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mardi 12 novembre 2013

Winter is coming

Ici, l'hiver s'installe tranquillement. Je sais qu'il a neigé au Québec, mais ici, la neige est là pour rester. Du moins, c'est ce que l'on me dit, car l'automne particulièrement doux qu'on a en ce moment m'amène parfois à douter que je sois vraiment au Yukon. Encore hier, on flirtait avec le 0 degrés. Une superbe journée. On n'en a pas profité autant qu'on l'aurait dû, mais on a profité de la piscine au Canada Games Center. Les enfants ont adoré… et les parents aussi (surtout le fait que l'eau soit chauffée). Les petits ont fait des glissades, sont allés dans la petite rivière et ont eu bien du plaisir.

Quelques jours plus tôt (samedi), on a été à la réserve d'animaux. Une autre belle activité familiale. D'ailleurs, on s'est pris une passe de saison. Elle est offerte à prix très avantageux (à peine 6 $ de plus pour la famille qu'une seule visite). Avec mes maniaques d'animaux, on va le rentabiliser. On l'a fait en bus, mais on peut aussi faire le tour à pied ou en raquette. Le nombre d'animaux est restreint, mais il y a plusieurs belles bêtes et elles sont présentées dans un environnement majestueux.

Depuis que je suis ici, je ne m'entraîne pas comme je le veux. Pas que les infrastructures sportives ne soient pas là (au contraire), mais je suis encore dans l'aménagement. Par contre, je vais commencer cette semaine : une ou deux parties de frisbee par semaine, une ou deux séances de nage et une ou deux séances de course (ou de soccer) pour un total de 4 ou 5 activités semaine. Et je vais en avoir bien besoin, car je n'ai jamais eu autant de douceurs sucrées sous la dent de ma vie. Tous les mercredis, quelqu'un passe au bureau pour offrir des pâtisseries à prix modique. De plus, toutes les occasions sont bonnes de manger du gâteau ou des biscuits. Même les gens qui viennent nous voir au bureau ont souvent tendance à amener de la tarte, des biscuits ou du gâteau. C'est bon… mais va falloir travailler fort pour éviter de m'empâter. Par contre, je marche pas mal ici. On a fait le choix Marie-Pierre est moi de ne prendre qu'une voiture pour deux. Alors, il m'arrive régulièrement de revenir à pied à la fin de ma journée. Tout de même une marche de 3,8 km.

Lundi matin, Marie-Pierre est allée porter Colette, ma belle-mère, à l'aéroport à l'aurore (et même avant). Ça fait drôle depuis son départ. Elle faisait partie de la maison. Sans son apport, l'aménagement et l'adaptation aux lieux auraient été beaucoup plus compliqués. Elle nous a été d'une aide précieuse et elle nous manque déjà. Merci Colette !

Petite note : j'ai eu une surprise aujourd'hui. J'entrais au boulot quand j'ai entendu parler en québécois. Et la voix me disait quelque chose. En regardant comme il faut, j'ai reconnu le ministre Steven Blaney, un ancien Beauceron que j'ai connu dans une autre vie (alors que j'étais journaliste en Beauce). Aujourd'hui, il était au Yukon pour une rencontre de ministre et passait rencontrer la directrice générale de l'Association franco-yukonnaise. Je crois qu'il a fait encore plus le saut que moi. On a immortalisé le moment sur Twitter.

Sinon, je découvre mon milieu et continue à découvrir mon environnement de travail. J'essaie de rencontrer le plus de gens possible. À travers ça, j'écris et je fais des demandes de subvention. Tout se met en place et j'ai toujours autant de plaisir. J'ai aussi découvert quelque chose que je ne croyais plus jamais voir. Plutôt que d'envoyer un fichier informatique à l'imprimeur avant l'impression comme je le faisais au Québec, on imprime nos pages, on les colle sur du carton et on cire le tout. Ensuite, l'imprimeur s'en sert pour sortir les plaques. C'est fascinant de voir ça. Un procédé qui relève de l'artisanat. Malheureusement (ou heureusement à certains niveaux), cette pratique devrait se perdre dans les prochains mois puisque l'imprimeur va moderniser son équipement. Personnellement, je trouve que ça donne un côté concret à ce que l'on fait.

Je vous laisse sur quelques photos du Yukon prises par Marie-Pierre et Colette.






jeudi 7 novembre 2013

Des tonnes d'entrevues

Depuis mon arrivée au Yukon, j'en suis déjà à trois entrevues. La première dès mes premiers jours de travail (le 29 octobre) sur la Première chaîne de Radio-Canada à l'émission Boulevard du Pacifique avec Jacques Dufesne. Le lien ne fonctionne malheureusement pas... Désolé.

La deuxième vendredi dernier (le 1er novembre), un reportage à la télévision de Radio-Canada qui traite de mon arrivée et du départ de Cécile Girard que je remplace. Le reportage a été diffusé hier.

Enfin, ce matin, j'ai accordé une entrevue à Marie Villeneuve de l'émission Phare Ouest. Mieux encore, je vais collaborer à cette émission aux deux semaines (à la sortie du journal) le mercredi à 8 h 20 pour présenter les grands titres du journal. Une autre belle aventure qui commence.

Photo officielle dans mes nouvelles fonctions.
J'ai aussi vécu quelque chose de particulier ce matin. Je suis allé à l'Assemblée législative du Yukon pour écouter une communication de la ministre Elaine Taylor qui soulignait la Semaine de l'immigration francophone. Déjà là, c'était particulier : en trente-quatre ans au Québec, je ne suis jamais allé à l'Assemblée nationale et je vais à l'Assemblée législative du Yukon dès ma deuxième semaine. Mais encore plus particulier, j'ai été nommé en même temps que la délégation francophone qui était sur place. Ça ne change pas le monde, mais ça me fait plaisir d'en parler.

Sinon, l'adaptation se passe bien. Les gens à l'Association franco-yukonnaise sont facile d'approches et rendent mon intégration très naturelle. Et depuis que les enfants sont là avec Marie-Pierre et Colette, mon bonheur est complet. La maison est fonctionnelle et il ne nous manque plus grand-chose en termes de meubles ou d'appareils électroniques (une commode et une deuxième télé). Les petits commencent à prendre le rythme. La première nuit Frédéric s'est levé à 2 h 30. Ses frères ont suivi une heure plus tard. Mais comme c'était le soir du changement d'heure, il s avaient un décalage horaire de quatre heures les pauvres petits. Les grands se sont rapidement remis dans le bon fuseau horaire, mais Frédéric vient de faire sa première vraie nuit et s'est réveillé à 6 h 30, comme ses frères.

Ce qui est dommage, surtout pour Colette, c'est que la plupart des lieux d'intérêt pour les touristes sont fermés à cette période de l'année. Mais, les gars aiment autant le Canada Games Center que moi et ils se sont fait deux amis : en effet, les voisins ont deux garçons de 2 et 4 ans. Ils ont tous joué ensemble au Canada Games Center. Peut-être le début d'une belle amitié ?

On découvre aussi les services et les particularités de l'endroit. Les meilleurs endroits pour trouver telle ou telle chose. Et on trouve habituellement. On a juste hâte d'avoir téléphone, Internet et câble. Demain matin, sans doute. Alors, ce sera plus facile de demeurer en contact avec familles et amis.

Mardi, on a monté le dernier journal de Cécile et mon premier. Ça fait drôle de revoir mon nom au sommaire d'un journal. J'étais convaincu que cette étape de ma vie était derrière moi. Je ne pensais pas que ça me manquait comme ça, jusqu'à ce que je replonge dans le bain.

Et je vais tenter de continuer de vous écrire au moins une fois par semaine… mais je ne peux rien garantir. J'ai des projets d'écriture de fiction dans la tête et le journal m'offre plusieurs défis. Petite note amusante : demain, j'ai un rendez-vous avec une amie de jeunesse de ma tante qui est un des piliers de la communauté franco-yukonnaise. Comme quoi le monde est petit.

jeudi 31 octobre 2013

Toujours vivant (et en pleine forme)

Coudon, je ne pensais pas que ce blogue serait si populaire. Je passe trois jours sans écrire et je reçois des courriels pour voir si tout va bien. Alors, réglons la question tout de suite : je vais bien. Très même.

Si je ne vous écris pas, c'est que je ne suis plus en mode voyage au Yukon, mais en mode vie à Whitehorse. En clair, j'ai commencé à travailler (une semaine d'introduction pour reprendre les dossiers) et je dois aménager la maison pour l'arrivée de la petite famille. Je cours donc d'un bord et de l'autre pour trouver tout ce qu'il faut au confort des petits, je monte les meubles qui le demandent (un lit superposé, ça prend du temps à monter tout seul) et je vide des boîtes. J'essaie aussi de placer du stock… mais ça, Marie-Pierre pourra le faire. Je m'arrête le soir souvent dépassé 22 h. alors, écrire sur ce blogue passe très loin dans la liste de priorité.

Je vous ai laissé après ma première journée l'autre fois. Une journée plus formelle et administrative. Dès le lendemain, j'ai pris ma place dans les bureaux de L'Aurore boréale et j'ai eu l'occasion de travailler avec la directrice sortante, Cécile, et l'équipe… ou plutôt Marie-Claude qui va demeurer en poste et Thibaut que je n'aurai que croisé puisqu'il se lance dans un nouveau projet et qu'un journaliste arrivera la semaine prochaine pour occuper son poste. Un petit mot sur Cécile : une vraie perle, une personne passionnée et passionnante. Un très beau contact. J'apprécie énormément de collaborer avec elle cette semaine et je suis content de savoir qu'elle ne sera pas loin dans les prochaines semaines (elle occupera un poste dans un organisme pour les femmes situé à quelques mètres du bureau du journal dans le même édifice). L'accueil des gens de l'Association franco-yukonnaise (qui chapeaute le journal), est excellent.

Et je me rends compte que la vie de journal me manquait plus que je ne le croyais. Dans les deux derniers jours, j'ai écrit quelques articles, lut un livre pour en faire la critique (une biographie de Joe LaFlamme, un homme plus grand que nature dans le genre de Louis Cyr) et j'ai fait une entrevue… Et j'adore cela. J'ai hâte tous les jours de retourner travailler le lendemain.

Hier soir, je me suis permis une petite sortie au cinéma où je suis allé voir Gavity en 3D. C'est la deuxième fois (après Avatar) que je considère que le 3D est autre chose qu'une façon de me faire dépenser 3 $ de plus. Le 3D fait partie de l'expérience d'immersion pour cette histoire de désastre en milieu spatial. Un excellent divertissement.

Demain, je vais aller voir un spectacle, Ondes de choc, qui mettra à l'honneur une trentaine d'artistes francophones autant dans les arts de la scène que dans les arts visuels ou culinaires. Bien hâte de vivre ça. D'ici là, je dois aller acheter des bonbons pour les petits monstres qui vont arpenter les rues… Et j'attends impatiemment d'aller chercher les miens à l'aéroport samedi 15h. D'ailleurs, l'aéroport est à 5 minutes de chez nous (probablement moins)… tout comme mon travail, les deux cinémas, le Canada Games Center, les épiceries, le Wal-Mart, les restaurants, tout quoi. Est-ce que je vous ai dit que je ne pensais pas faire beaucoup de kilométrage dans les prochaines semaines ?

Je dois aussi découvrir un nouvel aspect du journalisme : l'éditorial. C'est un genre que je n'ai jamais développé, car nous avions choisi de ne pas en avoir dans le Journal de Beauce-Nord. Et j'admets que j'avais un peu de crainte avant de me lancer dans le journal. Après tout, c'est un nouveau milieu que je découvre, qui je suis pour dire aux gens de la place ce que je pense sur tel ou tel sujet ? Et, en parlant avec mes collègues, j'ai eu des idées. La question de l'identité, celle des individus, mais aussi celle d'un journal, surtout après un changement au poste de directeur général (je remplace quelqu'un qui était en place depuis 26 ans et qui est un véritable pilier de la communauté francophone ici). La question des communications à l'ère des médias sociaux. La place des hommes dans la réalité d'aujourd'hui… J'écris mon premier pour le journal du 20 novembre. Je vous tiendrai au courant.

Alors à bientôt. J'essaierai de prendre le temps de vous montrer des photos. Quand le soleil brille sur la ville avec les montagnes en fonds visuel, c'est tellement beau. Et, oui, parlant du soleil, on commence déjà à voir la différence. Quand je pars travailler le matin, c'est encore la nuit noire (pourtant, je pars vers 8 h 15). Le soleil ne se lève que vers 9 h. Et il se couche vers 18 h 30. Personnellement, ça ne m'affecte pas du tout. On verra au coeur de l'hiver quand la lumière se fera rare, mais ça ne me stresse pas plus que ça. Faut dire que jusqu'à maintenant, j'ai la chance de profiter d'un temps vraiment doux depuis que je suis ici. Encore aujourd'hui, il fait plus de 5 degrés et il n'y a pas de neige au sol.

dimanche 27 octobre 2013

Premières impressions en vrac

Ça fait bizarre ce matin de me lever et de ne pas avoir à me dépêcher pour aller où que ce soit. Alors, je paresse. Et aussi ridicule que cela paraisse, je dois me battre pour ne pas laisser la culpabilité me gagner. Ça devrait rentrer dans l'ordre… sinon je suis sûr qu'il y a un bon psy à Whitehorse.

Hier, après vous avoir écrit, j'ai parlé au téléphone à ma mère, j'ai acheté certains produits essentiels à l'épicerie (pas trop, je dois laisser la maison vide ou presque jusqu'à lundi, car une femme va venir pour le grand ménage) et j'ai repéré certains lieux importants (mon travail et le Canada Games Center, deux lieux qui sont accessibles à pied lorsqu'il ne fera pas trop froid). Ensuite, je suis rentré. J'ai croisé mon voisin (on habite un jumelé ici), un type fort sympathique qui a deux gars de 2 et 4 ans. Bref, ça va faire cinq garçons dans le même pâté de maisons. Ensuite, j'ai exploré la maison avec attention. Les couleurs sont belles (pas besoin de repeinturer), c'est plus petit que ce à quoi on est habitué, mais quand même pratique avec les trois chambres et la grande salle de bain à l'étage. Les deux grands vont partager une chambre plus petite que celle qu'il connaisse, mais il va y avoir de la place pour le lit superposé ou même deux petits lits simples si Jonathan a toujours peur de dormir en haut. Malgré tout, une maison vide a quelque chose de triste. Je me sentais moins à l'aise que dans la chambre d'hôtel : pas de Wi-Fi, pas de télévision. Et le deal avec les propriétaires, c'est que je pouvais dormir dans la maison dès mon arrivée, mais on ne prend possession que le 1er novembre, alors je ne peux pas sortir toutes mes choses avant qu'ils aient terminé le ménage et de vider la maison (il ne reste plus grand-chose à faire de ce côté). Cela a entraîné des situations cocasses : j'ai réussi à trouver dans le fatras dans ma voiture une couverture et un drap… mais pas d'oreiller. Et je suis un dormeur d'oreillers : plus il y en a mieux s'est, surtout quand je dors seul. Pas la peine de dire que la nuit a été ordinaire, pour être poli. Je l'ai d'ailleurs terminé sur le fauteuil. Heureusement, la maison est en grande partie meublée (laveuse-sécheuse, four, micro-ondes, table à manger, fauteuil, divan deux places, divan trois places, trois tables de salons et lit. Ça fait moins vide.

Revenons donc à hier soir, il était moins de 19 h et j'ai bien cru que je ne ressortirais jamais Trop fatigué pour lire ou même écouter un film, je ne désirais rien tant que de me coucher. Mais je me suis dit que si je n'allais pas au soccer, j'allais le regretter. C'était l'occasion de faire du sport après une semaine sans exercice en plus d'être une façon de rencontrer des gens. Alors, j'y suis allé. 

J'ai pu visiter l'intérieur. On va avoir du fun avec les enfants : deux piscines dont une avec des jets d'eau et une glissade d'eau, un espace de jeux pour enfants comme un parc intérieur, un terrain de basketball/volleyball/badminton, un terrain de soccer intérieur, deux patinoires pour le hockey, une mini-patinoire pour les enfants, un centre de conditionnement physique complet, une piste de course intérieure, et j'en oublie sans doute. Et il y a des tas d'activités au programme pour tous les styles, tous les groupes d'âge : même un « adult nerf challenge » le lundi soir. Mais bon, je me suis rendu compte que parfois, certaines activités sont annulées faute de participants. Ce fut le cas pour le soccer. Mais bon, je ne me suis pas déplacé pour rien. J'ai pu voir du hockey sur les écrans géants (j'aurais pu aussi aller sur Internet, car le Wi-Fi est gratuit là-bas, mais je n'avais pas amené mon ordinateur). Ensuite, j'ai couru sur la piste de course. Située au troisième et dernier étage, elle permet de voir ce qui se passe plus bas… entre autres de voir le superbe terrain de soccer vide. J'ai arrêté rapidement. Je n'étais vraiment pas en forme et la fatigue me gagnait vraiment. Alors, je suis rentré à la maison. J'ai pris un bain en écoutant un livre audio. Et je me suis couché.

Ce matin, après avoir mangé, j'ai découvert les particularités de notre nouvelle maison : l'insonorisation entre les deux côtés n'est pas optimale. Je ne les entends pas souvent, mais quand ça court, ça cri ou ça rit trop fort, oui. J'ai aussi réalisé que je n'ai pas de réveil-matin (du moins pas à portée de main) pour me réveiller demain alors que je commence à travailler.

Aujourd'hui, je compte visiter, rencontrer les propriétaires pour qu'elles m'expliquent le fonctionnement de la maison, marcher dans notre quartier (Takhini East) et au centre-ville. Terminer une nouvelle qui m'a travaillé pendant le trajet (c'est une forme de road trip aussi, mais plus funeste) et, s'il y a des joueurs, aller au frisbee ce soir à 18 h. Et lundi, outre ma première journée de travail, j'ai plusieurs dossiers techniques à régler : appeler la compagnie d'électricité, car le compte est payé seulement jusqu'au 4 novembre, terminé le dossier de l'assurance auto et maison, appeler la compagnie de câble pour avoir la télévision, l'Internet et le téléphone et, enfin, vider la vanne.

Pour vous, cette description de la journée va suivre ce texte, mais sachez qu'il y a une pause entre les deux.

J'ai pu marcher dans notre quartier. Pas trop, car mes vêtements plus chauds sont dans le fond de la vannette et que je n'y aurai pas accès avant lundi soir. L'école primaire est à 5 minutes à pied. Bonne nouvelle, car Jonathan fera son entrée à la maternelle cet automne. Il pourrait aller à l'école francophone, mais j'aimerais que toute la petite famille revienne bilingue. De toute façon, avec l'école Vision (et son bagou naturel), il a de très bonnes bases. 

Il y a plusieurs services à distance de marche : terrains de baseball, patinoire intérieure et patinoire extérieure. Les propriétaires nous avaient dit qu'il y avait un parc vraiment près de la maison. Je ne l'ai pas vu avec Google earth et je ne l'ai pas plus vu en passant en personne ce matin. Lors de leur passage, elles m'ont expliqué qu'on y accède par un petit sentier entre deux maisons. Et là, j'ai trouvé. J'étais sûr que c'était la cour de quelqu'un, mais non, c'est un joli parc et on peut accéder à des sentiers qui permettent de voir la ville en contrebas. Et ce n'est même pas à deux minutes à pied (au rythme des enfants). Marie-Pierre va être contente. Les propriétaires m'ont aussi montré comment fonctionnait le poêle à granule. Et depuis, je me laisse porter par la douce chaleur du poêle.
 
En parlant avec Marie-Pierre tout à l'heure, elle me demandait si les prix à l'épicerie étaient différents d'au Québec. Je me suis rendu compte que j'étais bien en peine de répondre : c'est elle qui fait l'épicerie à la maison. Par contre, je suis passé au Wal Mart tout à l'heure et je peux dire que pour les DVD et l'électronique en général, les prix se comparent à ceux du Québec… avec une taxe en moins, puisqu'il n'y a pas de taxes provinciales au Yukon. 

Je dois acheter certains trucs pour meubler complètement la maison (un meuble pour la télévision, un lit superposé et une lampe pour le salon (seule pièce non éclairée en ce moment). Pour le moment, je me suis permis de prendre un oreiller et un rideau de douche. Et j'ai aussi parlé avec la responsable des ressources humaines de l'Association franco-yukonnaise duquel relève le journal. Je commence demain à 9 h 30. Ça aussi, ça va sonner le début d'une nouvelle aventure.

D'ici là, je compte écrire cet après-midi et jouer au frisbee ce soir.

Je vous laisse sur quelques photos de la maison (et de mes nouveaux meubles).

Le devant de la maison. On ne voit pas très bien, mais il y a un grand patio devant (et un aussi grand derrière).

Le salon avec le poêle à granules.

Cuisine et salle à manger.


samedi 26 octobre 2013

Jour 7 : fin du voyage, début de l'aventure

La vue à partir du Boston Pizza au centre-ville.
Enfin, ça y est, en début d'après-midi, j'ai fait mon arrivée à Whitehorse après une petite journée de voyage (environ 460 km). Je suis installé au Boston Pizza a regarder distraitement le match de l'Impact contre le Toronto FC tout en mangeant des nachos pour un repas qui est trop tard pour le dîner (que j'ai sauté) et trop tôt pour le souper. J'ai aussi visité la maison. Elle est fidèle aux photos et nous y serons bien, même si elle est un peu petite. Pour le moment, je ne tiens pas plus que ça à y rester, car c'est un peu triste une maison vide et je ne peux pas décharger mon véhicule avant lundi soir. Comme je n'ai pas encore l'Internet et le câble sur place, j'ai décidé d'aller manger à un endroit où je peux aller sur Internet. Tout à l'heure, je prendrai un bain et relaxerai à la maison avant d'aller jouer au soccer à 22 h (si je suis encore en forme). Avant, je vais vouloir explorer un peu : trouver où se situent mon emploi, le Canada Games Center où il y a toutes les infrastructures sportives, etc.

Vue de Teslin, probablement exceptionnelle avec du soleil.
Si je suis arrivé à destination dans les temps, en début de journée, je croyais que ça me prendrait une éternité. En fait, les 120 premiers kilomètres m'ont pris presque deux heures. Je me suis levé vers 7 h et quand je suis venu pour partir à 7 h 30, il faisait noir comme chez le diable. J'ai donc choisi de prendre mon temps pour déjeuner. Malgré tout, quand je me suis lancé à 8 h 20, le soleil avait toujours oublié de se réveiller. Et le mélange de neige et de pluie faisait en sorte qu'il y avait une brume dense par moment. De plus, le sol était recouvert de glace, alors qu'une pluie verglaçante tombait du ciel. J'ai serré le volant tellement fort que j'en ai encore mal aux mains. Si hier j'avais l'impression d'être dans un décor de western avec les plaines, les montagnes et les bisons. Aujourd'hui, j'ai découvert la nature sauvage sous son manteau hivernal. Pas vu d'animaux, mais encore des montagnes et des rivières en tel nombre qu'on dirait que le Seigneur les fait pousser dans un jardin. Et une fois le

premier 120 km passé, j'ai pu rouler normalement sur une chaussée sèche.

Ma mère a souvent dit à la blague qu'elle va un jour écrire sur ses voyages en décrivant les différentes toilettes qu'elle a dû utiliser. De mon côté, j'ai aujourd'hui expérimenté la chiotte insalubre. Dans un des nombreux « rest area » sur le bord de la route, j'ai essayé une des toilettes. La première était juste trop… éprouvante pour moi. La deuxième, qui était moins pire je le rappelle, était recouverte en partie de ce qui semblait être du sang. Heureusement que j'y allais pour la petite commission. J'ai fermé les yeux, fredonné une chanson et attendu que ça passe. 

Petite note sur le gaz. J'étais un peu inquiet de partir sans mon bidon d'essence… mais je n'avais pas de place pour le mettre. Eh bien, je n'en ai jamais eu besoin. Je n'ai jamais fait plus de 200 km sans voir un poste d'essence. Tant qu'à parler de ce sujet : j'ai mis de l'essence à 1,49$ à Watson Lake. Un nouveau record. À Whitehorse, c’est à 1,39$.

Petit retour sur hier. Pour ajouter à mon angoisse alors que je roulais dans le noir sur la chaussé glacée, mon livre audio s'est terminé. Je n'osais lâcher le volant pour en mettre un nouveau (mon dernier), en fait je n'osais même pas lâcher le volant d'une main pour prendre ma bouteille d'eau, alors j'ai décidé de mettre la radio. Eh bien, je ne prenais aucune séquence. Pas la peine de dire que ce n'est pas ma voix chevrotante lorsque je chantais à voix haute qui m'a beaucoup rassuré. La radio a finalement trouvé une fréquence à 10 minutes de Watson Lake. Et, fait cocasse, j’ai rencontré à l’hôtel un autre grand voyageur : l’homme faisait le voyage jusqu’en Alaska depuis le Texas…

Au final, je suis content d'être arrivé. Maintenant, la vraie aventure commence. Plus qu'une semaine avant l'arrivée de ma famille. Malgré tout, tous les jours, j'ai pris la route avec le sourire et j'ai adoré mon expérience. Je ne le ferais assurément pas l'hiver. Mais l'été sans problème. Idéalement avec plus de temps pour visiter tout en voyageant. Et c'est un plaisir de maintenant me poser quelque part, comme pour mettre fin à une fuite éperdue. 

Au total, le voyage m'a coûté moins de 2 000 $. Environ 600 $ d'hôtel, 250 $ de nourriture et 1200 $ de gaz.

Dernière note littéraire : j'ai commencé aujourd'hui Dans les bois éternels de Fred Vargas, un auteur que je connaissais de nom, mais sans plus. Le seul autre roman policier que je n'avais pas lu qui était disponible en livre audio quand je suis allé au Renaud Bray en prévision de ce voyage. Je n'achète pas tout à fait ses personnages excentriques. L'intrigue avance beaucoup trop lentement à mon goût et les méthodes policières me semblent… irréalistes. Par contre, les dialogues comportent quelques moments de hauts vols. Et juste pour la qualité des répliques, je vais terminer cette œuvre.

Je ne vais pas continuer à écrire tous les jours (ou peut-être que si), mais je vais continuer à vous écrire régulièrement sur ma vie au Yukon. J'imagine que le jour où je ne le ferai plus, c'est que je serai réellement Yukonais.   

Jour 6 : seul au monde (et loin de ma mère)

Petite mise en garde avant de faire le résumé du jour. J'écris mes billets sur ce voyage à chaud, je ne prends pas le temps de construire le récit, d'y mettre du style ou de l'intellectualiser. J'y vais comme ça vient, avec les imperfections que ça comporte. Dont plusieurs erreurs d'orthographe. Je tiens à m'en excuser.

Et, petite réflexion du jour : je ne connais décidément pas le Canada. Chaque jour, je traverse des villes (rendu à ce stade de mon voyage, disons plutôt des villages) dont je n'avais jamais entendu parler.

Aujourd'hui, ça a été une expérience presque mystique. Par moment, j'étais seul au monde, perdu dans les montagnes qui séparent la Colombie-Britannique du Yukon. Entouré par la nature sauvage dans ce qu'elle a de plus impressionnant. Des montagnes à perte de vue, des rivières dont l'eau semblait couleur émeraude, des arbres... et des animaux en grand nombre. La route semblait être une aberration dans ce décor (et je ne parle pas de ma voiture). On se sent tout petit et en même temps, c'est si beau. J'aurais pu m'arrêter à tous les 100 mètres pour prendre des photos, mais j'avais un planning à respecter et j'estimais (l'histoire allait me donner raison) qu'il valait mieux ne pas trop rouler sur cette route de nuit. J'avais bien raison.   

Revenons au matin. Je me suis réveillé à mon hôtel de Dawson Creek vers 6 h 30 après plus de 9 h de sommeil. Mais l'estomac dérangé par le sac de chips mangé la veille en écoutant des épisodes de Big Bang Theory (et toutes les cochonneries ingurgitées depuis le début du voyage). Faut dire que je n'ai plus l'habitude de mal manger… Disons que je suis dû pour reprendre mon programme d'entraînement dès mon arrivée à Whitehorse. Ça tombe bien, il y a du soccer demain soir et du frisbee ultimate le lendemain.

J'ai pris la route à 7 h 30 après avoir fait le plein. J'ai tellement le réflexe de le faire chaque matin que j'ai été surpris de voir que je pouvais en mettre seulement pour 20 $ ce matin puisque je venais de faire le plein la veille. Petite note : l'essence ce matin m'a coûté 1,39 $, soit le montant le plus cher payé lors du périple. À Edmonton, j'ai payé 1,09 $, alors que c'était autour de 1,19 $ en Saskatchewan et au Manitoba. Au Québec et en Ontario, vous êtes bien placé pour connaître le prix : trop cher. 

De Dawson Creek, on prend le vrai Alaska Highway. J'ai pu, lors de mes premiers kilomètres assistés à un superbe levé de soleil. Pas la peine de dire que ça m'a mis le sourire sur les lèvres pour le reste du trajet (bon, n'exagérons pas, jusqu'à ce que je commence à descendre les côtes de montagnes… moment à partir duquel je n'ai plus pensé à rien d'autre que de conduire). Le début du trajet donne le ton. En allant vers Fort John, on s'engage dans une vraie route de montagne avec ses montées et ses descentes en lacets. Disons que j'étais content qu'il fasse beau et que la neige ne se mette pas de la partie. À 9 h 15, j'ai d'ailleurs croisé un accident. Heureusement, ce fut le seul de la journée sur cette route périlleuse. D'ailleurs, plusieurs affiches signalent des courbes dangereuses, des terrains glissants, des zones d'éboulement et autres petites horreurs de la route. Il y a de nombreuses pentes d'au moins 6 % sur quelques kilomètres avec des boucles. Et, par moment, la chaussée n'est pas de l'asphalte, mais quelque chose qui ressemble davantage à de la pierre concassée cimentée.

Vers 12 h 30, je me suis arrêté pour manger à Fort Nelson. J'avais parcouru 460 km en 5 heures. Tout allait comme sur des roulettes. Je pouvais même espérer arriver assez tôt à mon hôtel pour appeler mon amour à une heure raisonnable (ne pas oublier les trois heures de décalages), mais surtout avant la nuit. À la sortie de la ville, il y avait un écriteau électronique qui annonçait la présence de bisons sur l'autoroute (une autoroute à une voie qui ressemble plutôt à une voie secondaire et qui n'est pas beaucoup plus utilisée). Des bisons !!! Sur le coup, je me suis fait la réflexion que j'étais décidément loin de ma mère.    

Heureusement, il y a moins de pentes et, pendant un moment, j'ai maintenu une bonne vitesse de croisière. Jusqu'à ce que j'arrive dans la vraie zone sauvage. Au moins 400 km sans village digne de ce nom. Pas de zone de cellulaire s'il m'arrive quelque chose et des animaux… J'attendais les bisons, après tout j'étais prévenu, j'ai d'abord eu des chèvres de montagne sur le bord de la route. Ensuite, j'ai croisé deux petits groupes de caribous qui marchaient sur l'autoroute et ne semblaient pas pressés de céder la place. Et, enfin, les bisons. D'abord un tout seul, à plusieurs mètres de la route. Puis, un groupe de 10. Et un groupe de plus de 100 bêtes et un autre groupe de 20. Et un autre groupe. Et… Je crois que vous voyez le tableau. Disons que j'ai roulé ben ben lentement pour m'assurer de ne pas frapper un de ses colosses. 

Je suis arrivée au Yukon, sans vraiment le savoir. Probablement vers 16 h 30 dans un hameau appelé Mucho (ou Macho) Grande… ou quelque chose du genre, je n'ai pas pensé le prendre en note. Tout ce que je sais c'est que c'est après ça que j'ai vu mes bisons. J'ai ensuite passé d'un côté à l'autre de la frontière entre le Yukon et la Colombie-Britannique pendant quelques heures. 

En maintenant le rythme, j'estimais que j'allais arriver vers 19 h 30. Donc, je pensais arriver à Watson Lake, Yukon, avant la nuit. Mais en montagne, le soleil se couche sans avertissement. À 18 h 15, il faisait clair. À peine le temps de cligner des yeux et c'était la nuit noire. Et quand je dis nuit noire, ce n'est pas seulement un cliché éculé. Il faisait si noir que je passais mon temps à essayer de mettre mes hautes. Mais ils étaient déjà allumés. Je croisais rarement des voitures. Il n'y en avait pas devant ou derrière moi. Puis la brume s'est levée et une fine pluie s'est mise de la partie. La nuit semblait impénétrable. Même si les côtes et les courbes étaient moins nombreuses qu'en début de journée, j'ai ralenti (beaucoup), car je ne me sentais pas en confiance et que je commençais à ressentir une certaine fatigue (ou une fatigue certaine). Heureusement, il n'y avait pas de neige. Heureusement, il n'y avait pas de… Fuck ! Il s'est mis à neiger. Honnêtement, je crois que si j'avais eu une côte comme celle avant Fort Jonh, je serais sorti du mon véhicule pour le pousser, comme on le fait avec un vélo. Mais bon, je me suis contenté de ralentir. Beaucoup. Je suis finalement arrivé à Watson Lake à 20 h 15. Une petite ville de près de 1 600 habitants. Mais surtout, des lumières : celles de maison et des lampadaires. Après deux heures dans le noir complet, c'était le bienvenu. Le seul restaurant de la ville encore ouvert était celui du motel voisin du mien, alors je ne me suis pas obstiné et je suis allé y manger un wrap au poulet avant de rejoindre mes pénates d'où je vous écris. J'ai quand même pris la peine d'appeler Marie-Pierre en arrivant à l'hôtel pour la rassurer. La chambre est bien et après cette route, c'est tout ce dont j'avais besoin. Au total, j'ai parcouru 968 km aujourd'hui.
 
Demain, je devrais dîner à Whitehorse et regagner notre nouvelle maison. Il ne reste que 450 km à parcourir. Mais ça, c'est une autre histoire.

Et comme je sais qu'il y a pas mal de littéraire qui lise ce blogue, je vais y aller de mon commentaire du jour : j'ai bien aimé Un homme très recherché de John le Carré. Un bon roman d'espionnage, un peu trop classique peut-être. Et la fin m'a laissé sur mon appétit. Mais dans l'ensemble, un suspense efficace. Je ne mettrai pas toutes les oeuvres de l'auteur dans ma pile de livres à lire, mais je risque de me laisser tenter à nouveau (lorsque j'aurai terminé l'oeuvre de Lehane).

À demain. 

jeudi 24 octobre 2013

Jour 5 : plus je vais au nord, moins y'a de neige

Le Super 8 de North Battleford.
Câline, j'aurais dû partir au Yukon plus tôt. Je n'ai jamais eu autant de lecteurs sur mon blogue (à part ma série d'articles sur Lovecraft).

Je commence à croire que la neige me suit. Quand je me suis couché hier, il n'y avait pas de neige à North Battleford, mais ce matin à 8 h, une fine couche de neige recouvrait le paysage… et ma voiture. 

C'est fou comme l'être humain a besoin de routine. Déjà, j'en ai une qui s'est installée lors de ce voyage. Je me réveille au son mélodieux du radio-réveil matin. Je prends mes courriels et vais sur Facebook. Prend ma douche, fait mes ablutions et m'habille. Ensuite, je fais le tour des sacs (dans le même ordre tous les jours) et les place dans la voiture avant d'inspecter le véhicule. Je m'assure que le GPS est en marche. Ensuite, je déjeune. Enfin, je fais le plein, puis commence ma journée de route. 

Ce matin, j'ai pris la route à 8 h pile. Je continuais sur le Yellowhead Highway. Le gros luxe : autoroute à 2 voies avec limite de vitesse de 110 km heure sur un terrain plat. Au début, j'y allais doucement sur l'accélérateur, car jusqu'à 8 h 20, j'avançais dans une brume particulièrement dense. Mais par la suite, le soleil s'est pointé le bout du nez et le trajet fut un vrai charme. En moins de 10 heures, j'avais parcouru les 968 km du jour. J'ai l'impression que les gens de North Battleford n'étaient pas préparés à la neige de la nuit dernière, car j'ai vu plusieurs tracteurs recouverts de neige en plein milieu des champs. Et si au début de mon voyage (particulièrement en Ontario), j'ai vu des camions en veux-tu en v'là, aujourd'hui, j'ai découvert la joie des trains. Quand ça décide de s'annoncer, ça fait un vacarme épouvantable. Et on dirait que tous les chauffeurs sont encore des petits garçons qui apprécient plus de faire « tchou tchou » que de conduire. Le premier qui a fait aller son criard a passé près de me faire faire un accident. Il m'a pris par surprise et j'étais sûr qu'il y avait une urgence ou quelque chose de grave avant de comprendre que c'était le train qui passait en sens inverse et qui voulait s'assurer que personne ne dorme dans le village. 

À 9 h 30, j'ai quitté la Saskatchewan pour mettre les pieds en Alberta. Je n'ai pas eu de peine, pas de pincement au cœur, rien. Faut dire qu'on n'a pas eu le temps de se connaître vraiment. Peut-être pour une autre fois. À 11 h 30, je me suis arrêté pour manger dans un McDo à Edmonton. Là-bas, aucune trace de neige, il faisait même presque chaud. À midi, j'avais fait le plein et ma voiture aussi et je reprenais la route dans le trafic d'Edmonton (soyons honnête, c'était similaire à Québec, mais après avoir roulé seul dans une partie du Manitoba et de la Saskatchewan, je me croyais à New York). Une demi-heure plus tard, je prenais la route vers le nord avec l'Alaska Highway. Encore une fois, deux voies et 110 km/h. Et juste du plat, à part un petit passage montagneux vers 15 h 30. À 16 h 20, je suis passé par Grande Prairie, une des nombreuses villes canadiennes de petites ou moyennes envergures dont je n'avais jamais entendu parler de ma vie. De ce que j'en ai vu, ça a l'air plutôt joli, mais je n'ai pas vu grand-chose.

Une demi-heure plus tard, je perdais ma deuxième voie (snif!) et un peu plus tard, j'arrivais en Colombie-Britannique. Je me suis arrêté un peu avant 18 h à Dawson Creek. Mais c'était en fait 17 h puisque j'ai encore changé de fuseau horaire (là je suis à celui du Yukon, donc trois heures de différence avec le Québec). Et non, ça n'a rien à voir avec la série télévisée du même nom. En arrivant dans la ville, j'ai vu plusieurs hôtels récents… mais celui que j'avais réservé était plus loin et semble franchement minable (quoique les chambres soient plus intéressantes à l'intérieur… ce qui n'est pas bien dur). Je sais déjà que je vais avoir de la misère à dormir, car il y a un maudit bruit de ventilateur… alors qu'il n'y a pas de ventilateur dans ma chambre. À noter qu'il n'y a pas de neige ici non plus et qu'il faisait au moins 8 degrés ce soir. Comme quoi plus je vais au nord, moins il y a de neige (on m'assure toutefois qu'il a neigé à Whitehorse).

Comme j'avais plus de temps ce soir et que je commence à être fatigué de manger des hamburgers, je suis allé dans un restaurant familial… qui servait entre autres de la poutine. Mais je n'ai pas craqué aujourd'hui et je me suis pris des pâtes insipides avec une tarte aux pommes ordinaire. On repassera pour le bon repas. Au pire, il y a deux restaurants de sushi à Whitehorse.

Petites notes du jour :

C'est assez troublant de voir des intersections dans les autoroutes. La première fois que j'ai dû traverser une autoroute après être allé dans une station-service, disons que j'ai attendu d'être vraiment sûr que personne ne venait dans l'autre sens.

On se plaint souvent qu'il y a des travaux sur les routes du Québec… ce n’est rien par rapport à ce que j'ai pu voir en Ontario. Il y en avait aussi dans les autres provinces, mais à un niveau normal. En Ontario, c'était aux 100 km maximum.

Enfin, ma belle-sœur aurait aimé faire la route avec moi. Je vois des centaines d'oiseaux tous les jours. Particulièrement dans les prairies où j'ai observé quelques grands bancs dans le ciel.

J'ai terminé Ils vivent la nuit de Denis Lehane aujourd'hui. Excellent. Je voulais lire cet auteur depuis longtemps, maintenant je sais que je vais devoir me taper toute son œuvre. J'ai commencé cet après-midi Un homme très recherché de John le Carré. À peine 2 heures d'écoute, donc pas assez pour me prononcer, mais à date j'aime bien. 

Bon, je vous laisse. Comme il est encore tôt, j'ai le temps d'écouter un film avant de me coucher. Demain, je veux partir tôt pour arriver avant la nuit. Ce sera la dernière journée de longue route et je m'attends à ce que le chemin soit pas mal moins beau que dans les prairies. Et donc que les 900 km de demain soit plus long à parcourir que ceux d'aujourd'hui.

À demain au Yukon (pas encore Whitehorse, mais je devrais être à Watson Lake... j'espère juste que j'aurai une connexion Internet).

mercredi 23 octobre 2013

Jour 4 : Mais où est passé le Manitoba ?

Je me suis levé à Kenora après 6 heures de sommeil (merci au changement de fuseau horaire qui m'a offert une heure de plus). Je ne peux pas dire que j'ai bien vu la ville, mais ce que j'en ai aperçu m'amène à dire que c'est fort joli.

Petite note sur la veille : je m'étais gardé un Red Bull en voiture au cas où je serai fatigué. Hier en fin de soirée, je l'ai pris par mesure préventive… Une expérience que je ne répéterai pas. J'ai eu des palpitations cardiaques sur la fin du trajet et ça m'a mis tout à l'envers sur la fin du voyage.

Autre petite note sur les premiers jours du voyage : le fait francophone. Si je m'attendais à être servi en français à Hearst en Ontario (mention spéciale au commis chez Canadian Tire qui a reviré son entrepôt à l'envers pour me trouver des pneus d'hiver, avant de me conseiller d'aller chez un concurrent quand il a vu qu'il ne pouvait me chausser), j'ai été surpris d'être servi en français partout jusqu'à Thunder Bay et même un peu au-delà. Et lorsque le soir j'ai dû sortir mon anglais pour le Subway à 2 heures de Kenora (j'ai oublié le nom de la ville), je suis tombé sur un chauffeur de camion québécois qui revenait de la Colombie-Britannique et qui était bien heureux de parler avec quelqu'un qui le comprenait. En fait, ce n'est qu'aujourd'hui au Manitoba et en Saskatchewan que j'ai vécu une immersion anglophone.

Dernière note : les camions. Autant de jour je les trouve trop lent, autant je les trouve wild la nuit tombé. Quand la route est glacée dans une route en lacet, ça a tendance à me stresser d'avoir un camion dans le cul qui m'agresse avec ses lumières. Et c'est pas mieux quand je les vois dépasser sur des lignes pointes à moins d'un kilomètre d'une zone de dépassement.

Mais revenons à aujourd'hui. À peu près une demi-heure après mon départ, je quittais l'Ontario pour me rendre au Manitoba. Et une heure et demie plus tard, j'étais à Winnipeg. Et, pour la première fois depuis mon arrivée en Abitibi, j'ai eu le luxe de rouler sur une autoroute à deux voies. Wow !  Pas de neige non plus aujourd'hui et un beau soleil pour la première fois depuis mon départ. De plus, contrairement à l'Ontario où la route était sinueuse et la chaussée glacée, aujourd'hui, j'ai eu des conditions optimales et tout était en ligne droite. Les conditions parfaites pour un livre audio (on y reviendra). J'ai fait 1150 km aujourd'hui entre Kenora et North Battleford. Je suis partie à 8 h pour arriver à 20 h (21 h, mais comme j'ai changé de fuseau horaire, j'ai gagné une autre heure). 

Je n'ai pas vraiment vu passer le Manitoba, car à 14 h 30 j'étais déjà en Saskatchewen (pourtant j'étais allé dîner au DQ de Neepawa). J'ai pu rouler pendant un moment sur une autoroute à deux voies après Winnipeg en direction de Brandon, jusqu'à ce que je prenne la route de Saskatoon. Là, j'ai traversé des prairies sur une route qui rencontre, mais comme les conditions de conduite étaient excellentes, ça ne m'a pas posé de problème. J'ai passé la majeure partie de la journée sur le cruise control. J'ai pu aussi profiter du prix de l'essence moins élevé en Saskatchewen et au Manitoba par rapport à l'Ontario et le Québec. 

J'ai mangé une poutine à la sortie de Saskatoon avant de me rendre à North Battleford. J'ai perdu une vingtaine de minutes à trouver mon hôtel puisque Tom-Tom refusait de me dire où il se trouvait, mais j'étais dans ma chambre sain et sauf à 20 h.

Hier et aujourd'hui, j'ai écouté Inferno de Dan Brown. J'avais vu les films inspirés de ses livres précédents (Anges et Démons et Le code Da Vinci), mais je ne l'avais jamais lu. Inferno m'a permis de comprendre autant ses détracteurs que ceux qui l'adorent. D'un côté, il a de bonnes idées et une facilité à rendre l'histoire de l'art intéressant, de l'autre côté, il tourne plusieurs coins ronds et devient juste too much (trop de chose en peu de temps, trop de revirements de situation, trop de tout…) Petit détail amusant : l'auteur semble assumer le fait que ce soit un roman de science-fiction en faisant plusieurs références au genre et à certaines oeuvres comme L'Âge de cristal (Logan's run). Et là, je suis à la moitié de Ils vivent la nuit de Denis Lehane. Gros coups de cœur. Excellents dialogues. Style impeccable (même s'il fait plein de choses qui ne devraient pas marcher). J'adore.

Pour finir, récapitulatif du voyage jusqu'à maintenant : 3500 km parcouru sur 6000, 4 jours complété sur 7, 2 fuseaux horaires sur 3 et 4 provinces traversées. 

Jour 3 : Winnipeg, on se voit demain

C'était aujourd'hui la plus grosse journée de mon voyage : plus de 1200 km pour environ 13 h de route pour se rendre jusqu'à Winnipeg. Finalement, je ne suis pas sortie de l'Ontario, car je me suis arrêté à Kelora après un peu moins que 1 000 km de route. Donc un retard de 2 heures et demi environ. Pas si pire quand on pense que je suis partie avec 5 heures de retard.

Commençons du début. En prévision de cette grosse journée, je me suis levé à 6 h 30 pour prendre la route à 7 h 15 après avoir pris ma douche, mangé et fait le plein. Premier choc : il faisait encore nuit noire (je n'ai pas le flegme de transféré la photo prise ce matin). En fait, le soleil ne s'est pointé que vers 8 h 15. Mais à ce moment, c'était le dernier de mes soucis, car pris dans la première neige de la saison, j'étais arrêté sur l'autoroute fermée après un accident. Au bout de deux heures d'attente, j'ai décidé de faire demi-tour, histoire d'aller soulager ma vessie… et de mettre des pneus d'hiver (je pensais les mettre plus tard dans le voyage, mais en voyant les conditions, j'ai changé mes plans). J'ai donc été prêt à prendre la route à 12 h 45. 

Mon copilote Tom-Tom le GPS a aussi fait quelques free-games dans la journée. Ça lui fait ça de temps en temps : il me place en plein milieu d'un champ et me demande de revenir sur la route. Mais bon, on a un deal : si je suis vraiment dans le champ, il doit crier.

Et je me suis rendu compte que j'avais oublié de dîner. Bof ! Je n'avais pas de temps à perdre et je me suis dit que j'allais arrêter au service au volant au McDo dans un village voisin. Erreur… Dans ce coin de l'Ontario on voit un village aux 100 km et la plupart ne sont que de petits hameaux. LA route est superbe un peu après Longlake, mais les serpentins m'ont obligé à ralentir. Ce n'est qu'à Thunder Bay que j'ai croisé ma première vraie ville (quand même 100 000 habitants) et à ce moment-là, il était autour de 17 h et je me suis dit que j'allais continuer à rouler tant que j'aurais de la lumière.

Le soleil s'est couché vers 19 h 15 et j'ai continué encore deux heures avant de m'arrêter dans un Subway. J'en ai profité pour faire le plein et appeler ma charmante épouse pour la rassurer : j'avais du retard, mais tout allait bien. J'étais encore à 5 h de Winnipeg, mais j'étais encore en pleine forme et pensait bien arriver avant 3 h du matin. Mais après deux heures de route, je me suis rendu compte que la fatigue me gagnait et que je ralentissais. Bref, que j'étais mieux de me coucher plus tôt et de faire les 200 km qui me séparaient de Winnipeg le matin frais et dispo plutôt que de nuit à vitesse réduite ! De plus, c'était glissant pas mal par endroits, particulièrement dans certaines pentes qui présentaient des courbes qui sont sans doute inoffensives de jour, mais qui commençaient à m'énerver sous le faible éclairage de ma voiture. J'ai donc choisi d'arrêter à Kelora pour la nuit. Et c'était le bon choix : quelques kilomètres avant mon arrêt, un chevreuil est passé devant moi. Le message était clair : 
va te coucher et laisse les animaux traverser la route en paix.

J'ai donc abouti au Travelodge de Kelora. J'aimerais vous amuser avec une description pittoresque, mais c'est très bien et de toute façon, je dois aller me coucher. Avec le retard d'aujourd'hui, une journée de 1 100 km m'attend demain pour me rendre à North Battelford en Saskatchewan. Un peu plus de 11 h de route. Mais bon, j'ai mes pneus d'hiver et la route ne devrait pas être fermée demain. Je devrais donc arriver à une heure plus raisonnable (je me suis arrêté à 1 h 15 cette nuit et je cours me coucher une heure plus tard).

À demain pour la suite des aventures.

lundi 21 octobre 2013

Jour 2 : La tête au Yukon, le cœur au Québec, mais les pieds en Ontario


Je réalise aujourd'hui que j'ai oublié quelques trucs importants hier. Et je ne parle pas au buffet chinois où je suis allé manger à Mont-Laurier parce que l'autre restaurant le plus près était un Saint-Hubert et que je savais que j'allais en manger le lendemain. Je n'ai qu'une chose à dire sur ce resto : disons qu'un buffet quand tu es le dernier client et que tout est froid, c'est ordinaire. Je ne parle pas non plus du motel Station-Laurier où j'ai dormi (correct sans plus, mais pas cher, alors ça a fait la job). 

Je me rends compte qu'en parlant de mon grand voyage, j'oubliais que la vraie aventure est à la maison. Avant de partir, j'ai réglé le gros de la paperasserie administrative, mais tout ce que je n'ai pas pu ou eu le temps de terminer, c'est ma blonde qui doit se le taper tout en vivant avec trois jeunes enfants dans une maison partiellement vide. C'est elle qui va se taper le déménagement de nos meubles et de tout ce qui n'a pas pu rentrer dans la vannette (dont beaucoup de livres et le grille-pain qui prenait trop de place). C'est aussi elle qui s'est tapé la grande majorité des boîtes (bien que Jonathan voulait en faire tous les jours). Dans cette tâche, on a eu beaucoup d'aide de ses parents, particulièrement de Colette la reine du mou (les petits sacs de vêtements qui sont venus remplir les espaces libres dans la vannette… laissez-moi vous dire qu'il n'en reste plus).

Ce matin, je me suis levé une demi-heure plus tard que prévu (7 h 30) et j'étais sur la route à 8 h 15 après avoir pris une douche, manger un déjeuner rapide au service au volant du McDo et mis de l'essence dans le véhicule. Et mon beau-père aurait été fier de moi, j'ai pris la peine de vérifier que tout était en état (les pneus, les vélos à l'arrière et le coffre de toit sur le dessus) avant de prendre la route.

Je ne sais pas trop ce qui s'est passé, mais il y avait trois voitures de police dans le parking lorsque je suis sortie de ma chambre d'hôtel. Si on vous pose des questions, vous n’êtes au courant de rien ;)

Il y avait du givre sur la voiture du voisin, mais pas sur la mienne. Faudra qu'on m'explique pourquoi. J'ai roulé presque toute la journée dans la semi-noirceur et la pluie. Il y avait tant de nuages que le soleil ne s'est pointé qu'en fin d'après-midi. Il y avait même de la brume vers 9 h. C'était particulièrement beau au-dessus des lacs dans le parc en allant vers l'Abitibi. Par contre, je n'étais pas vraiment prêt à voir autant de neige dans le parc. Disons que j'ai roulé relax. Ce qui ne m'a pas empêché plus tard de recevoir un ticket pour excès de vitesse en Ontario. Le policier était très correct et il m'a expliqué que la marge de tolérance était moins grande qu'au Québec. Pourtant, je roulais à peine plus que 105 dans une zone de 90. 

Photographie prise lors d'une petite pause pour me dégourdir les jambes dans le parc.


Revenons un peu en arrière. À midi pile, je me suis arrêté chez ma grand-mère à Malartic avec du Saint-Hubert pour trois puisque ma tante Lise a pris congé aujourd'hui pour me voir. Ça m'a vraiment touché. Je me suis attardé une demi-heure de plus que ce que j'avais prévu, mais je suis très heureux d'avoir passé du temps avec elles. Un beau moment. Grand-maman m'avait même préparé un lunch pour ce soir. Une fois que j'ai trouvé de l'espace pour le ranger, j'en fus fort heureux.

Je suis parti de chez elle à 13 h 30 et à 15 h, j'arrivais en Ontario. Ça m'a fait un petit pincement au cœur de quitter la province. Je serai toutefois de retour pour quelques semaines au mois de juillet. 

Rien à redire sur mon passage en Ontario, sinon que le nord francophone n'est pas nécessairement le plus beau coin du pays. 

J'ai terminé mon premier livre audio comme j'arrivais à mon hôtel du soir vers 19 h 30 après presque 10 heures de route et 850 km. Disons que si la première moitié du Requiem des Abysses de Maxime Chattam m'a tenu en haleine, la fin devient un peu du n'importe quoi. J'aurais préféré un récit indépendant du roman précédant (Léviatemps), là, dans son état actuel, ça vient même gâcher le plaisir du premier tome. Malgré tout, ça a permis de passer agréablement le temps dans la voiture, surtout que le narrateur est excellent. J'ai déjà hâte de commencer un autre livre audio demain, même si je viens de me rendre compte que j'avais perdu un des cinq que j'avais acheté (un John Lecarré). Espérons que ce soit juste que je l'ai rangé dans une boîte plutôt que de le mettre avec les autres.

Petit mot sur l'hôtel ce soir : je suis au Howard Johnson d'Hearst. Ça va faire la job (après tout, je suis juste là pour dormir), mais je ne suis pas impressionné outre mesure. Rien pour en faire une histoire d'horreur… mais disons que je ne resterais pas plusieurs jours.

Bon, je dois vous laisser, il est 21 h 45. Je prends un bain chaud en lisant et je vais me coucher pour me lever tôt demain (vers 6 h 30). Une grosse journée de route m'attend : 13 heures de route pour atteindre Winnipeg, la plus grosse journée de voyage selon mes prévisions.

dimanche 20 octobre 2013

Première journée : tout est sous contrôle

En planifiant ce périple, bien que j'affichais une confiance inébranlable (ou presque), j'avais quelques doutes, quelques peurs. Particulièrement sur la question des bagages. Au cours des derniers jours, je regardais la pile de boîtes de stock qu'on devait amener s'agrandir et je me disais : « On n'amènera jamais TOUT ça ! » Eh bien, sachez-le, tout est entré, à part quelques boîtes dans la section des peut-être. N'empêche que de faire le tri de l'essentiel et du superflu dans ce qu'on a dans une maison, amène à se questionner sur nos choix.

Non, la difficulté du jour n'est pas venue de là… En fait, avec l'aide de mon ami Sarto, de mon amour et de mon beau-père, mettre les bagages dans la vannette et dans le coffre de toit que j'ai acheté en prévision de ce voyage, a pris environ deux heures 30.

La difficulté du jour n'est pas venue non plus de la route en tant que telle. Les 500 km qui me séparaient de Mont-Laurier se sont déroulés sans heurts. J'ai arrêté 15 minutes pour mettre de l'essence et me dégourdir les jambes (ainsi qu'appeler ma conjointe pour la rassurer).

Non, le problème fut de gérer les pleurs de mon plus grand qui a fondu en larmes quelques minutes avant mon départ (que je remettais sans cesse, car moi-même j'étais déchiré à l'idée de me séparer des miens). Lorsque je lui ai dit que je devais partir, il s'est mis à pleurer. Il ne voulait pas que je parte sans lui. Trouvais que c'était trop long deux semaines avant de me rejoindre. Et de le voir pleurer, ça m'a fait pleurer et ça m'a mis tout à l'envers.

Sinon, que dire ? J'adore les livres audio. Je suis en train d'écouter un Maxime Chattam et j'adore mon expérience (un premier livre audio pour moi, mais je me suis prévu 60 heures de livre pendant ce voyage). Demain, arrêt à Malartic pour dîner avec ma grand-mère et ma tante Lise. Et je devrais dormir à Hearst.
Je mentirais si je disais que je ne suis par nerveux. On ne quitte pas sa province, ses amis, sa famille pour une autre province (tout de même à 6 000 km) sans ressentir un flot d'émotion. Un autre milieu, un univers majoritairement anglophone (bien que près de 15% de la population soit francophone), un autre emploi. Heureusement, je vais travailler dans un domaine que je connais bien (diriger le journal L'Aurore boréale) et dans un milieu francophone. Ce serait ça de moins pour l'adaptation. Mais j'ai bien hâte de vivre cette aventure et, surtout, que ma famille me rejoigne le 1er novembre (hey oui, je vais rater l'Halloween et la fête de Marie-Pierre pour une deuxième année consécutive).

Petit commentaire sur le travail : j'ai appris que le journaliste en poste depuis un peu plus de deux ans quittait le journal pas mal à mon arrivée. Je vais donc devoir m'acclimater à ce nouveau milieu avec un nouveau journaliste qui arrivera de Montréal peu après moi. Ça ajoute au défi, puisque nous serons deux à devoir créer un réseau de contacts. Mais en même temps, cela va me permettre de commencer sur de nouvelles bases et j'aime bien l'idée de devoir faire du travail de terrain afin de développer mon réseau. 
Si tout va bien, j'arriverai au Yukon vendredi et à Whitehorse samedi. D'ici là, je vous tiens au courant du voyage sur ce blogue.

mercredi 9 octobre 2013

11 jours avant le départ

Certains le savent puisque j'en ai parlé sur d'autres tribunes, mais je quitte le Québec le 20 octobre pour parcourir le Canada avant de m'arrêter à Whitehorse où j'occuperai le poste de directeur général du journal francophone L'Aurore Boréale. Moi qui étais à la recherche de nouveau défi, je vais être servi.

Tout était en place pour qu'on puisse vivre cette aventure en famille : notre maison était déjà en vente, j'étais à la recherche d'un nouvel emploi, les enfants n'ont pas encore commencé l'école primaire et ma conjointe peut étirer son congé de maternité jusqu'en mai 2015. Amplement le temps de goûter cette nouvelle aventure.

J'ai passé quelques entrevues d'embauche dans les derniers mois, mais ce fut assurément le plus particulier. Ça a commencé par un test écrit avec temps limite pour envoyer mes réponses : je devais écrire une lettre en français et en anglais pour me présenter à des partenaires du journal, je devais écrire un éditorial sur la prorogation du gouvernement canadien et, enfin, je devais présenter un projet pour une mise à jour du site Internet. La deuxième étape fut un peu surréaliste : une entrevue par Skype. C'était la première fois que je vivais ça. Tous mes réflexes naturels en entrevue (chercher le regard de la personne à qui je parle notamment) étaient entravés par la technique (on regarde la caméra qui a un biais par rapport à la personne à qui on parle). Malgré tout, ça a bien été… après tout, j'ai le poste.

Après, il me restait moins d'un mois pour tout planifier le voyage. Et, surtout, trouver un loyer là-bas, car Whitehorse est en pleine crise du logement. Grâce à mon amie Internet, on a pu trouver un duplex à louer dans un quartier paisible. On a reçu le bail par courriel. On l'a imprimé, scanné et retourné. La maison venait avec laveuse-sécheuse, lave-vaisselle, four, frigo et micro-ondes. On a aussi acheté une partie des meubles des propriétaires. Il ne nous manque en fait que le lit superposé de nos deux grands et un peu de rangement (des bibliothèques et une table de télé surtout). Disons que de faire le tri de mes livres, films et bande dessinée fut un travail assez ardu. Je ne peux me permettre d'amener 10 000 livres dans ma vannette…

Je disais donc que je pars le 20 octobre en voiture. Je roulerai seul dans le parcours de 5 800 km. On va donc remplir la vannette et le coffre de toit que je viens d'acheter. Comme on n'a pas à amener de meubles, cela devrait suffire.

La première journée, je pars en après-midi, alors je ne vais rouler que 464 km jusqu'à Mont-Laurier. Juste avant le parc qui mène en l'Abitibi.



Le lendemain, après le parc, je vais dîner avec ma grand-mère à Malartic et je vais poursuivre ensuite jusqu'à Hearst en Ontario. 846 km au total.



Le mardi 22 octobre, ce sera ma grosse journée de route. 1198 km entre Hearst et Winnipeg.



Le 23 octobre, je pars de Winnipeg le matin et je me rends jusqu'à North Battleford 919 km plus loin. Je vais passer par Saskatoon un peu avant.



De North Battleford, je vais me rendre jusqu'à Dawson Creek, en passant par Edmonton. 966 km. Dawson Creek est à la frontière entre l'Alberta et la Colombie-Britannique, mais du côté de la Colombie-Britannique. L'Alberta sera donc la seule province que je vais traverser sans y dormir.



De Dawson Creek, je vais me rendre à Watson Lake au Yukon. Un autre 966 km, mais selon Google Map, ça va me prendre 2 h 30 de plus que le chemin de la veille.



Enfin, jour 7, le 26 octobre, je devrais arriver à Whitehorse dans l'après-midi. 438 km de route depuis Watson Lake.



Il peut bien sûr survenir des changements en route et je suis conscient que c'est un horaire de route chargé, mais, je ne sais pas, le road trip à travers le Canada, c'est quelque chose dont je rêve depuis longtemps. Et je me suis armé pour la route : j'ai fait le plein de livre audio pour m'accompagner pendant le voyage : j'ai prévu 60 heures de romans policiers.

Si tout va bien, je vous tiendrai au courant de l'avancé du voyage ici même sur le blogue. Sinon, ce sera à mon arrivée.

Je prévois m'installer et visiter un peu le 26 octobre. Surtout pour trouver mes repères (mon travail qui est à 5 minutes en voiture, le centre sportif qui est à 10 minutes à pied, le cinéma, les différents commerces utiles, etc.) Et je vais visiter la journée le 27 (et sûrement aller au cinéma, puisque c'est un luxe avec des enfants). Le 28, je commence à travailler et une nouvelle vie commence.

Ma femme et les enfants vont venir le rejoindre le 2 novembre. Ils vont prendre l'avion avec belle-maman. Un voyage d'une douzaine d'heures, mais c'est quand même moins éprouvant que la route terrestre pour les petits. Et les heures de vol sont intéressants : départ vers 6 h de Québec, arrêt de 45 minutes à Toronto, arrêt de 2 h à Vancouver, puis arrivée à 15 h au Yukon (18 h, heure du Québec).