mercredi 4 juin 2014

Idées, projets et méthode d'écriture

Les esprits (j'ignore s'ils sont grands) se rencontrent. J'avais une idée pour un billet depuis quelques jours (et je n'avais pas le temps de l'écrire) et voilà que mon ami et collègue Carl Rocheleau traite sensiblement du même sujet dans son billet Des idées plein la caboche, des projets plein les poche.

La question qui m'a toujours fait le plus rire, c'est quand les gens me demandent comment je trouve des idées. Pour moi, c'est la partie la plus facile. Des idées, j'en ai presque tous les jours. Je n’ai jamais manqué ni d’idées, ni de projets. J’ai manqué de motivation, de confiance, de plaisir d’écrire. Je me suis remis en question. Mais je n’ai jamais cessé d’accumuler les idées, même (particulièrement) quand je n’en voulais pas de nouvelles.

En ce moment, j'ai plus d'une quarantaine de chemises qui correspondent à autant de projets de nouvelles ou de romans à différents degrés d'avancement (allant de quelques notes écrites sur un bout de papier à une version presque finale. Eh oui, je garde une copie papier de tous mes projets que j'essaie de garder à jour. Petite paranoïa. Malgré les Cloud et les sauvegardes, je ne fais pas tout à fait confiance à la machine. Mais bon, on en reparlera (ou pas) une autre fois.

En ce moment, je suis dans une phase d'écriture très active. Depuis quelques semaines (peut-être même quelques mois), j'écris entre 750 et 4000 mots par jour, cinq jours par semaine. Non, je n'écris pas les week-ends (même si chaque vendredi, je me promets que je vais le faire, je me retrouve le lundi au même stade où j'en étais). Et ça tombe bien, je ne me suis jamais fait approcher pour autant de projets d'éditeurs avec qui j'ai le goût de travailler. Ça va de la courte nouvelle au roman pour adolescents.

Pour voir ma pile de dossiers diminuer, je me suis créé un ordre de travail en tenant compte des différentes dates de tombée. J'essaie aussi de permettre à mes manuscrits de vieillir à vitesse accélérée en alternant les premiers jets et les séances de corrections et de réécritures. Ainsi, pendant que je travaille sur le premier jet du projet X, le projet Y repose jusqu'à ce que je le reprenne. Et j'ai alors un regard neuf sur lui, car pendant que j'étais sur l'autre projet, je n'y ai plus du tout repensé (ou si peu).

Ça a l'air très « organisé » comme façon de faire les choses, mais en même temps cela correspond à mon caractère. C'est ce que je fais au travail et je réussis à écrire 5 000 mots par deux semaines pour le journal séparés en une dizaine d'articles. Alors, je me suis dit : pourquoi ne pas reprendre la technique en création?

Ce qui est drôle, c'est que le plus difficile demeure toujours les premières 5 à 10 minutes. À part pour les journées où je suis en état de grâce, j'ai toujours de la difficulté à entreprendre une séance d'écriture. On dirait qu'une partie de mon cerveau se rebiffe. Cela se manifeste par cette petite voix sournoise qui me dit : « C'est mauvais! ». Puis je prends mon rythme et la voix se tait. Bon, à ce stade-là, c'est parfois l'autre voix, pas beaucoup plus utile, qui elle tombe en extase sur ce que je fais. Mais elle me dérange pas mal moins et je trouve toujours le moyen de lui clouer le bec lors des séances de corrections et de réécriture.

Je ne suis plus capable, comme lorsque j'étais jeune, de m'adonner à de longues séances d'écriture. Pas parce que j'en suis incapable physiquement, mais parce que ça pose problème sur le plan logistique. Alors, je compense par des plus petites séances quotidiennes très efficaces (pas de Facebook ou d'autres sources de distractions). J'écris ainsi entre 30 minutes et 2 heures du lundi au vendredi.

Est-ce l'idéal? Non. Mais c'est ce que je peux faire de mieux sans négliger ma famille, mon travail, ma santé ou mon sommeil.

5 commentaires:

Gen a dit...

La bonne réponse à "Où trouvez-vous vos idées?", je pense que c'est "Des fois pour ne pas avoir d'idée, je me cloître chez moi dans le silence, je ne vais pas sur Internet et j'évite de dormir... une fois sur deux, ça marche pendant quelques heures!" :p

Pour ce qui est de l'organisation... Je travaille sensiblement comme toi. Je pense que le mythe de l'écrivain brouillon et sans méthode, ben c'est justement un mythe! ;)

Isabelle Lauzon a dit...

Je me retrouve beaucoup dans ta dernière phrase. Quand on travaille et qu'on a une petite famille, et qu'en plus, on veut écrire, il faut se fixer une routine si on veut arriver à atteindre quelques objectifs... Quitte à écrire juste un peu à la fois! Sinon on n'a jamais le temps.

Et oui, il y a les doutes en cours de route, mais le manque d'inspiration, ça jamais! Moi aussi, j'en ai, des chemises pleines de notes et de projets que je n'aurai probablement jamais le temps d'écrire... Et mon cerveau n'arrête jamais! (je suis comme Gen : ça fait du bien quand ça ralentit un peu dans ma caboche! Hihi!)

De toute manière, j'ai toujours pensé qu'être auteur, c'était sûrement souffrir d'une sorte de maladie mentale... ;)

Isabelle Lauzon a dit...

Je me retrouve beaucoup dans ta dernière phrase. Quand on travaille et qu'on a une petite famille, et qu'en plus, on veut écrire, il faut se fixer une routine si on veut arriver à atteindre quelques objectifs... Quitte à écrire juste un peu à la fois! Sinon on n'a jamais le temps.

Et oui, il y a les doutes en cours de route, mais le manque d'inspiration, ça jamais! Moi aussi, j'en ai, des chemises pleines de notes et de projets que je n'aurai probablement jamais le temps d'écrire... Et mon cerveau n'arrête jamais! (je suis comme Gen : ça fait du bien quand ça ralentit un peu dans ma caboche! Hihi!)

De toute manière, j'ai toujours pensé qu'être auteur, c'était sûrement souffrir d'une sorte de maladie mentale... ;)

Carl Rocheleau a dit...

Hé hé! Content de savoir que mes pensées te rejoignent, aussi loin sois-tu, cher ami :)

C'est drôle, mon dernier billet (pas celui dont tu parles, mais l'autre après...) rejoint une partie de ce que tu dis. Faut croire qu'on est au même stade ces temps-ci. Moi aussi, je me suis enfin donné une méthode, et ça marche. Et moi non plus, je n'arrive pas à m'adonner à l'écriture la fin de semaine. Remarque, ça permet de relativiser. Pour me démarrer en début de rédaction, je fais des descriptions dans le ton de texte (drôle, morbides, sombres, tragiques). C'est généralement n'importe quoi, mais c'est comme pomper ta tondeuse avant de la partir. Ça boncanne sans bon sens, mais ça roule sur un ost* de temps :)

Avez-vous besoin de tondre beaucoup la pelouse, dans vot' coin ?

J'ai bien hâte de te relire :)

Pierre-Luc Lafrance a dit...

Salut Carl, j'aime l'image de la tondeuse. Moi, je travaille sur le modèle de ne jamais terminer au bout de mon idée. Alors je sais que j'ai du jus pour partir le lendemain. Et une fois qu'il est lancé, rien ne peut l'arrêter (Petit Castor, sort de ce corps). Sinon, oui y'a de la pelouse, mais comme je suis en ville, on a un minuscule terrain, donc c'est pas beaucoup d'entretien. Eh oui, y'a une crise du logement à Whitehorse, alors oubliez les beaux grands terrains. Pour les avoir, c'est dans les hameaux un peu plus loin que la ville.