mardi 14 juin 2016

Choisir son éditeur

Lorsque je parle avec de jeunes auteurs, il n’est pas rare qu’ils me disent qu’ils ont envoyé leur manuscrit à dix éditeurs différents. Je comprends la logique derrière ce choix : le but est de gagner du temps et de maximiser ses chances de réussite. Par contre, je ne crois pas à la pertinence de cette façon de faire… à moins que l’auteur ne connaisse bien la production des dix éditeurs en question et qu’il ait envie de travailler avec chacun d’entre eux. Car, au risque de choquer certains, non tous les éditeurs ne se valent pas. 



Certains se spécialisent dans un domaine précis. Si vous leur envoyez un excellent manuscrit dans un autre genre, ils vont automatiquement le refuser. Vous leur faites ainsi perdre leur temps en plus du vôtre.  Il y a aussi des éditeurs qui ont une approche qui ne vous rejoint pas. Petit conseil, commencez par lire certains livres de la production d’un éditeur avant de l’approcher. Si vous n’aimez pas ce qu’il fait comme travail, ne lui soumettez pas votre livre. En effet, le travail avec le directeur littéraire est essentiel à la réussite d’un livre. Si sa vision ne rejoint pas la vôtre, les résultats vont s’en ressentir et, au final, c’est votre nom qui sera écrit sur la couverture du livre. Assurez-vous d’être fiers de ce qu’il y a dedans. Sans compter que c'est beaucoup plus facile de faire confiance en quelqu'un dont on reconnait les capacités professionnelles.

Il y a aussi des éditeurs qui sont tout simplement… médiocres. Comment les identifier? Encore une fois, lisez ce que fait un éditeur avant de publier chez lui (si vous devez retenir un point de cet article, c'est celui-ci). Vous pouvez aussi faire une recherche en ligne pour voir s’il y a de la controverse autour de cet éditeur (par exemple s’il adopte certaines pratiques douteuses comme celles qui ont été soulevées par un reportage de l’émission Enquête ce printemps).

2 commentaires:

WikiPA a dit...

Tout à fait d'accord avec toi!

En tant que libraire, j'en vois passer des mauvais romans qui n'ont pas vu l'ombre d'une direction littéraire! Et de l'autre côté, j'en entend des histoires d'horreur au sujet de conditions d'édition épouvantables venant d'éditeurs peu scrupuleux...

D'un autre côté, l'augmentation des romans autopubliés ou publiés chez un éditeur « facilitateur » (qui propose une solution « clé en main » sans direction littéraire voire révision linguistique) de mauvaise qualité m'écoeure profondément.

Je m'excuse, mais ce n'est pas vrai que tout le monde a le droit d'être publié! Et les éditeurs (du moins, ceux qui font leur travail convenablement!) sont là pour départager (dans l'idéal, évidemment) les manuscrits prometteurs (encore une fois, dans l'idéal il est question de qualité d'écriture et pas seulement de retombées économiques) de ceux qui n'ont pas les qualités requises.

Je sais que je rêve en couleurs, mais j'aimerais tellement que le métier d'agent littéraire s'implante solidement au Québec!

Bref, merci pour cette réflexion inspirante! ;)

Pierre-Luc Lafrance a dit...

En effet, il se publie trop de livres au Québec et non, ce n'est pas un droit d'être publié.