lundi 25 juillet 2011

Quelques lectures

Je ne suis malheureusement pas aussi assidu sur ce blogue que je ne le voudrais. Sans entrer dans les détails, disons que j'ai accepté un nouveau défi au travail. Certains le savent, je suis co-propriétaire d'une entreprise de communications, Publications Beauce-Nord. Notre activité principale est la publication du Journal de Beauce-Nord. Depuis, nous avons ajouté un portail de nouvelles en ligne (editionbeauce.com) et nous faisons aussi des sites Internet. Ce dernier département ne fonctionnait pas comme nous le voulions, alors j'ai décidé de le prendre en main. Je me suis rendu compte que le département manquait de structure, alors j'ai donné un gros coup là-dedans. J'en ai encore pour quelques semaines pour bâtir tous les outils de travail dont j'ai besoin, mais les premiers résultats sont encourageants.

Côté écriture, je planche sur « Dans ses pas », une novella pour la première anthologie de La Maison des Viscères. Le projet avance bien, mais j'ai peur de manquer de temps. Cette nouvelle est un peu hétéroclite en ce sens qu'elle mélange la plupart de mes champs d'intérêt littéraire : le conte, le policier, l'horreur avec un soupçon de gore (c'est La Maison des Viscères après tout). Le défi est de réussir à former un tout avec ça pour que ce soit intéressant et non un assemblage disparate. Dans ma tête, ça marche très bien. Reste à voir si je serai capable de réaliser le passage sur papier… Je dois aussi terminer les corrections pour « Comme le vent qui s'écoule entre nos doigts » qui paraîtra dans le prochain numéro de Brins d'éternité.

Ensuite, je vais terminer mon roman policier avec Tom Brousseau, le détective qu'on peut découvrir dans le dernier Alibis. Le plus drôle, c'est que ce roman se passe avant et a été écrit avant la nouvelle qui est déjà publiée. Faut dire que je n'avais aucune idée d'où publier un roman policier au moment où je l'ai écrit. Je ne le sais pas nécessairement plus, mais je dois terminer ce roman.

Côté lecture, j'ai lu plusieurs bons livres et j'aurais aimé en parler en détail, mais comme la pile augmente sans cesse, je préfère les passer rapidement en revue aujourd'hui, pour pouvoir parler des prochaines lectures au fur et à mesure.

J'ai beaucoup aimé L'Enfant sans visage d'Ariane Gélinas publié dans la collection Kompact chez XYZ (c'est d'ailleurs le livre le plus intéressant des trois que j'ai lus dans cette collection). Une novella de science-fiction (bien qu'à certains niveaux ce soit davantage une histoire fantastique dans un cadre de science-fiction). On retrouve la très belle écrire de Gélinas et le ton un peu gothique de ses écrits. Elle excelle dans la création d'ambiance et d'images fortes. Un livre conseillé.

Séparation des corps de Richard D. Nolane (Rivière blanche). Voilà un beau recueil qui permet de suivre l'évolution d'un auteur sur une période de trente ans. Les premières nouvelles sont très associées aux modèles littéraires du jeune auteur (Lovecraft entre autres), mais on suit une progression autant dans les idées que dans le style. Au final, ce livre contient un roman d'aventures fort divertissant et plusieurs excellentes nouvelles. Je le conseille aussi.

Le grand sommeil de Raymond Chandler a été un de mes gros coups de cœur cette année (après Sur des mers plus ignorées…). On y trouve tout ce qui me plaît dans une histoire noire : des personnages à la moralité douteuse, un détective dur à cuire et une ambiance exceptionnelle. Seul petit défaut, l'intrigue est un peu relâchée par moment et la fin de m'a pas totalement convaincu. Sans parler de la mort d'un personnage dont nous ne saurons jamais s'il s'agit d'un meurtre ou d'un suicide. Mais, dans ce type d'histoire d'ambiance, c'est le genre de défaut qui porte moins à conséquence que dans d'autres œuvres.

La Maison au fond de l'impasse de Frédérick Durand (Vents d'Ouest) est un roman particulier. Au premier degré, c'est l'histoire d'un homme qui fait un pacte avec le diable et dont on suit la descente aux enfers. Le tout porté par la plume de Frédérick Durand qui excelle à créer des ambiances malsaines. Toutefois, il manque le petit côté éclaté propre à l'auteur pour que cette lecture au premier degré m'ait véritablement conquis. J'ai trouvé que c'était un peu trop classique. Par contre, on peut voir l'histoire au deuxième degré et suivre la maladie mentale d'un individu schizophrène. La lecture est alors plus riche. Malgré tout, ce n'est pas mon livre préféré de l'auteur qui m'a véritablement envoûté avec des œuvres comme L'Île des cigognes fanées, Au rendez-vous des courtisans glacés et À l'intention des ombres.

Kyra de Léo Lamarche (Coups de tête). Voilà un Coups de tête de la première génération : un court récit (très court ici) porté sur l'action. Cette histoire de science-fiction s'attache au pas d'une jeune fille en fuite pour sa liberté. Pourtant, il m'a semblé qu'il y avait quelques longueurs et que l'histoire mettait trop de temps à véritablement décoller pour son format. De plus, le cadre aurait gagné à être mieux défini. À l'état actuel, on termine le livre sans trop savoir ce qu'on a lu. Pas désagréable, mais un peu frustrant.

En ce moment, je lis Sur des mers plus ignorées… de Tim Powers. On dit que ce livre a inspiré la série « Pirates des Caraïbes » dans son ensemble et, plus directement le dernier volet que je n'ai pas vu. À la lecture du livre, les ressemblances sont évidentes, surtout pour ce qui est de l'ambiance. Tim Powers est un de mes auteurs préférés. Mais c'est drôle, on dirait que j'ai tendance à l'oublier. Je peux prendre deux ou trois ans entre chacun de ses livres alors que pour Neil Gaiman ou Guy Gavriel Kay, je suis à jour dans mes lectures et je lis les nouveautés dès leur parution. Dans « Sur des mers plus ignorées... », on retrouve son humour et sa façon un peu décalée de voir les choses dans une histoire qui mélange pirates, magie, vaudou et zombis. Une lecture à conseiller.

samedi 23 juillet 2011

Le sens de l'humour

Je fais partie de ceux qui ont pris plaisir à regarder « De père en flic »… même si paradoxalement j'ai trouvé que c'était un mauvais film. Sur le plan cinématographique, les erreurs étaient nombreuses, à commencer par une intrigue tellement relâchée que la conclusion de l'enquête est garrochée à la fin par des coupures de journaux, mais le propos (la relation père-fils) avait quelque chose d'universel et les bons gags abondaient.

Je suis donc allé voir « Le sens de l'humour » de sensiblement la même équipe avec un a priori très positif. Et j'ai été déçu. Encore une fois, en tant que films, les erreurs sont nombreuses. La différence, c'est qu'en tant que divertissement, j'ai trouvé que c'était beaucoup moins solide. Ça prend un moment avant de vraiment décoller. C'est une des premières fois que je vois Michel Côté se répéter (on aurait dit Vers de terre de Cruising Bar) et le rythme fait défaut. Heureusement, vers le milieu du film, les choses commencent à lever et on a droit à quelques très bonnes scènes dont celle où Michel Côté reçoit Anne Dorval chez lui alors que Louis-José Houde et Benoit Brière sont enfermés à l'étage.



Même si j'ai été déçu, tout n'est pas mauvais dans « Le sens de l'humour ». Comme je le disais, il y a quelques bons gags et Sonia Vachon offre une belle performance d'acteur. Benoit Brière est également très solide. Le personnage d'Anne Dorval manque singulièrement d'épaisseur, mais elle a toujours autant de charisme à l'écran.

jeudi 21 juillet 2011

Mon premier pilon

Il y a des étapes importantes dans une carrière d'écrivain : sa première publication, sa première critique, sa première vente, son premier chèque de droits d'auteur. Je viens d'arriver à une nouvelle étape : mon premier livre pilonné. En effet, il semble que la Veuve noire ait déposé son bilan et, donc, « L'Arracheur de rêves » a été pilonné. Remarque que c'est davantage une façon de parler, car, dans les faits, le livre est maintenant disponible en solde à plusieurs endroits. Le plus drôle, c'est que le livre est vendu à un prix inférieur à celui que l'éditeur me proposait.



Cela tire un trait sur mon expérience la plus pénible dans le monde de l'édition. Si le travail sur le manuscrit s'est bien passé, tout le reste a été une succession de frustration. La date de parution était sans cesse remise. Pour le lancement, j'ai dû m'arranger avec un libraire local pour avoir des livres, car l'éditeur refusait de m'envoyer des exemplaires si je ne les payais pas plein prix (donc sans mon rabais d'auteur) à l'avance sans possibilité de retour. Quand le livre a paru, un changement de distributeur a fait en sorte que le livre n'a pas été distribué dans la plupart des librairies. Quand ils l'ont finalement reçu, ce n'était plus une nouveauté et donc personne ne l'a vu. Je pourrais continuer la liste longtemps, mais je crois que le point a été assez clairement démontré : ce fut très pénible et je suis bien heureux de retrouver mes droits sur ce livre.

La bonne nouvelle, c'est que deux éditeurs ont démontré de l'intérêt pour le reprendre. Comme il n'y a rien de signé, ça ne sert à rien d'en faire l'annonce, car il n'y a rien d'officiel. Par contre, dès que je le saurai, je vous tiens au courant. Par contre, il serait surprenant que le livre sorte avant quelques années… ce qui est tout à fait normal. Je pense toutefois ajouter une novella au début ou à la fin, histoire d'enrichir se recueil.

La Tempête

Il y a quelques jours, je suis allé voir la pièce « La Tempête » mise en scène par Robert Lepage. Présentée à l'amphithéâtre extérieur de Wendake, la pièce de Shakespeare a été présentée à la sauce amérindienne. En effet, la magie présente dans l'histoire, tout comme les costumes des esprits qui peuplent l'île, font directement référence à la nation autochtone.



Pour ceux qui ne connaissent pas « La Tempête », c'est l'histoire de Prospero, duc de Milan, et de sa fille qui vivent sur une île mystérieuse après avoir été jetés à la mer dans une barque au large des côtes italiennes à la suite d'un complot ourdi par le frère de Prospero. Sur l'île, ils rencontreront Caliban, qui va partager les richesses de l'île avec eux et, surtout, qui apprendra la magie des lieux à Prospero. Quelques années plus tard, Prospero aura l'occasion de se venger de ceux qui l'ont trahi alors qu'un bateau contenant les acteurs de la trahison qui a mené à son exil vogue près de son île. Il décide alors de déchaîner les éléments sur eux pour les amener à échouer sur son île.

On l'oublie souvent, mais Shakespeare a souvent frayé avec la fantasy comme c'est le cas ici. Je suis tombé en amour avec cet auteur à l'adolescence quand j'ai vu Le Marchand de Venise avec Gaston Lepage (que je n'allais plus jamais revoir du même œil ensuite tant son jeu était inspiré). J'aime beaucoup le théâtre de cet auteur. Pourtant, j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs dans « La Tempête ». Par contre, ça se peut que cela s'explique par l'inconfort des bancs de l'amphithéâtre extérieur. Si je devais y retourner, j'amènerais assurément un coussin pour mes fesses.

La force de la pièce, et ce qui fait que je conseille à ceux qui le peuvent d'y assister, c'est sa mise en scène. Lepage a su utiliser le paysage naturel des lieux pour donner quelque chose de féérique. Quelques scènes sont restées gravées dans mon esprit longtemps après la présentation : entre autres une bataille d'esprits qui prenaient la forme de cerfs pour l'occasion sur fond de chants et de danse amérindienne.

Le jeu des acteurs est inégal, si certains sont exceptionnels, dont Marco Poulin dans le rôle de Caliban ou Nicolas Létourneau dans celui de Stéphano, j'ai trouvé que le roi et son fils manquaient de naturel dans leurs répliques. J'ai aussi été dérangé par les différents niveaux de langages : certains parlent en québécois et d'autres dans un langage plus précieux. Pourtant, je n'ai pas trouvé de logique à cela. Par exemple, si seul Caliban, le natif de l'île, parlait en québécois alors que les nobles parlaient un français de France, j'aurais compris, mais là, cela semblait aléatoire comme distribution des accents.

dimanche 10 juillet 2011

Anthologie sang pour cent québécoise

OK, je l’admets, le jeu de mots du titre est particulièrement mauvais, mais bon, au moment où j’écris ce texte je suis complètement vanné… et puis rien de tel qu’un mauvais jeu de mots pour me redonner le sourire.



Je n’ai pas retrouvé la liste complète des œuvres que j’avais recensées lors de ma recherche sur les vampires dans le fantastique québécois, mais j’ai quand même retrouvé plusieurs nouvelles intéressantes. Par contre, je n’ai plus ma liste de romans pour adultes et de romans jeunesses.

En roman pour adultes, de mémoire, il y a « L’ange écarlate » de Natasha Beaulieu où le thème du vampirisme est présent, bien qu’il n’y ait pas à proprement parler de vampire. Il y a aussi « La peau blanche » de Joël Champetier (je ne crois pas que le mot vampire soit nommé, mais on a une créature mi-vampire, mi-succube, mi-rousse). Il y a « Héloïse » d’Anne Hébert. Pour le reste, je n’ai aucun souvenir ici et rien dans les notes retrouvées. On pourrait sans doute ajouter « Vampyres » d’Alain Brunelle… je ne l’ai pas lu, mais à la lecture de son recueil de nouvelles « Enfer », je doute qu’il s’agisse d’une œuvre inoubliable.

En roman jeunesse, tout ce que j’ai retrouvé comme note c’est : « Le Nuit de tous les vampires » de Sonia K. Laflamme (2002, Vents d’Ouest), « La Nuit du vampire » de Denis Côté (1990, La Courte échelle), « La Trahison du vampire » de Denis Côté (1995, La Courte échelle) et « La Chasse au vampire » d’André Lebugle (éditions Héritage, 1992). À cela, on peut ajouter la série « Les enfants de Dracula » de Yannick Comeau paru depuis. Et je suis sûr qu’il m’en manque beaucoup ici (pas mal plus que dans le corpus pour adultes qui, de mémoire, était assez mince).

Ça devient plus intéressant dans le domaine des nouvelles :

« East Glouster, Mass » de Gilles Pellerin a paru dans Solaris 82 en 1989. Il y a au moins une autre édition de cette nouvelle dans le recueil de l’auteur « Je reviens avec la nuit ». De mémoire, j’ai peine à me souvenir de l’histoire, mais je me souviens d’une atmosphère envoûtante aux accents gothiques. S’il y avait eu une anthologie, ce texte en aurait fait parti.

« À l’heure du repas » de Stanley Péan est paru dans XYZ 16 en 1988. Il s’agit d’une courte nouvelle à chute assez intéressante, mais qui aurait perdu beaucoup de son intérêt à se trouver dans une anthologie sur le thème des vampires. Malgré tout, je crois que je l’aurais gardé en début de recueil.

« Il n’y a pas de dernier amour » de Jean-François Somcynsky est paru dans Atarès 31 en France. Je n’ai jamais mis la main sur une copie de ce texte, mais de ce que j’en ai compris, il s’agit de l’un des rares textes québécois mettant en vedette Dracula. De ce que j’en ai compris, il s’agirait peut-être d’un scénario.

Deux nouvelles du recueil « Le Mangeur de livres » de Michel Bélil paru aux Éditions Pierre Tisseyre en 1978 touchent au vampirisme : « Eux » et  « Les Empreintes digitales ». De mémoire, il s’agit de deux textes mineurs.  « Eux » raconte l’histoire d’un homme qui désire écrire un conte horrifique, mais qui en est incapable. Chaque fois, il boit trop de bière et s’endort. Par diverse ruse, il parvient à avancer dans son récit et découvre l’existence de créatures, les « eux » du titre. « Les empreintes digitales » raconte l’histoire d’un policier qui collectionne les empreintes digitales de ses conquêtes. Les choses tourneront mal lorsqu’il rencontre Vampy Stein…

Michel Tremblay compte deux nouvelles vampiriques dans son recueil de nouvelles « Contes pour buveurs attardés » qui a paru pour la première fois en 1966 aux éditions du jour. Il s’agit de « Angus ou la lune vampire » et de » Wolfgang à son retour ». « Angus ou la lune vampire » raconte l’histoire d’Angus qui trouve refuge chez un ami pour résister à l’attrait de la pleine lune. Malheureusement, l’ami en question ne pourra empêcher une énorme araignée d’entrer dans la maison. « Wolfgang à son retour » est l’histoire d’un père qui décide de tuer son fils après avoir appris que celui-ci était un vampire. Malgré quelques maladresses de débutants, je me souviens que les deux textes avaient un certain charme suranné. Au moins un des deux textes aurait fait parti de l’anthologie.

Joël Champetier a publié la nouvelle « Elle a soif » dans le numéro 21 d’Imagine… Il s’agit d’une nouvelle vampirique sur le mode science-fictif où une femme affligée d’une tare génétique suit un traitement pour combattre sa maladie. Toutefois, à la suite d’un sabotage, les pilules deviennent inactives. Le personnage devient de plus en plus malade… et elle a soif.  Clairement un texte de débutant et pas le meilleur de Champetier.

« La Fille » de René Beaulieu est un texte intéressant qui a paru dans le recueil « Légendes de Virnie » paru en 1981 aux éditions Le Préambule. Ce texte raconte l’histoire d’amour entre un jeune explorateur et une fille vampire qui est d’abord sa prisonnière. S’il y avait eu une anthologie, ce texte en aurait fait parti.

« Uriel et Karmilla » est une superbe nouvelle d’Alain Bergeron paru originalement dans le numéro 127 de Solaris. Une histoire d’amour entre un ange et un vampire. S’il y avait eu une anthologie, ce texte en aurait fait parti.

J’avais aussi des notes sur un texte de Claude Messier « Pour l’éternité » paru dans Traversée de nuit aux éditions Vent d’Ouest en 1999. Il s’agit d’une histoire d’amour. Le personnage principal doit se promener dans un fauteuil roulant en attendant la belle rousse qu’il a connue quelques siècles plus tôt.

« Entretien avec une boîte à chaussures » de Norbert Spehner (Solaris 134) est un des textes les plus intéressants du corpus. On y suit les aventures d’un spécialiste en bibliographies qui travaille à un ouvrage sur les vampires. Il découvre alors que les vampires fictifs tiennent à leur non-vie. S’il y avait eu une anthologie, ce texte en aurait fait parti.

Je me souviens que « Night life » de Richard Cadot paru dans Solaris 102 a été un de mes coups de cœur. Ce texte, inspiré d’Anne Rice, suit Paul le dernier vampire. Seuls les mâles peuvent être transformés, mais Louise lui demande de la transformer. Le résultat ne sera pas celui espéré. Quelqu’un sait si l’auteur a publié autre chose depuis ? S’il y avait eu une anthologie, ce texte en aurait fait parti.

Je n’ai jamais pu mettre la main sur « Le voisin » de El Hadj-Moussa Toufik paru dans « Les Collines de l’épouvante » en 1981 aux éditions Desclez.

On retrouve l’écriture suave et l’ambiance propre aux textes de Marie-José Thériault dans « Sirix » une nouvelle qui fait parti du recueil « La Cérémonie » paru aux éditions de la Presse en 1978. Il s’agit d’un court texte de deux pages où une femme regarde l’homme qu’elle aime sans oser lui dire qu’elle le désire de peur de lui faire du mal… Malheureusement, dans l’édition que j’ai, il manque quelques mots, ce qui nuit à la compréhension. Malgré tout, s’il y avait eu une anthologie, ce texte en aurait fait parti.

La nouvelle « Ses dents » de Daniel Sernine a été mon grand coup de cœur. Une nouvelle qui joue habilement avec la définition de Todorov du fantastique. Lors d’une promenade, le narrateur découvre un individu qui suit les gens et feint d’être un vampire. Il devient obsédé par l’étrange personnage et se met à l’espionner. Paru en 1983 dans le recueil « Quand vient la nuit » aux éditions Le Préambule, ce texte aurait assurément fait partie de l’anthologie. Sernine a aussi publié « Isangma » dans « Quand vient la nuit ». Ce texte m’a laissé un souvenir beaucoup moins indélébile. On y suit un jeune homme qui se fait inviter à une soirée chez une femme à la réputation douteuse. Lors d’une nuit d’amour, il a l’impression de la voir se transformer et se sauve de chez elle.

André Couture a publié « On a volé mon cercueil et ça dort mal sur une pierre tombale » dans « L’enfer et l’endroit » aux éditions Asticou en 1980. Je n’ai toutefois jamais mis la main sur ce texte.

Claire Dé a publié le texte « C’est beau le progrès » dans le recueil « La louve garou » aux éditions de la Pleine Lune en 1982. Un texte humoristique où un vampire se fait « arranger le portrait » pour faire carrière à Hollywood comme… extraterrestre.  S’il y avait eu une anthologie, ce texte en aurait fait parti.

Je n’ai jamais mis la main sur le texte « Maison close » de Gilles Devault paru dans Co-incidence vol 1 numéro 3 en 1971.

Sylvie Bérard a publié le texte « La Nuit » dans Solaris 145. De mémoire, ce texte bref lui avait valu le prix Boréal du concours d’écriture sur place. On y voyait un monde au ciel peuplé de vampires qui sèment la terreur dans la ville-prison où demeurent les derniers humains. Le tout servit par l’écriture soignée de Bérard.  S’il y avait eu une anthologie, ce texte en aurait fait parti.

Natasha Beaulieu a publié peu de textes vampiriques pour quelqu’un qui a publié autant de nouvelles fantastiques. Elle a tout de même publié « Le Sanctuaire des ifs » dans Solaris 152. Un beau texte où le vampirisme est traité sur un mode réaliste qui aurait assurément fait partie de l’anthologie. Dernièrement, Natasha a publié « Evolving » dans l’anthologie « Evolve ». À ma connaissance, ce texte n’a jamais été publié en français.

Toujours dans « Evolving », Claude Bolduc (l’un des nouvellistes québécois les plus productifs dans nos genres) a publié la version anglaise de Lendemain de veille paru originellement dans Horrifique 50. Un texte intéressant où on voit que l’immortalité vient avec sa part de problème. Un texte dans la veine humoristique de Bolduc, tout comme ses deux autres nouvelles vampiriques : « Nocturne » (paru dans la revue « Khimaira ») et « Succion » (paru dans le collectif « Sang Froid » puis dans le recueil « Pêchés mignons »). C’est vrai, j’ai aussi une note sur un autre texte vampirique de l’auteur : « Minuit », une nouvelle paru dans « Visage de l’après-vie » en 1992. Je n’en garde pas vraiment de souvenir. « Minuit» raconte comment le paria du village à sauver les villageois en empêchant un vampire de s’attaquer à eux. « Succion » raconte le rendez-vous chez le dentiste d’un vampire. Si le projet d’anthologie s’était concrétisé, « Lendemain de veille » en aurait fait partie.

Parlant de « Sang Froid », il s’agit du seul collectif québécois de nouvelles vampiriques. Il a été publié en co-édition par Le Fil de mots en France et Ashem Fiction au Québec en 1995. Tous les auteurs devaient débuter avec la première phrase d’Entretien avec un vampire « Je vois…, dit le vampire d’un air pensif ». Ce recueil semi-professionnel comprenait les textes suivants :

- Nouvel entretien avec un vampire d’Hugues Morin
- Sang Froid de Laurent McAllister
- Le Jugement de Laurine Spehner
- Succion de Claude Bolduc
- Le Maître de Gervais Bergeron
- Bouffes, baffes et boulot de Christian Martin
- Prédateur et proie de Mike R. Villeneuve
- Madame Knox de Natasha Beaulieu
- Le Loup-garou, le croque-mitaine et le vampire d’Hugues Morin

Aucun de ses textes n’est vraiment réussi, sinon Sang Froid qui un extrait d’un roman de vampire que l’auteur bicéphale n’a jamais terminé. Intriguant, mais l’intérêt de l’extrait seul m’a semblé limité.

Parmi mes notes j’ai aussi :

« Une crème de menthe religieusement apprêtée », de Marc-François Rouleau, une nouvelle parue dans Carfax 2 en 1984.

« Rouge », une courte nouvelle d’Alain Bergeron écrite sur place lors du Festival de Roberval en 1998. Le texte a paru dans Roberval fantastique paru chez Ashem Fiction. Une belle petite nouvelle où on retrouve la qualité de la plume de Bergeron. Beaucoup de poésie dans ce texte où on suit la dernière nuit à Londres d’un vampire. Ce texte aurait pu faire partie du projet n’eut été du fait que l’auteur a aussi publié la petite merveille qu’est « Uriel et Karmilla ».

« La voix de sa plume », une intéressante nouvelle fantastique d’Éric Bourguignon avec un stylo-vampire. Le texte a paru dans le numéro 2 d’Ailleurs.

« Le Dernier bal » de… Pierre-Luc Lafrance. Une erreur de jeunesse publiée dans Horrifique 27. Ma seule satisfaction est de savoir que peu de gens l’ont lu.

David Simard a publié « Contrition » dans Horrifique 21 en 1997. Dans ce même numéro, Laurine Spehner a publié « La Confrontation ».

Je n’ai jamais pu lire « Pour une peinte de bon sang » de Vincent Rivet paru dans Requiem 4.

Enfin, deux nouvelles vampiriques ont paru dans le collectif Équinoxe paru en 2004 aux éditions Les 6 brumes : « Trente ans de métier » de Simon Charles où on assiste à une chasse aux vampires (je garde de très bons souvenirs de ce texte d’action qui aurait pu faire parti de l’anthologie) et « Réalités » de Mathieu Fortin, un texte mélangeant cyberespace et vampire. Malgré une certaine ambition, il s’agit d’un texte mineur de l’auteur qui a écrit beaucoup mieux depuis.
Avez-vous d'autres textes à ajouter au corpus ?

jeudi 7 juillet 2011

Marcher dans ses propres pas

Il y a quelques années (en novembre 2005 pour être précis), un éditeur québécois m'a parlé d'un projet : une anthologie de nouvelles vampiriques québécoises pour souligner les 100 ans de Dracula.

Même si je ne suis pas si friand que ça d'histoire de vampires, je suis un amateur de nouvelles fantastiques et j'adore la recherche. J'ai donc fait le tour des Années de la science-fiction et du fantastique québécois. J'ai lu des anthologies, des recueils de nouvelles fantastiques. J’ai lu un grand nombre de Solaris et d’Imagine... des années non couvertes par l'Année de la science-fiction et du fantastique québécois. J'ai aussi jeté un oeil à de nombreux fanzines.

Ça m'a permis de mettre la main sur des textes de plusieurs auteurs : Daniel Sernine, Michel Tremblay, Joël Champetier (avec un texte mineur, mais nous y reviendrons), Natasha Beaulieu, Laurent McAlllister, Claude Bolduc, Alain Bergeron, Stanley Péan, Marie-José Thériault, Claire Dé, Gilles Pellerin, etc. Soyons honnête plusieurs des textes n'auraient pas figuré dans l'anthologie, mais j'ai été surpris de voir la qualité de certains textes.

Finalement, le projet ne s'est jamais concrétisé. Avec le recul, j'ignore pourquoi. Mais bon, je me lançais à cette époque dans plusieurs projets, donc je ne pense pas que j'ai travaillé très fort pour mettre le projet en route.

Pourquoi je vous parle de ça aujourd'hui ? Parce que cette semaine, j'ai repensé à ce projet. Et j'étais curieux de jeter un oeil sur la bibliographie vampirique que j'avais dressée.

Je me suis tapé deux déménagements depuis cet événement. La version papier de ce travail est soit dans une boîte cachée, soit perdue. J'ai aussi changé d'ordinateur et le document que j'ai travaillé n'a pas été transféré.

J'ai donc recommencé le travail de recherche (entendons-nous bien, je ne dis pas que je veux relancer le projet, j'étais seulement frustré de ne plus avoir de traces de mon travail de recherche). Puis, j'ai pensé que j'avais encore mon vieil ordinateur de l'époque... oublié au bureau en attente d'un reformatage que je n'ai jamais pris le temps de faire.

J'ai rouvert mon vieux portable qui a accepté de coopérer après une demi-heure de redémarrage. J'ai trouvé des traces du projet, mais seulement par les messages que j'avais reçus de certains correspondants. Les fichiers envoyés ont été effacés, tout comme mes messages envoyés.

Heureusement, j'ai retrouvé les coordonnées d'une correspondante de l'époque (une universitaire qui travaillait sur le vampire dans la littérature québécoise). Je l'ai donc contacté. Elle aussi a changé d'ordinateur depuis et elle n'a plus le document électronique. Heureusement, moins d'une heure plus tard, elle m'a réécrit. Elle avait trouvé la version papier de la bibliographie partielle que je lui avais envoyée. Je sais que mes travaux m'ont conduit plus loin, mais c'est déjà un solide début.

Si ça vous intéresse, je vais vous parler de certains des textes que j'ai trouvés au cours des prochains jours. Avec mes commentaires de lecture. Ainsi, ce sera un peu comme le sommaire commenté d'une anthologie qui ne verra jamais le jour. Comme je le disais plus tôt, il y a quelques petites perles dans le tas.

D'ailleurs, pour ceux que ça intéresse, vous pourrez me rajouter des références de textes (surtout dans le corpus après 2005).

mardi 5 juillet 2011

Une virée à Cranbourne

J'adore les contes et les conteurs. Je n'ai pas l'occasion d'en entendre aussi souvent que je le voudrais, mais j'apprécie l'expérience à chaque occasion. J'ai même un projet qui traine quelque part pour un spectacle de contes.

Le 1er juillet, j'ai assisté à un spectacle du conteur Fabien Cloutier dans le cadre du Festival Couleurs du Monde présenté à Sainte-Marie. Cloutier, qui est aussi acteur (on a d'ailleurs pu - ou non - le voir dans Watatatow), est originaire de Sainte-Marie, Il avait séduit le public (et ce blogueur) avec son spectacle « Scotstown », des contes urbains en milieu rural dans un langage cru... une espèce de fusion entre Fred Pellerin et Mike Ward.



Pour la Fête du Canada, il a présenté son tout nouveau conte, « Cranbourne », une œuvre dans la même veine où on retrouve certains des personnages pittoresques découverts dans « Scotstown ». 

Quelques années ont passé depuis les événements de « Scotstown ». Le chum Chabot est maintenant marié et il a une petite fille. Il s'est bien assagi. Quant au narrateur, à 33 ans, il se rend compte que sa vie est un peu vide. Après une soirée qui tourne mal avec des amis qui veulent faire venir des prostitués de Montréal, le narrateur décide de faire quelque chose dans sa vie et de se trouver une blonde. Sa quête l'amènera à déménager à Sainte-Marie où il commencera une carrière dans l'usine des gâteaux Vachon.  Il y rencontrera d'ailleurs une fille de Saint-Odilon-de-Cranbourne (countré de Dominic Bellavance) avec qui il vivra une grande histoire d'amour.

Ceux qui ne connaissent pas le conteur peuvent être dérangés par son style cru. Des sacres il y en a en masse. Par contre, Cloutier sait comment raconter une histoire et, malgré ou à cause de son côté colon, il rend son personnage sympathique. Personnellement, j'ai trouvé que l'ensemble était un peu moins solide que « Scotstown » et qu'il y avait certaines longueurs. Mais je n'ai rien noté de dramatique. Je suis convaincu qu'à force de présenter ce spectacle, Fabien Cloutier augmentera l'efficacité de ce texte qui est déjà solide. Personnellement, j'apprécie beaucoup le sens du punch de l'artiste qui a réussi à faire rire son public à plusieurs reprises au cours de la soirée. Une mention spéciale à sa description du Festival de la vache qui chie de Saint-Magloire (un peu comme il avait décrit Monu-Neige dans « Scotstowm »). Le plus fascinant, c'est que ce festival existe vraiment.