jeudi 18 septembre 2014

Suivi du Grand défi de littérature québécoise

Connaissez-vous le Grand défi de littérature québécoise? Il s'agit d'une initiative de mon ami et collègue écrivain Dominic Bellavance. En gros, pendant la prochaine année, les participants s'engagent à lire le plus de livres québécois possible et à faire le suivi des lectures par un document qui permet d'ajouter un système de pointage à l'aventure. Le grand prix? La satisfaction d'avoir été le plus grand lecteur de livres écrits par des auteurs Québécois.

Le défi s'est lancé le 1er septembre. En deux semaines, j'ai eu le temps de lire :
1- Comment faire l'amour à un nègre sans se fatiguer? de Danny Laferrière. Je dois admettre que j'ai été déçu de ce livre. Peut-être que les attentes étaient trop élevées? L'auteur à du style, de la verve, mais… il manque d'histoire. Ça m'a fait pensé un peu au Déclin de l'empire américain (mélange de discussion philosophique et de sexe), mais sans le jeu incroyable des acteurs du film de Denys Arcand.
2- Argus Step in de Daniel Sernine : J'ai triché un peu ici (mais si peu) en lisant la traduction anglaise du roman de Sernine. Comme ça je participe au défi tout en augmentant mon nombre de livres lus en anglais, c'est tout bénéfice. Personnellement, dans sa production jeunesse, j'aime mieux ce que fais cet auteur du côté du fantastique. Pourtant, mes œuvres préférées de Sernine sont ses romans de science-fiction… pour adultes. N'empêche que c'est une histoire intéressante et bien construite. Comme il s'agit d'une traduction, je ne parlerai pas du style, mais il me semble qu'il y a quelques problèmes de rythme au cours de l'histoire.
3- Chroniques sauvages - Teshkan de François Lapierre. J'avais adoré la série Sagah Nah du même auteur. Ici, il reprend certains des mêmes thèmes (l'histoire se passe au début de la colonisation du Canada et donne la part aux Amérindiens), mais avec un ton beaucoup plus sérieux. J'ai préféré Sagah Nah, mais ces Chroniques sauvages sont assurément parmi les meilleures bandes dessinées québécoises que j'ai lues (et dans les bonnes bandes dessinées lues cette année peu importe la provenance).
4- XYZ 114 : J'étais curieux de lire ce numéro spécial « Retour du bon vieux futur » avec ses histoires inspirées des pulps de la belle époque. D'autant plus que le sommaire était alléchant : Jean-Pierre April, Michel Châteauneuf, Ariane Gélinas, Frédérick Durand et Geneviève Blouin. J'ai été déçu par l'homogénéité des textes. J'ignore quelle était la commande initiale, mais tous les textes sont des parodies qui vont allégrement dans les clichés et dans les allusions sexuelles. Il n'y a pas de mal en soit, mais j'aurais préféré davantage d'exploration.

En ce moment, je lis Le fils emprunté de Jacques Savoie. Si Cinq secondes, la première histoire de l'enquêteur fétiche de Savoie, Jérôme Marceau, m'avait laissé un peu sur ma faim (le personnage manquait de profondeurs, la mécanique de l'histoire manquait de souplesse), j'avais été emballé par le deuxième tome : Une mort honorable. Avec Le fils emprunté, il semble démontrer qu'il a sa place dans la liste des meilleurs auteurs policiers québécois. Au menu : crime mystérieux sur fond de magie vaudou.

Le prochain sur ma pile : Jardin de chair de Frédéric Raymond que je viens de recevoir par la poste. Bien hâte de lire ce premier roman de cet auteur qui endosse aussi le rôle d'éditeur pour La Maison des Viscères.

Et le reste du Canada?

Je ne lis pas que du Québécois. Outre mes lectures régulières, j'essaie de lire davantage en anglais et surtout des auteurs Canadiens. Je me suis donc abonné à la revue On Spec. J'ai aussi commandé quelques livres, particulièrement des collectifs. Pour moi, l'idéal est de lire des nouvelles, d'abord parce que je lis moins vite et de façon moins efficace en anglais, mais surtout parce que ça me permet de découvrir différents auteurs.

J'ai lu la moitié du numéro 96 d'On Spec et, déjà, j'ai eu un coup de cœur pour la nouvelle Nennorluk Goes Down Deep, une histoire de monstre marin à Terre-Neuve. L'ambiance est réussie, les personnages crédibles et l'écriture envoûtante. La bonne nouvelle : ce texte sera au sommaire du recueil que l'auteur va publier au printemps 2015 : How To Carry Bigfoot Home. Si tous les textes sont du même niveau, ça risque d'être un de mes coups de cœur de 2015.

Je viens de recevoir deux collectifs par la poste : Masked Mosaic dirigé par Claude Lalumière et Camille Alexa et Evolve dirigé par Nancy Kilpatrick. Le premier recueil met en scène des super-héros canadiens. Je suis bien curieux de découvrir ce type d'histoires autrement que par la bande dessinée ou le cinéma. Pour ce qui est d'Evolve, c'est un recueil d'histoires de vampires, comme presque tout ce que touche Kilpatrick (ou presque). Petite note amusante, on retrouve un auteur yukonnais dans chacun de ses deux livres : Emma Faraday (nom de plume de Marcelle Dubé) dans Masked Mosaic et Jerome Stueart dans Evolve. Ce dernier livre comprend aussi des fictions d'auteurs québécois que je connais bien : Claude Lalumière, Claude Bolduc et Natasha Beaulieu.

1 commentaire:

Carl Rocheleau a dit...

Tu me files des complexes. Depuis le 1er septembre, je n'ai rien lu d'autre que des dissertations dont la lecture est interrompue à chaque phrase à cause des erreurs que j'y corrige :(

Merci pour tes brèves critiques, cela dit :)