samedi 5 mai 2012

Réflexion sur l'écriture



Aujourd'hui, j'ai fait mon tour au Congrès Boréal. En après-midi après une lecture, je participais à une table ronde sur l'art l'écriture à temps partiel où l'art de concilier le travail et l'écriture. Dans un premier temps, je ne comprenais pas ce que je faisais là puisque je n'écris plus depuis six mois (probablement plus). Puis, je me suis rendu compte que j'avais plus à dire que ça. J'ai commencé à développer ma pensée lors de la table ronde, mais ma réflexion s'est poursuivie depuis.

D'abord, je me suis rendu compte que les enfants et les heures de travail interminables en ce moment, n'étaient qu'une excuse. Ce n'est pas pour cela que je n'écris plus. Je n'écris pas en ce moment, parce que je n'ai pas de plaisir à le faire. Et quand je tente de comprendre pourquoi, je me rends compte que de plus en plus, je fais la distinction entre l'écriture et le travail d'écrivain. L'écriture pour moi, c'est le domaine de la création. Je dirais que cela va du développement de l'idée jusqu'au premier jet. Ensuite vient le travail d'écrivain : les relectures, les corrections, les soumissions, etc. Et je me rends compte que c'est cette partie qui me déplaît en ce moment (j'expliquerai plus tard une des causes possibles). Mais l'écriture me fait toujours autant vibrer. Seulement, même ça je ne le fais plus. Plus vraiment. Pourtant, je crée. Je continue de développer des histoires. Je porte en moi quelques romans, quelques nouvelles. Mais je ne les écris pas. Même pas le premier jet. Car pour moi, le but d'écrire un premier jet, c'est de passer à l'autre étape, le travail d'écrivain, et je n'en ai pas envie en ce moment. Pire encore, j'ai dix à vingt dossiers de textes qui vont de quelques notes à une version pratiquement publiable. Certains ne demanderaient que quelques heures pour les terminer. Et je n'ai pas envie de le faire.

Pourquoi ? Je crois que j'ai mis le doigt sur le bobo. Mon plaisir, je le prends à créer, oui, et pour ça je n'ai pas besoin de coucher l'histoire sur papier. Si je travaille pour l'écrire, c'est que je veux publier. Et je ne vois que trois motifs qui peuvent amener quelqu'un à publier : le plaisir de voir son nom sur une couverture ou dans une revue (je l'ai vécu, mais ça ne me fait plus vibrer), faire de l'argent (certains le font, tant mieux pour eux, mais ce n'est pas mon objectif avec l'écriture) et se faire lire. Et se faire lire, c'est bien beau et ce que l'on veut surtout, c'est avoir des commentaires. Bon (de préférence) ou mauvais (pas trop souvent quand même). Mais des commentaires. Il n'y a rien de pire que l'indifférence. Dans l'ensemble, j'ai été chanceux, la grande majorité des critiques de mes textes sont positives. Je ne peux pas dire que j'ai été écorché par la critique. Mais combien de mes textes ont été publié dans l'indifférence ? Et je ne parle pas juste de critique officielle (en fait, c'est même mineur dans ma vision), mais juste de « feedback », de quelque chose pour me nourrir. Dans les faits, le texte dont j'ai le plus entendu parler, c'est « L'homme qui faisait pousser des mots » publié sur le blogue de L'Ermite de Rigaud. Ça a quelque chose de dérangeant. De troublant.

Pourquoi publier si on n'est pas lu (ou si peu) ?

Et si l'écriture était un acte de foi ? Si on écrivait pour le lecteur anonyme et silencieux. Et si on écrivait pour le plaisir qu'il aura sans qu'on ne le sache jamais ?

C'est con, mais malgré le ton de ce message, j'ai retrouvé quelque chose aujourd'hui. Le goût d'écrire. Dernièrement, je voyais de l'amélioration : j'avais le goût d'avoir le goût d'écrire. Là, c'est différent. Ça me tente d'écrire... peut-être pour toi.

Ah ! et au fait, pour ceux qui ont assisté à ma lecture, je suis désolé d'avoir mal compté mon temps et d'avoir dû m'interrompre avant la fin. Ceux qui voudraient le lire en entier n'ont qu'à me le demander par courriel. Et, si le coeur vous en dit, vous pouvez me laisser vos commentaires pour que je puisse l'améliorer dans sa prochaine version.

dimanche 15 avril 2012

Je suis allé au Salon du livre et j'ai acheté...

Pour la première fois depuis 2004, je ne participais pas au Salon international du livre de Québec à titre d'auteur. Je suis quand même allé faire un tour (trop court) avec la petite famille samedi après-midi. J'ai rencontré plusieurs personnes dont François-Pierre Tremblay, Natasha Beaulieu, Marie Laporte, Jonathan Reynolds, Michel J. Lévesque, Dominic Bellavance et Guy Bergeron. Sans compté que j'ai eu droit à un souper non prévu avec une partie de la gang de La Maison des Viscères jeudi soir. On a eu droit à une scène comique quand Jonathan Lafrance a rencontré l'autre Jonathan. Quant à Dominic Lafrance, il est demeuré de glace quand il a rencontré Bellavance... mais il s'est engagé chez les Clowns vengeurs dans les minutes qui ont suivi.

Au final, j'ai été raisonnable dans mes achats. Je me suis procuré les trois livres des clowns vengeurs (d'ailleurs, mon petit Dominic est maintenant un Odi-Menvatt), Mes parents, des monstres de Jonathan Reynolds, Les eaux troubles du lac bleu de Yanik Comeau, Les morts ont marché de Mathieu Fortin, Hanaken de Geneviève Blouin et Les Contes de la chatte rouge d'Élisabeth Vonarburg. Et je me suis procuré le dernier tome des Nombrils pour ma blonde... mais je vais quand même le lire histoire de m'assurer que la qualité y est.

Premier constat, c'est principalement de la littérature pour adolescents. Cela s'explique par deux facteurs : 1) Plusieurs de mes amis publient pour ce public et 2) Après la vente du journal, je me suis récompensé avec une grosse commande sur Amazon de bandes dessinés et de romans adultes.

samedi 31 mars 2012

Un petit bonjour en passant

Ça fait une éternité que je n'ai pas écrit ici. Je n'ai même pas envie de vérifier depuis quand. Pas que je n'ai rien à dire (en fait, au contraire, les sujets s'accumulent), mais bien parce que la vie va trop vite en ce moment. Disons que la grosse nouvelle, c'est la vente de mon entreprise. Ne vous en faites pas, ce n'est pas une mauvaise nouvelle, loin de là, mais ça m'a pris du temps sans bon sens. Mais bon, depuis hier 14 h, je ne suis plus propriétaire de mon journal.

Côté lecture, je suis complètement accro à la série Harry Bosch de Michael Connelly. Je déteste habituellement les séries, mais comme ce sont des romans indépendants, je me suis laissé prendre au jeu. Je viens d'en lire quatre en ligne et je ressens déjà les effets du manque. Pourtant j'aime habituellement varier mes lectures. Côté positif, ça me donne envie de réécrire du policier, j'ai d'ailleurs mon ami Tom Brousseau qui me fait signe de plus en plus souvent.

J'ai aussi commencé la série télévisée Game of Throne. Excellent jusqu'à maintenant. J'avais mis de côté la série 1) parce que je déteste les séries et surtout 2) parce que j'ai peur que l'auteur ne la termine jamais.

jeudi 29 décembre 2011

Un cadeau de Noël

Cela fait un moment que je caresse l'idée d'offrir certaines de mes histoires oralement sous forme de conte. Par contre, l'occasion ne s'est jamais présentée. J'ai eu l'idée d'offrir un conte à ma conjointe cette année pour Noël. Il s'agit d'une histoire composée pour elle, L'homme qui faisait pousser des mots. Cette histoire avait gagné le deuxième prix du concours Les mille mots de l'Ermite en 2010.

Petite coquille plate : je commence en disant "Dans ma vie, j'ai connu plusieurs écrivains qui, dans leur temps libre, faisaient pousser des mots..." Je voulais dire "des fleurs" et non "des mots".

Un merci spécial à mon ami Sylvain Goulet qui m'a permis de réaliser ce vidéo. Sans lui, ce cadeau n'aurait pas été possible. Et, pour les curieux, le mur de brique est le mur de mon bureau.

mercredi 28 décembre 2011

Retour sur 2011

Depuis 2003, je tiens un registre de tous les films, livres, bandes dessinées et séries télévisées que j'écoute dans une année. Avec mon entreprise et mes deux enfants, je n'ai plus le temps d'écouter 200 films et de lire 75 à 100 livres comme au début de ce programme, par compte, je continue d'apprécier l'exercice. En relisant mon parcours 2011, je me rends compte que 1) je ne vais plus au cinéma et que 2) je lis de moins en moins de nouveauté. Cela ne m'a pas empêché de faire quelques belles découvertes dans les douze derniers mois. Je vais vous les partager.

Bandes dessinées

Au total, j'ai lu 23 bandes dessinées en 2011, ce qui est nettement en dessous de ma moyenne.

2011 a été l'année de Walking Dead (même si je trouve que l'intensité dramatique a diminué après la fin du passage dans la prison qui est le moment fort de la série jusqu'à maintenant) et de Fable. Walking Dead est une histoire de zombis centrée sur les personnages et, malgré la violence omniprésente, ce sont les rapports humains qui sont le moteur du récit. Quant à Fable, c'est l'histoire des personnages des contes de fées de notre enfance en exil à New York. Les dessins, l'humeur, les personnages. Tout est génial. Il y a même un épisode qui m'a arraché une larme (ce qui a fait rire ma blonde qui n'a pas éprouvé les mêmes sentiments que moi même si elle a apprécié la série). Vous ne verrez plus jamais le grand méchant loup du même oeil.

Grand amateur de L'île au trésor de Robert Louis Stevenson (mon livre culte avec Les Trois Mousquetaires), je n'ai pu passer à côté de Long John Silver. Le rythme de la série est un peu trop lent (surtout dans le premier tome) et l'action est parfois confuse, mais c'est un récite solide dans l'ensemble. Je veux la suite. J'ai aussi continué la lecture d'Arcanes, une série intéressante, mais qui tend à s'essouffler avec ses multiples séries dérivées.

La meilleure bande dessinée que j'ai lue en 2011 : Locke and Key de Joe Hill. Wow ! Je ne pensais pas qu'une bande dessinée pouvait être aussi efficace dans le domaine de l'horreur. Et cela m'a permis de découvrir Hill, une voix à suivre dans le fantastique. 

Livres

Au total, j'ai lu 43 romans et recueils de nouvelles en 2011, pas la peine de dire que c'est très peu. Dans le lot, j'ai fait plusieurs belles découvertes. En ce moment, je lis La magnificence des oiseaux.

J'ai finalement lu Fatherland de Robert Harris, un roman policier dans une Allemagne uchronique qui a gagné la Deuxième Guerre mondiale. Une intrigue bien ficelée, des détails historiques très intéressants, une écriture compétente. Je conseille fortement. D'ailleurs, je suis curieux de voir le film (ou l'un des films) inspiré de ce roman. 

J'ai découvert Sonja Blues dans La volupté du sang. Un des meilleurs romans de vampires que j'ai lu. Surtout la première moitié qui mélange mystère et action avec une violence assumée.

Dans Contre Dieu, j'ai retrouvé le Senécal qui m'avait tant plu dans ses premiers livres. Je me reconnaissais moins dans les personnages du Vide et de Hell.com, mais dans Contre Dieu, j'ai plongé dans le récit dès la première ligne et je n'ai jamais pu lâcher le livre. Senécal réussit aussi un tour de force littéraire : le livre est composé d'une seule phrase.  

J'adore les livres de Thomas Day. Si La cité des crânes m'a déçu en annonçant une aventure qui n'a jamais vraiment lieu, j'ai retrouvé le style de l'auteur qui me plaît tant et j'ai eu une bonne lecture. Tout de suite après, j'ai lu La Racine du mal de Maurice Dantec, un roman noir (malsain même) de science-fiction. Le genre de lecture pas toujours si agréable (avec un style parfois lourd et la grosse patte de l'auteur que l'on voit trop souvent). Pourtant, intellectuellement, c'est un des livres les plus stimulants que j'ai lus.

Autant les pastiches lovecraftiens de Brian Lumley m'ont laissé de glace, autant son Necroscope m'a plu. Encore une histoire de vampires, mais traitée sur un ton différent avec un mélange de fantastique et d'espionnage sur fond de guerre froide.

Michel Vézina a signé un bon livre noir avec Sur les rives. Si ce n'était de la fin un peu précipitée, ce serait même un excellent livre. Toutefois, le mystère y est beaucoup plus intéressant que sa résolution. La mue du serpent de terre est une novella policière « érudite » de Benoît Bouthillette. Ce livre est beaucoup plus intéressant pour son policier bavard (Benjamin Sioui) que pour l'enquête proprement dite. Pour ma blonde, c'était trop, pour moi c'était savoureux. Le seul défaut de la neige de François Barcelo offre ce que l'auteur fait de mieux : un récit policier mettant en vedette un raté, le tout raconté sur un ton humoristique. Rien de transcendant, mais c'est bien fait, efficace et agréable à lire. La première moitié d'Accident de parcours d'André Marois est ce que j'ai lu de mieux dans le domaine du polar québécois. Par contre, la résolution m'a déçu et m'a semblé tirée par les cheveux.

L'enfant sans visage d'Ariane Gélinas est une novella inquiétante à l'ambiance très noire qui se rapproche par bien des aspects aux romans gothiques. Le tout dans un cadre de science-fiction léger... que j'appelle affectueusement de la science-fiction molle (en opposition à hard science-fiction). 

Le livre Laisse-moi entrer comporte plusieurs longueurs, mais c'est un roman de vampire efficace qui met l'accent sur les rapports humains, plus particulièrement sur la relation entre un enfant rejeté et sa voisine bizarre qui se révèle être un vampire.

Séparation de corps de Richard D. Nolane est un recueil solide qui suit le parcours d'un auteur important du fantastique français. Chaudement recommandé.

J'ai aussi apprécié deux collectifs auxquels j'ai participé : De capes et d'esprit tome 1 (édition Rivière blanche) et Agonies. Si le premier présente des textes de fantasy historique (avec certains textes purement historique), le deuxième verse dans l'horreur et le gore. J'ai particulièrement apprécié la novella d'Ariane Gélinas dans Agonies. Une ambiance superbe. Une écriture ciselé. J'aurais toutefois aimé en avoir plus, découvrir davantage les mystères de ce bateau.

Sur des mers plus ignorées... n'est pas un roman majeur de Tim Powers. Le récit est parfois décousu. Les personnages manquent de constance. Par contre, j'ai rarement eu autant de plaisir à lire un livre. On y retrouve ce qui fait le charme du premier Pirates des Caraïbes... en mieux.

J'ai beaucoup apprécié la série Le clan des Otoris. Une série qui se déroule au Japon médiéval avec la présence d'un fantastique léger, le tout servi par une écriture presque poétique (dans le bon sens du terme). Dans un registre différent, j'ai adoré Les égouts de Los Angeles de Michael Connely. Pas aussi efficace que Le Poète, mais un roman policier prenant avec un détective qu'on a le goût de suivre dans les bas-fonds de Los Angeles. En ce qui me concerne, un des meilleurs, sinon le meilleur auteur policier contemporain. 

Je crois que le meilleur roman que j'ai lu en 2011 est Bizango de Stanley Péan, un auteur qui se fait trop rare dans les dernières années. Ce roman qui mélange fantastique et policier (et jusqu'à un certain point histoire de super-héros), le tout imprégné de magie haïtienne est aussi bon que Zombi Blues du même auteur. Sinon 2011 a marqué ma découverte de Raymond Chandler avec Le long sommeil. L'enquête policière manque de rigueur, mais on s'en fout. L'ambiance de ce roman noire est envoûtante et le personnage principal, Philip Marlowe, est l'archétype du détective dur à cuire revenu de tout (l'ancêtre de Bruce Willis en quelque sorte). Plus tard, j'ai lu Moisson Rouge de Hammet dans le même genre. J'ai bien aimé (vraiment beaucoup en fait), mais j'ai trouvé le résultat inférieur.

Séries télévisées

Au total, j'ai écouté 10 séries en 2011 (du moins, j'en ai noté 10, car j'en ai vu davantage, mais je ne compte jamais celles que j'écoutent à la télévision comme Tout sur moi, Mirador et Mauvais Karma). 

Je me rends compte que j'écoute assez peu de séries dans les genres (quoi que je suis en train d'écouter la première saison de Supernatural seul et la quatrième saison de Heroes avec ma conjointe). Mes coups de coeurs 2011 comprennent Desperate Housewife (une fausse série de filles qui s'écoute comme une série policière tant il y a des mystères cachés) et Les Hauts et les bas de Sophie Paquin (la seule série québécoise dont le rythme et les dialogues se sont approchés de Rumeur en ce qui me concerne). Le lien entre ses deux séries : des personnages forts et attachants. 

Dans les genres, j'ai beaucoup apprécié True Blood. Une belle utilisation du vampire, des personnages forts et assez de mystère pour capter l'intérêt. Même si Walking Dead s'éloigne un peu du produit original (et est moins bien réussi en général), j'ai beaucoup aimé la première saison. Un must pour les amateurs de zombis... et les autres.

Le début de la troisième saison d'Heroes m'a fait oublier la deuxième saison. Mais la fin : argh ! C'est vraiment parce que j'avais adoré la première saison que je donne en ce moment une chance à la quatrième saison.

J'ai beaucoup aimé Les piliers de la terre. Une série historique à grand déploiement qui m'a captivé par ses intrigues politiques et ses jeux de pouvoir.

La meilleure série que j'ai vue en 2011 : 19/2. On fait de la bonne télévision au Québec et on en a encore eu la preuve. Le jeu des comédiens est impeccable (je suis vendu à Claude Legault), la réalisation et la photographie sont superbes. Le rythme, les dialogues, tout est bon.

J'ai écouté quelques webséries. Certains épisodes d'En audition avec Simon sont des classiques (entre autres celui avec Antoine Bertrand, le meilleur à mon avis). 11 règles de Vtélé sur le monde de l'échangisme comportait quelques bons moments. Et je suis en train d'écouter La Reine rouge de Patrick Senécal qui fait le lien entre 5150, rue des Ormes et Aliss.

Films

J'en suis à 60 films en 2011, mais je devrais en ajouter encore quelques-uns d'ici le 31.

Je l'avoue, j'ai écouté Raiponce au cinéma avec ma blonde... sans les enfants. Donc aucune excuse. Et je l'assume pleinement, car c’est bien fait, bien dessiné et plein d'humour. Par contre, je me serais passé des chansons omniprésentes (c'est un film de Disney après tout).

Iron Man 2 est moins solide que le premier, est un peu redondant aussi... par contre, Robert Downey Junior démontre qu'il est un des meilleurs acteurs de sa génération. Avec pas mal de retard, j'ai vu Million dollars baby de Clint Eastwood. Excellent. Est-ce juste moi où les meilleurs films de sports sont ceux de boxes et de baseball ? D'ailleurs, parlant de baseball, l'amateur de statistique en moi a ADORÉ Moneyball

Parlant d'Eastwood, son Changeling est un excellent suspense. Bien mené, bien raconté. Un film à voir.

Buried est un film qui aurait gagné à être un court métrage. On suit un camionneur américain qui travaille en Irak qui se réveille enterré dans un cercueil. Tout le film se passe sous terre. Le sentiment de claustrophobie est omniprésent. Le concept est génial. Après une demi-heure, c'était mon film de l'année. Mais on étire un peu trop la sauce, malheureusement.

À l'origine d'un cri est un road movie assez sombre merci. Deux alcooliques poqués par la vie (le grand-père et le petit-fils) partent à la recherche d'un autre alcoolique fini (le fils du premier et père du deuxième) qui s'est enfui avec le cadavre de sa femme récemment décédé. La scène d'ouverture est d'une efficacité terrifiante. Le film Let me in est une bonne adaptation du film Morse et du livre original. Une astucieuse histoire de vampires qui ne verse jamais vraiment dans l'horreur et qui évite la facilité.

Si le film Les sept jours du Talion n'approche pas l'efficacité du livre (un des meilleurs de Senécal), le jeu tout en nuance de Claude Legault et un scénario solide permet de passer un bon (mauvais) moment. 

J'ai enfin vu All the president's men, un classique, surtout pour un journaliste. L'histoire du Watergatre vu par les journalistes qui ont débusqué le scandale. La fin m'a semblé abrupte, mais cela ne gâche en rien le plaisir du film. 

Avec peu de moyens, la BBC a fait un téléfilm fort honorable avec La Huitième couleur, une adaptation de Terry Pratchett. Des effets spéciaux un peu moyens n'empêchent pas d'apprécier ce petit film charmant. 

Je n'avais pas revu Amadeus depuis l'adolescence. C'est aussi bon que dans mes souvenirs avec quelques scènes d'anthologie. 

Shrek 4 a racheté le troisième volet (et dans une certaine mesure le deuxième) qui avait perdu beaucoup de ce qui faisait du charme du film original. Les créateurs ont retrouvé la magie dans le quatrième volet. Le chat Potté (que j'ai vu avec mon plus vieux) n'est pas aussi savoureux que Shrek en terme d'humour, mais offre un divertissement de qualité et une bonne histoire, bien que davantage premier degré (en ce sens où il n'y a pas autant de niveaux d'humour que dans Shrek).

Malgré de mauvaises critiques, j'ai beaucoup aimé le Robin Hood de Ridley Scott. Le côté brut de cette histoire dénudée du glamour des versions précédentes m'a plus. Par contre, la fin est... ordinaire. D'autant plus qu'elle ouvre sur une suite qui ne verra jamais le jour (sauf erreur de ma part).

J'ai vu le Tintin de Spielberg au cinéma (en 3D). Premier constat, le 3D n'apporte rien au récit. Sinon, c'est une adaptation fort divertissante de l'oeuvre d'Hergé. Assez près de l'oeuvre originale, tout en s'en détachant. Je trouve que par moment, c'est « too much », surtout lors du combat naval, mais dans l'ensemble un des meilleurs divertissements de l'année.

J'allais oublier un de mes coups de coeur : L'homme qui voulut être roi de John Huston. De l'aventure, de l'exotisme, de l'action et le tout servit par une performance magistrale de Sean Connery et Michael Caine.

Les trois meilleurs films que j'ai vus en 2011 : Millenium 3, Incendies et Starbuck. Le premier clôt magistralement une des meilleures séries de films policiers. Des personnages hauts en couleur, une organisation secrète, des mystères à déterrés. Tout est en place pour piquer la curiosité. Mon rêve : écouter les trois films coup sur coup. Incendies est un film presque parfait. Je l'ai reçu comme une claque sur la gueule. Un film qui a tous les éléments d'une oeuvre policière sans jamais accepter les codes du genre. Quant à Starbuck, c'est un divertissement intelligent présenté avec beaucoup de finesse. On retrouve les qualités de La grande séduction avec une performance magistrale de Patrick Huard en prime (sans oublier la prestation d'Antoine Bertrand). Pas un film parfait, pas même un grand film, mais celui qui m'a amené le plus de plaisir en 2011 (si j'exclus le plaisir presque coupable de Machete ;))

lundi 19 décembre 2011

Comment réagissez-vous aux critiques positives ?

Les critiques négatives, chaque auteur doit apprendre à composer avec, à se former une carapace. Mais je m’interroge aujourd’hui sur les critiques positives. Comment réagissez-vous ? Surtout quand la personne est en face de vous.

De mon côté, je dirais que je réagis « plate ». Soit je sors une connerie pour changer de sujet. Soit je suis si inexpressif qu’on a l’impression que ça ne me fait rien. Pourtant, ça ne me fait pas rien. Ça me fait plaisir. Très plaisir. Comme bien des artistes, c’est mon carburant. Quand je lis une critique positive, je prends souvent le temps de la savourer. Mais, en personne, je suis incapable d’en profiter.

Je devrais saisir l’occasion de pousser plus loin. De voir ce qui a été apprécié. Pourquoi. À la place : une joke ou une absence observable de réaction. Et après, je me sens un peu stupide d’avoir réagi ainsi. Pourtant, je sais que l’histoire va se répéter. Donc si vous me dites que vous avez apprécié une de mes histoires et que vous trouvez que je manque d’enthousiasme, ne m’en voulez pas. Et merci à l’avance.

Et vous ? Comment réagissez-vous ? Êtes-vous à l'aise avec les compliments ?

samedi 17 décembre 2011

Les lions dans les murs

J'ai deux enfants, deux garçons merveilleux de 1 an (Dominic) et bientôt 3 ans (Jonathan). Mon plus jeune est un sportif. Dès qu'il a vu une balle et un petit bâton de hockey, il s'est mis à taper la balle et à courir après. Alors que j'ai perdu mon temps à essayer d'enseigner les rudiments du hockey à Jonathan. À un an et demi, Dominic a déjà le même poids que Jonathan (29 livres contre 32). Les choses peuvent changer, mais pour l'instant, c'est mon moteur, alors que Jonathan est clairement plus un verbal.
Dominic

Mon plus vieux a de la graine d'artiste : il aime danser, chanter, dessiner et… raconter des histoires. Depuis presque un an, notre rituel le soir, c'est qu'il me raconter une histoire. Ensuite, je lui en raconte une. Bon, il ne me raconte rien de bien élaboré, mais quand même, l'effort est là. Ces premières histoires tournaient toutes autour d'un chat/rat/cheval (insérer l'animal de votre choix) qui va à l'épicerie acheter du chocolat, du lait au chocolat et des bonbons (et d'autres douceurs qu'il apprécie). Ensuite, je lui raconte mon histoire à partir de contraintes imposées par Jonathan (il aime particulièrement les histoires avec des monstres ou des dragons et des bébés au nom imprononçable).

Un soir, je devais lui raconter une histoire de lion. Et, bien que les détails m'échappent maintenant, je me souviens que c'était bien parti. À mesure que je la racontais, je me disais qu'il faudrait que je la note. Je me souviens que ça parlait de lions dans les murs qui sortaient la nuit. Plus je racontais, plus je sentais le petit corps de Jonathan se blottir contre le mien. Sa respiration se faisait plus lente. Il ne bougeait plus. C'est alors que j'ai compris. Il était terrorisé. Et j'ai réalisé, qu'en effet, mon histoire prenait une tangente assez horrifique. J'ai tenté de sauver le tout avec un happy end et je suis reparti, l'air penaud.

Ma blonde m'a demandé ce qui se passait et je lui ai répondu que je croyais avoir fait une erreur. Que j'avais dérapé en racontant mon histoire. Elle n'était pas fière de moi (surtout que notre grand a tendance à mal dormir la nuit et qu'un rien l'effraie… bien qu'il adore se faire peur en jouant aux dinosaures, aux monstres et aux zombis).

Finalement, il a bien dormi cette nuit-là et on n'en a pas reparlé. Jusqu'au lendemain et au surlendemain et au sur-surlendemain. Lorsqu'il nous a dit qu'il ne pouvait dormir, car il avait trop peur des lions, des tigres et des léopards. Disons que j'ai payé pendant quelques semaines pour cette erreur.

Jonathan

 
En même temps, j'ai peut-être contribué à former un futur lecteur de fantastique horrifique.