour moi c’est son œuvre la plus aboutie. Je ne m’en lasse pas. Et à l’époque, je jouais beaucoup à Call of Cthulhu.
  4. Nuit d’été de Dan Simmons (j’avais beaucoup aimé L’échiquier du mal lu dans la foulée). Pour moi le meilleur livre d’horreur. Même thématique que Ça, mais en plus efficace.
  5. Entretien avec un vampire d’Anne Rice : Je n’ai pas fini la série, je n’en garde pas de si bons souvenirs, mais comme je jouais beaucoup à Vampire : la mascarade, c’était un livre culte. Et, à l’époque, j’adorais cela.


Mentions honorables à Bob Morane lu à un jeune âge. Je me rappelle avec nostalgie cette découverte au primaire, surtout le Cycle du temps.

Âge adulte

  1. Sur le seuil de Patrick Senécal. Car j’ai réalisé avec ce livre qu’on pouvait faire du fantastique au Québec et, comme je le dis souvent, l’amateur de fantastique recherche le feeling de Sur le seuil à chacune de ses lectures.
  2. Neverwhere de Neil Gaiman… et tout Gaiman, en fait mon préféré est American Gods, mais je l’ai découvert par Neverwhere et, depuis, c’est mon auteur préféré.
  3. La Tapisserie Fionnavar de Guyr Gavriel Kay (mais là aussi, tout Kay) : Pour moi, la meilleure série de fantasy, avant Le Seigneur des anneaux.
  4. La mémoire du lac de Joël Champetier : Pour moi, le meilleur roman fantastique écrit au Québec.
  5. Zombi Blues de Stanley Péan : Complète mon top trois des romans fantastiques québécois avec Sur le seuil et La mémoire du lac.
  6. Chronoreg de Daniel Sernine : Le premier roman de science-fiction que j’ai littéralement dévoré. Depuis, j’ai appris à apprécier le genre.
  7. A Game of Thrones de Georges R. R. Martin : Peut-être ce qui s’est fait de mieux en fantasy, plus encore que ce qu’a fait Kay, par contre j’en ai interrompu la lecture jusqu’à ce que la série soit complétée, alors je me garde une réserve.
  8. Le Poète de Michael Connelly (et, en fait, tout Connelly) : J’ai (re)découvert le roman policier avec Le Poète, depuis je suis un fan inconditionnel de Connelly. J’ai lu toute son œuvre… et j’en redemande.
  9. Gone Baby Gone, de Dennis Lehanne (et tout Lehanne). Mon roman préféré de cet auteur. Jusqu’à l’an dernier, Connelly était mon auteur policier préféré… puis j’ai découvert Lehanne.


BD :

Je me rends compte que je n’ai nommé aucune bande dessinée dans cette liste. Je ne sais pas pourquoi, mais je fais toujours la distinction entre livre et BD, mais si je devais aller de ce côté, je nommerais les cinq titres suivants : Sandman, Fables, Sin City, Locke and Key et Walking Dead.

lundi 8 septembre 2014

Les auteurs canadiens anglais

Ça m’a frappé dernièrement : je ne connais pas le milieu des littératures de l’imaginaire au Canada anglais. Je connais quelques auteurs phares comme William Gibson et Robert J. Sawyer ou quelques auteurs québécois qui publient en anglais comme Claude Lalumière (ou, dans une certaine mesure, Nancy Kilpatrick), mais je ne connais rien des revues, des maisons d’éditions et des congrès canadiens.

Pour pallier à ce manque, je me suis commandé quelques anthologies (dont quelques Tesseract, l’un des rares supports que je connaissais déjà) et je me suis abonné à la revue On Spec. Et ça n’a fait que confirmer mon impression : que ce soit dans le sommaire  d’On Spec ou de Tesseract, je ne connais à peu près personne.

J’ai échangé avec quelques auteurs canadiens dans les derniers mois et je me rends compte qu’ils vivent la même réalité que nous. À part quelques gros noms publiés chez des éditeurs américains et reconnus par les lecteurs comme des auteurs étasuniens, la plupart des auteurs Canadiens anglais peinent à atteindre leur public, manque de visibilité dans leur marché local, et ne demanderaient pas mieux que… d’être traduits en français pour toucher plus de gens. Comme quoi les deux solitudes se rejoignent parfois…

Je veux poursuivre mon exploration de ce qui s’écrit en anglophonie canadienne. Connaissez-vous d’autres magazines canadiens-anglais?

vendredi 6 septembre 2013

Pourquoi y a-t-il autant de chansons en fantasy ?

Quand j'étais petit, je DÉTESTAIS les films de Disney, parce que ça chantait tout le temps là-dedans. Mes goûts pour la chose n'ont pas changé depuis.

Je suis en train de lire L'Arcane des Épées de Tad Williams. Probablement ce qui s'est fait de mieux à mon avis en fantasy classique (high fantasy) avec La tapisserie Fionavar de Guy Gavriel Kay et Le Seigneur des anneaux du père Tolkien. Mais voilà, comme dans l'oeuvre de Tolkien, ça chante tout le temps là-dedans.

Pourquoi ? Est-ce que quelqu'un peu m'expliquer ? Est-ce qu'il y a juste moi que ça énerve de lire des chansons dans une oeuvre de fiction ?

C'était ma montée de lait du jour.

lundi 23 juillet 2012

Encore des clowns vengeurs


J'ai reçu la deuxième fournée de livres de la série des Clowns vengeurs avec « Les Couloirs de l'éternité » de Jonathan Reynolds et « L'Initié » de Pierre H. Charron. Encore une fois, j'ai eu droit à des livres où l'action est menée tambour battant avec la vengeance comme toile de fond. Toutefois, ces deux livres ont mis en relief les limites de ce type de projet écrit à plusieurs mains.


Commençons avec « Les Couloirs de l'éternité ». On y suit les aventures d'un Menvatt X, un exécuteur qui imite les Odi-menvatts dans la cité, une ville refermée sur elle-même où le soleil ne brille jamais et où l'espoir n'est pas permis. Dès le départ, le personnage commence à douter de sa mission et songe à quitter ce métier. Lorsque sa fille lui annonce qu'elle veut suivre ses traces, sa décision est prise : il doit quitter la cité pour retrouver un mode de vie plus sain à la campagne. 



Je trouve que l'histoire tourne les coins ronds et qu'il y a quelques facilités ici et là, mais la psychologie du personnage est bien amenée et l'ensemble est agréable à lire. Mon problème vient plutôt que j'ai eu l'impression lors de la lecture que le livre ne se déroulait pas dans le même univers que les autres. Dans les premiers romans, j'avais l'impression qu'on était dans un futur très lointain ou même carrément un autre univers. Dans « Les Couloirs de l'éternité », on est carrément dans notre monde et dans un futur pas si lointain puisqu'il y a des références à notre culture populaire (notamment les westerns de Clint Eastwood). J'admets que cela m'a fait tiquer.

Un problème encore plus important lié à ce type de projet est révélé dans « L'Initié ». En effet, l'histoire est beaucoup trop ambitieuse pour le format de la collection. Pour être bien développée, l'histoire aurait eu besoin de respirer davantage. Entre autres, un des moteurs de l'histoire est la relation entre deux personnages, mais celle-ci n'est expliquée qu'au détour d'une phrase (on apprend qu'un personnage serait prêt à donner sa vie pour un autre, mais on ne comprend jamais vraiment pourquoi, alors que cette information est cruciale à la suite de l'histoire). De plus, il semble que l'entraînement pour devenir un Odi-Menvatt puisse être condensé à l'excès. Malgré tout, l'histoire est intéressante avec des retournements de situations à foison et plusieurs très bonnes idées. 



Il y a toutefois eu un relâchement dans la direction littéraire par rapport aux autres volumes avec plusieurs petites fautes faciles à corriger (au moins cinq fois, il manque un mot ou des lettres à un mot, sans compter qu'à la page 120, il y a un P inutile avant la phrase qui débute par « Ils traversèrent l'enclos ») et une erreur de concordance assez gênante (page 83, le Menvatt, lâche sa canne… pour l'utiliser à la page 85). Les dialogues du premier chapitre auraient aussi gagné à être révisées, car ils sonnent faux, ce problème se replace toutefois en grande partie par la suite. Mais bon, il n'y a rien là qu'une bonne direction littéraire n'aurait pu résoudre. Dommage pour l'auteur qui signe tout de même une œuvre qui suscite l'intérêt.

mardi 17 juillet 2012

Les clowns vengeurs

J'ai lu les trois premiers tomes de la série des Clowns vengeurs et j'ai bien aimé. Dans un premier temps, j'étais surpris que la série ne commence pas avec un livre du créateur de cet univers, Michel J. Lévesque, mais après avoir lu Valse macabre de Guy Bergeron, j'ai compris. C'est de loin le meilleur des trois livres. Rien à redire tant sur le contenu que sur la forme, un presque sans faute. J'ai apprécié le roman de Lévesque, Concertos pour Odi-Menvatt, mais je l'ai trouvé plus lourd avec ses nombreuses explications de l'univers. La volonté d'Odi de Mathieu Fortin souffre du même défaut. De plus, la première moitié du roman de Fortin m'a emballé, mais la fin m'a vraiment laissé sur mon appétit. Malgré tout, on parle de trois courts romans basés sur l'action qui se lisent d'une traite.



Malgré tout, voilà une série qui promet. L'univers collectif me semble intéressant et j'ai bien hâte de lire les deux autres tomes que j'ai déjà commandé.

dimanche 19 juin 2011

La vie en noir

Je viens de (re)découvrir le noir avec la lecture de The Big Sleep de Raymond Chandler. Et je me rends compte qui si j'adore les histoires de détectives privées (j'en ai d'ailleurs une qui sera publiée dans le prochain numéro d'Alibis), j'en ai très lu en fait. Même du côté cinéma, à part le superbe Faucun Maltais (la version avec Humphrey Bogart), je n'ai pas vu grand chose.

J'ai donc décidé de pallier à ce manque en me commandant (en livre), le reste de l'oeuvre de Raymond Chandler et l'oeuvre complète de Dashiell Hammett (le père de Sam Spade que l'on retrouve dans Le Faucon Maltais). J'ai aussi commandé un coffret DVD avec quatre films : The Maltese Falcon que j'ai déjà, mais aussi The Bid Sleep, Dial M for Murder et The postman always ring twice.

Si vous avez d'autres suggestions pour moi, lâches-vous lousse. Je reparle de The Big Sleep plus tard cette semaine lorsque je l'aurai fini. Je l'aurais fait aujourd'hui, mais je suis chez mes beaux-parents et je l'ai oublié chez moi. Je suis obsédé par ce livre depuis et je suis frustré de ne pas pouvoir le finir. Ça vous donne une idée du plaisir que j'ai à le lire.

Et ça me donne un petit coup de pied au cul pour terminer le court roman "Baiser la mort", qui est la première histoire de Tom Brousseau, mais qui paraîtra assurément après Le viol comme solution au mal de vivre qui est prévu pour le prochain numéro d'Alibis.

lundi 23 mai 2011

Flyona

Le livre quasi mythique de Caroline Lacroix, Flyona, est enfin paru dans la collection Nova de la maison d'édition Les 6 brumes. Quand je dis quasi-mythique, c'est qu'on entend parler de ce livre depuis des années, mais que de multiples réécritures ont été nécessaires avant sa parution.


Résumé : Ainsi que l'ont prédit d'innombrables récits de science-fiction, la Terre n'est plus qu'un champ de ruines étouffé par la pollution. En fuite, l'humanité a conquis l'espace et poursuit sa croissance démographique et technologique vers les étoiles.

Niklas, enfant de cette civilisation galactique, a passé le plus clair de sa vie dans le vide intersidéral. Projeté dans l'atmosphère étouffante d'une planète dotée d'une force de régénération étonnante, il y rencontre Flyona, une botaniste capable de faire corps avec la nature.

Une alliance est-elle encore possible entre l'humain, plus habitué à vivre entouré de ses machines, et son habitat primaire, la jungle foisonnante de possibilités.

Mon avis : Cela faisait un bon moment que je n'avais rien lu de Caroline Lacroix. Faut dire qu'elle se fait plus discrète après avoir publié de nombreuses nouvelles il y a quelques années. J'ai retrouvé une de ses grandes qualités : donner vie à une scène en quelques mots. De plus, elle a grandement amélioré ses dialogues, ce qui en fait une des forces de ce livre. De plus, elle a une plume alerte et possède un bon rythme. Là où le bas baisse, c'est qu'on a l'impression qu'il manque un peu de jus : les personnages mériteraient d'être plus développés (particulièrement Niklas qui n'est esquissé qu'en quelques traits alors qu'il est le personnage principal) et l'histoire manque de rebondissement. De plus, la fin m'a laissé un peu sur mon appétit (il y a quelque chose de trop passif dans la réaction de Niklas). Par contre, il y a une « poésie », une finesse dans l'écriture de l'auteure qui fait en sorte que les défauts passent au second plan et que la lecture est agréable.

J'ai beaucoup apprécié le mélange des genres. Si c'est clairement un texte de science-fiction, il y a une touche de féerie qui rapproche ce récit du conte. Et le mélange a été bien géré, avec juste assez d'explications pour que ça ne devienne pas du n'importe quoi. En fait, on a même envie d'en savoir plus, comme si Flyona n'était qu'un épisode dans une histoire plus large.

Au final, on a un Nova en haut de la moyenne. J'aime beaucoup ce format, plus court qu'une novella, plus long que la plupart des nouvelles. Le terme exact serait « novelette », mais je ne suis pas convaincu que ce soit utilisé dans le milieu francophone.

Note : 7/10 pour le plaisir de lecture et la magie qui ressort du récit. Ce livre devrait plaire à ceux qui sont rebutés par les éléments science-fictifs trop présents. On est plus près de la fable écologique que du roman de hard SF.

vendredi 20 mai 2011

Clair Obscur 8

J'ai reçu un peu avant le Congrès Boréal la huitième livraison du fanzine Clair/Obscur et je viens de finir de le lire. Encore une fois, c'est du beau travail.



Visuellement, la couverture couleur de Laura de Fayard est inquiétante à souhait, la maquette est claire, mais les illustrations intérieures laissent à désirer autant par leur choix que par la faible qualité de la résolution. Le directeur de la revue (et rédacteur en chef et directeur littéraire adjoint et correcteur et concierge) François-Bernard Tremblay a annoncé lors du Congrès Boréal que Gabrielle Leblanc s'occuperait dorénavant de la mise en page. Je crois que ce sera une bonne chose.

Pour ce qui est du contenu, ça commence avec une entrevue avec l'auteur (entre autres occupations) Christian Roux. Je ne connaissais pas cet auteur français, mais l'entrevue m'a donné envie de le découvrir (tout comme une entrevue dans un numéro précédent m'a fait découvrir la série David Nolande). Ensuite, on a droit à quatre fictions : 31 octobre, 2015 de Nicolas Handfield, La famille Jambon de Claude Bolduc, La guerre comme si vous y étiez de votre humble serviteur et Cartographie de la cruauté d'Ariane Gélinas.

31 octobre, 2015 : Il s'agit du premier texte que je lis de Nicolas Handfield. En 2015, un adolescent s'apprête à passer l'Halloween dans un monde dévasté par les bombes. J'ai bien aimé le ton un peu naïf de l'histoire, par contre, j'ai l'impression qu'on m'a raconté l'anecdote plutôt que l'histoire complète.

La famille Jambon est un texte mineur de Claude Bolduc. On se croirait presque dans le même univers que dans le texte d'Handield. Alors que la population manque de nourriture, la famille Jambon se goinfre sans arrêt et prend du poids. Pendant ce temps, le narrateur les observe de la fenêtre de sa demeure. On retrouve dans ce court texte les qualités de l'auteur qui excelle à créer des ambiances. On retrouve aussi son sens de l'humour (noir). Au final, un texte agréable.

La Guerre comme si vous y étiez : Je ne peux bien sûr pas donner d'avis objectif de ce texte de ma plume. Toutefois, je peux parler un peu de sa genèse. Il s'agit d'un texte écrit lors de mes études en création littéraire. Du moins, pour la première version que j'avais fait lire à Mathieu Fortin qui l'a accepté beaucoup plus tard pour Clair/Obscur. Entre-temps, j'avais développé un autre concept pour le texte et je l'ai complètement réécrit à la deuxième personne, car cela permettait de servir mon propos. Le concept est demeuré le même : dans le futur, on peut visiter le Musée de la guerre. On peut s'y brancher à une machine qui nous permet de revivre des scènes de guerre tirées de souvenirs d'anciens soldats. Dans la version originale, on suivait un étudiant chétif qui faisait une visite scolaire. Dans la version publiée, j'ai enlevé le côté adolescent de la visite scolaire et j'ai joué avec la narration à la deuxième personne. Je déteste les artifices littéraires tape-à-l'oeil, mais je trouvais que ce procédé se mariait bien au texte et au thème de la quête d'identité (qui se retrouve dans la majorité des mes écrits d'ailleurs). Aussi, le ton est devenu résolument plus noir et les scènes de guerre (ou plutôt, la scène de guerre) est plus... « explicite » à défaut d'un mot qui convient mieux. Il s'agit aussi de ma première incursion dans le domaine de la science-fiction (en fait ma deuxième, mais dans le premier cas, c'était une nouvelle de débutant soumis à Solaris lorsque j'avais 17 ans... non seulement ça n'a pas été publié, mais je ne crois pas qu'il m'en reste une copie). J'ai toutefois un projet en cours dans ce domaine. On verra bien...

Cartographie de la cruauté est un texte d'ambiance (morbide) parfaitement réussie. Il y a des images fortes maniées par une plume acérée. On y suit un collectionneur bien particulier : un collectionneur de cruauté, de douleur, de mort. On suit son parcours qui l'amène sans cesse plus loin dans son vice, jusqu'à la réalisation de son plan final. J'ai beaucoup aimé.

La section critique comprend un dossier de quatre pages sur Contre Dieu de Patrick Senécal qui m'a semblé manquer un peu de contenu (il aurait pu aisément rentrer dans deux pages) et quelques critiques de livres.

Au final, sur les trois textes de fictions, il y en a un très bon, un bon et un dans la bonne moyenne. Pour ce qui est de la partie critique et article, je n'ai rien à redire, sauf que j'aurais préféré un article plus fouillé ou plus court sur Contre Dieu. Mais dans l'ensemble, c'est réussi en ce qui me concerne.

mardi 17 mai 2011

À l’ère du numérique

Eh oui, j’arrive à l’ère du numérique et je plonge dans le Web 2.0. L’Arracheur de rêves (du nom de mon recueil de nouvelles pour adultes publiés chez la défunte maison d’édition La Veuve noire) me permettra de partager ma relation amour-haine avec l’écriture. Je vais y parler de mes lectures, de mes projets et aussi… de moi.

Je jongle avec l’idée de lancer ce blogue depuis un bon moment, mais il me manquait une petite poussée dans le dos. Je l’ai eu avec le dernier Congrès Boréal qui a eu lieu le week-end dernier. J’y ai rencontré plein de gens dynamiques. Des projets ont été lancés. Certains ont été annoncés. Entre autres, la Maison des viscères, un éditeur numérique qui se spécialise dans le gore, a annoncé que sa première anthologie comprendra trois textes d’auteurs québécois : Jonathan Reynolds, Ariane Gélinas et moi. J’ai bien hâte de voir ça.

D’ailleurs, parlant de numérique, je me suis procuré une tablette et je viens de lire mon premier livre numérique. J’ai commencé avec un court roman publié directement en format numérique : J’irai me crosser sur vos tombes de l’auteur Ed. Hardcore. Résultat de mon expérience : j’ai beaucoup aimé lire sur ma tablette même si le texte était en format PDF et non en epub. Reste maintenant à savoir si j’y prendrais autant de plaisir avec un livre plus volumineux (J’irai me crosser sur vos tombes fait 120 pages).

Pour ce qui est du contenu, je ne me lancerai pas dans une critique littéraire en profondeur. Comme son titre l’indique, il s’agit d’un livre dérangeant, un peu hardcore avec du sexe déviant (d’autant plus que l’histoire se passe dans le milieu des films de cul alternatifs). On y retrouve la même grande qualité que dans les autres romans de l’auteur : Ed. Hardcore a un style inimitable. À première vue, ça semble facile d’écrire comme lui, mais peu d’auteurs peuvent bien le faire. D’ailleurs, dans J’irai me crosser sur vos tombes, Mélodie Nelson a tenté de relever le défi pendant un chapitre. Si elle réussit à amener des éléments dérangeants (c’est fou tout ce qui peut se mettre dans les orifices d’une actrice porno en audition), elle est incapable d’y mettre la même verve qu’Hardcore et ça devient vite lassant. Et on retrouve aussi le même gros défaut : il manque de contenu. On a souvent l’impression que le but est de déranger pour déranger. Il manque une histoire solide. C’est dommage, car je serais vraiment curieux de voir ce que le style de l’auteur donnerait avec une histoire qui serait davantage qu’un prétexte à mettre des scènes de sexe et de violence.

Alors, voilà, je suis maintenant en ligne. Le défi maintenant, c’est de garder le cap et de publier avec régularité.