mercredi 28 décembre 2011

Retour sur 2011

Depuis 2003, je tiens un registre de tous les films, livres, bandes dessinées et séries télévisées que j'écoute dans une année. Avec mon entreprise et mes deux enfants, je n'ai plus le temps d'écouter 200 films et de lire 75 à 100 livres comme au début de ce programme, par compte, je continue d'apprécier l'exercice. En relisant mon parcours 2011, je me rends compte que 1) je ne vais plus au cinéma et que 2) je lis de moins en moins de nouveauté. Cela ne m'a pas empêché de faire quelques belles découvertes dans les douze derniers mois. Je vais vous les partager.

Bandes dessinées

Au total, j'ai lu 23 bandes dessinées en 2011, ce qui est nettement en dessous de ma moyenne.

2011 a été l'année de Walking Dead (même si je trouve que l'intensité dramatique a diminué après la fin du passage dans la prison qui est le moment fort de la série jusqu'à maintenant) et de Fable. Walking Dead est une histoire de zombis centrée sur les personnages et, malgré la violence omniprésente, ce sont les rapports humains qui sont le moteur du récit. Quant à Fable, c'est l'histoire des personnages des contes de fées de notre enfance en exil à New York. Les dessins, l'humeur, les personnages. Tout est génial. Il y a même un épisode qui m'a arraché une larme (ce qui a fait rire ma blonde qui n'a pas éprouvé les mêmes sentiments que moi même si elle a apprécié la série). Vous ne verrez plus jamais le grand méchant loup du même oeil.

Grand amateur de L'île au trésor de Robert Louis Stevenson (mon livre culte avec Les Trois Mousquetaires), je n'ai pu passer à côté de Long John Silver. Le rythme de la série est un peu trop lent (surtout dans le premier tome) et l'action est parfois confuse, mais c'est un récite solide dans l'ensemble. Je veux la suite. J'ai aussi continué la lecture d'Arcanes, une série intéressante, mais qui tend à s'essouffler avec ses multiples séries dérivées.

La meilleure bande dessinée que j'ai lue en 2011 : Locke and Key de Joe Hill. Wow ! Je ne pensais pas qu'une bande dessinée pouvait être aussi efficace dans le domaine de l'horreur. Et cela m'a permis de découvrir Hill, une voix à suivre dans le fantastique. 

Livres

Au total, j'ai lu 43 romans et recueils de nouvelles en 2011, pas la peine de dire que c'est très peu. Dans le lot, j'ai fait plusieurs belles découvertes. En ce moment, je lis La magnificence des oiseaux.

J'ai finalement lu Fatherland de Robert Harris, un roman policier dans une Allemagne uchronique qui a gagné la Deuxième Guerre mondiale. Une intrigue bien ficelée, des détails historiques très intéressants, une écriture compétente. Je conseille fortement. D'ailleurs, je suis curieux de voir le film (ou l'un des films) inspiré de ce roman. 

J'ai découvert Sonja Blues dans La volupté du sang. Un des meilleurs romans de vampires que j'ai lu. Surtout la première moitié qui mélange mystère et action avec une violence assumée.

Dans Contre Dieu, j'ai retrouvé le Senécal qui m'avait tant plu dans ses premiers livres. Je me reconnaissais moins dans les personnages du Vide et de Hell.com, mais dans Contre Dieu, j'ai plongé dans le récit dès la première ligne et je n'ai jamais pu lâcher le livre. Senécal réussit aussi un tour de force littéraire : le livre est composé d'une seule phrase.  

J'adore les livres de Thomas Day. Si La cité des crânes m'a déçu en annonçant une aventure qui n'a jamais vraiment lieu, j'ai retrouvé le style de l'auteur qui me plaît tant et j'ai eu une bonne lecture. Tout de suite après, j'ai lu La Racine du mal de Maurice Dantec, un roman noir (malsain même) de science-fiction. Le genre de lecture pas toujours si agréable (avec un style parfois lourd et la grosse patte de l'auteur que l'on voit trop souvent). Pourtant, intellectuellement, c'est un des livres les plus stimulants que j'ai lus.

Autant les pastiches lovecraftiens de Brian Lumley m'ont laissé de glace, autant son Necroscope m'a plu. Encore une histoire de vampires, mais traitée sur un ton différent avec un mélange de fantastique et d'espionnage sur fond de guerre froide.

Michel Vézina a signé un bon livre noir avec Sur les rives. Si ce n'était de la fin un peu précipitée, ce serait même un excellent livre. Toutefois, le mystère y est beaucoup plus intéressant que sa résolution. La mue du serpent de terre est une novella policière « érudite » de Benoît Bouthillette. Ce livre est beaucoup plus intéressant pour son policier bavard (Benjamin Sioui) que pour l'enquête proprement dite. Pour ma blonde, c'était trop, pour moi c'était savoureux. Le seul défaut de la neige de François Barcelo offre ce que l'auteur fait de mieux : un récit policier mettant en vedette un raté, le tout raconté sur un ton humoristique. Rien de transcendant, mais c'est bien fait, efficace et agréable à lire. La première moitié d'Accident de parcours d'André Marois est ce que j'ai lu de mieux dans le domaine du polar québécois. Par contre, la résolution m'a déçu et m'a semblé tirée par les cheveux.

L'enfant sans visage d'Ariane Gélinas est une novella inquiétante à l'ambiance très noire qui se rapproche par bien des aspects aux romans gothiques. Le tout dans un cadre de science-fiction léger... que j'appelle affectueusement de la science-fiction molle (en opposition à hard science-fiction). 

Le livre Laisse-moi entrer comporte plusieurs longueurs, mais c'est un roman de vampire efficace qui met l'accent sur les rapports humains, plus particulièrement sur la relation entre un enfant rejeté et sa voisine bizarre qui se révèle être un vampire.

Séparation de corps de Richard D. Nolane est un recueil solide qui suit le parcours d'un auteur important du fantastique français. Chaudement recommandé.

J'ai aussi apprécié deux collectifs auxquels j'ai participé : De capes et d'esprit tome 1 (édition Rivière blanche) et Agonies. Si le premier présente des textes de fantasy historique (avec certains textes purement historique), le deuxième verse dans l'horreur et le gore. J'ai particulièrement apprécié la novella d'Ariane Gélinas dans Agonies. Une ambiance superbe. Une écriture ciselé. J'aurais toutefois aimé en avoir plus, découvrir davantage les mystères de ce bateau.

Sur des mers plus ignorées... n'est pas un roman majeur de Tim Powers. Le récit est parfois décousu. Les personnages manquent de constance. Par contre, j'ai rarement eu autant de plaisir à lire un livre. On y retrouve ce qui fait le charme du premier Pirates des Caraïbes... en mieux.

J'ai beaucoup apprécié la série Le clan des Otoris. Une série qui se déroule au Japon médiéval avec la présence d'un fantastique léger, le tout servi par une écriture presque poétique (dans le bon sens du terme). Dans un registre différent, j'ai adoré Les égouts de Los Angeles de Michael Connely. Pas aussi efficace que Le Poète, mais un roman policier prenant avec un détective qu'on a le goût de suivre dans les bas-fonds de Los Angeles. En ce qui me concerne, un des meilleurs, sinon le meilleur auteur policier contemporain. 

Je crois que le meilleur roman que j'ai lu en 2011 est Bizango de Stanley Péan, un auteur qui se fait trop rare dans les dernières années. Ce roman qui mélange fantastique et policier (et jusqu'à un certain point histoire de super-héros), le tout imprégné de magie haïtienne est aussi bon que Zombi Blues du même auteur. Sinon 2011 a marqué ma découverte de Raymond Chandler avec Le long sommeil. L'enquête policière manque de rigueur, mais on s'en fout. L'ambiance de ce roman noire est envoûtante et le personnage principal, Philip Marlowe, est l'archétype du détective dur à cuire revenu de tout (l'ancêtre de Bruce Willis en quelque sorte). Plus tard, j'ai lu Moisson Rouge de Hammet dans le même genre. J'ai bien aimé (vraiment beaucoup en fait), mais j'ai trouvé le résultat inférieur.

Séries télévisées

Au total, j'ai écouté 10 séries en 2011 (du moins, j'en ai noté 10, car j'en ai vu davantage, mais je ne compte jamais celles que j'écoutent à la télévision comme Tout sur moi, Mirador et Mauvais Karma). 

Je me rends compte que j'écoute assez peu de séries dans les genres (quoi que je suis en train d'écouter la première saison de Supernatural seul et la quatrième saison de Heroes avec ma conjointe). Mes coups de coeurs 2011 comprennent Desperate Housewife (une fausse série de filles qui s'écoute comme une série policière tant il y a des mystères cachés) et Les Hauts et les bas de Sophie Paquin (la seule série québécoise dont le rythme et les dialogues se sont approchés de Rumeur en ce qui me concerne). Le lien entre ses deux séries : des personnages forts et attachants. 

Dans les genres, j'ai beaucoup apprécié True Blood. Une belle utilisation du vampire, des personnages forts et assez de mystère pour capter l'intérêt. Même si Walking Dead s'éloigne un peu du produit original (et est moins bien réussi en général), j'ai beaucoup aimé la première saison. Un must pour les amateurs de zombis... et les autres.

Le début de la troisième saison d'Heroes m'a fait oublier la deuxième saison. Mais la fin : argh ! C'est vraiment parce que j'avais adoré la première saison que je donne en ce moment une chance à la quatrième saison.

J'ai beaucoup aimé Les piliers de la terre. Une série historique à grand déploiement qui m'a captivé par ses intrigues politiques et ses jeux de pouvoir.

La meilleure série que j'ai vue en 2011 : 19/2. On fait de la bonne télévision au Québec et on en a encore eu la preuve. Le jeu des comédiens est impeccable (je suis vendu à Claude Legault), la réalisation et la photographie sont superbes. Le rythme, les dialogues, tout est bon.

J'ai écouté quelques webséries. Certains épisodes d'En audition avec Simon sont des classiques (entre autres celui avec Antoine Bertrand, le meilleur à mon avis). 11 règles de Vtélé sur le monde de l'échangisme comportait quelques bons moments. Et je suis en train d'écouter La Reine rouge de Patrick Senécal qui fait le lien entre 5150, rue des Ormes et Aliss.

Films

J'en suis à 60 films en 2011, mais je devrais en ajouter encore quelques-uns d'ici le 31.

Je l'avoue, j'ai écouté Raiponce au cinéma avec ma blonde... sans les enfants. Donc aucune excuse. Et je l'assume pleinement, car c’est bien fait, bien dessiné et plein d'humour. Par contre, je me serais passé des chansons omniprésentes (c'est un film de Disney après tout).

Iron Man 2 est moins solide que le premier, est un peu redondant aussi... par contre, Robert Downey Junior démontre qu'il est un des meilleurs acteurs de sa génération. Avec pas mal de retard, j'ai vu Million dollars baby de Clint Eastwood. Excellent. Est-ce juste moi où les meilleurs films de sports sont ceux de boxes et de baseball ? D'ailleurs, parlant de baseball, l'amateur de statistique en moi a ADORÉ Moneyball

Parlant d'Eastwood, son Changeling est un excellent suspense. Bien mené, bien raconté. Un film à voir.

Buried est un film qui aurait gagné à être un court métrage. On suit un camionneur américain qui travaille en Irak qui se réveille enterré dans un cercueil. Tout le film se passe sous terre. Le sentiment de claustrophobie est omniprésent. Le concept est génial. Après une demi-heure, c'était mon film de l'année. Mais on étire un peu trop la sauce, malheureusement.

À l'origine d'un cri est un road movie assez sombre merci. Deux alcooliques poqués par la vie (le grand-père et le petit-fils) partent à la recherche d'un autre alcoolique fini (le fils du premier et père du deuxième) qui s'est enfui avec le cadavre de sa femme récemment décédé. La scène d'ouverture est d'une efficacité terrifiante. Le film Let me in est une bonne adaptation du film Morse et du livre original. Une astucieuse histoire de vampires qui ne verse jamais vraiment dans l'horreur et qui évite la facilité.

Si le film Les sept jours du Talion n'approche pas l'efficacité du livre (un des meilleurs de Senécal), le jeu tout en nuance de Claude Legault et un scénario solide permet de passer un bon (mauvais) moment. 

J'ai enfin vu All the president's men, un classique, surtout pour un journaliste. L'histoire du Watergatre vu par les journalistes qui ont débusqué le scandale. La fin m'a semblé abrupte, mais cela ne gâche en rien le plaisir du film. 

Avec peu de moyens, la BBC a fait un téléfilm fort honorable avec La Huitième couleur, une adaptation de Terry Pratchett. Des effets spéciaux un peu moyens n'empêchent pas d'apprécier ce petit film charmant. 

Je n'avais pas revu Amadeus depuis l'adolescence. C'est aussi bon que dans mes souvenirs avec quelques scènes d'anthologie. 

Shrek 4 a racheté le troisième volet (et dans une certaine mesure le deuxième) qui avait perdu beaucoup de ce qui faisait du charme du film original. Les créateurs ont retrouvé la magie dans le quatrième volet. Le chat Potté (que j'ai vu avec mon plus vieux) n'est pas aussi savoureux que Shrek en terme d'humour, mais offre un divertissement de qualité et une bonne histoire, bien que davantage premier degré (en ce sens où il n'y a pas autant de niveaux d'humour que dans Shrek).

Malgré de mauvaises critiques, j'ai beaucoup aimé le Robin Hood de Ridley Scott. Le côté brut de cette histoire dénudée du glamour des versions précédentes m'a plus. Par contre, la fin est... ordinaire. D'autant plus qu'elle ouvre sur une suite qui ne verra jamais le jour (sauf erreur de ma part).

J'ai vu le Tintin de Spielberg au cinéma (en 3D). Premier constat, le 3D n'apporte rien au récit. Sinon, c'est une adaptation fort divertissante de l'oeuvre d'Hergé. Assez près de l'oeuvre originale, tout en s'en détachant. Je trouve que par moment, c'est « too much », surtout lors du combat naval, mais dans l'ensemble un des meilleurs divertissements de l'année.

J'allais oublier un de mes coups de coeur : L'homme qui voulut être roi de John Huston. De l'aventure, de l'exotisme, de l'action et le tout servit par une performance magistrale de Sean Connery et Michael Caine.

Les trois meilleurs films que j'ai vus en 2011 : Millenium 3, Incendies et Starbuck. Le premier clôt magistralement une des meilleures séries de films policiers. Des personnages hauts en couleur, une organisation secrète, des mystères à déterrés. Tout est en place pour piquer la curiosité. Mon rêve : écouter les trois films coup sur coup. Incendies est un film presque parfait. Je l'ai reçu comme une claque sur la gueule. Un film qui a tous les éléments d'une oeuvre policière sans jamais accepter les codes du genre. Quant à Starbuck, c'est un divertissement intelligent présenté avec beaucoup de finesse. On retrouve les qualités de La grande séduction avec une performance magistrale de Patrick Huard en prime (sans oublier la prestation d'Antoine Bertrand). Pas un film parfait, pas même un grand film, mais celui qui m'a amené le plus de plaisir en 2011 (si j'exclus le plaisir presque coupable de Machete ;))

4 commentaires:

Alamo a dit...

Walking Dead est également un de mes coups de coeur côté BD cette année! C'est vraiment quelque chose cette série!

Locke and Key est sur ma liste de comics à lire un jour. Fred m'en a beaucoup parlé lui aussi! Disons qu'avec tes commentaires également ça vient de bumper quelques comics pour monter dans la priorité de la liste! ;)

Pierre-Luc Lafrance a dit...

@ Alamo : as-tu dépassé le stade de la prison dans Walking Dead ? Pour Locke and Key, vas-y de bon coeur, c'est moi qui invite. Habiuellement je suis plus bandes dessinées européennes, mais ça fait partie des séries américaines (avec Sin City et Sandman entre autres) que je trouve mieux écrite et plus ambiteuses que ce qui se fait en Europe.

Laure a dit...

Bonnes fêtes de fin d'année... tant de choses à découvrir en 2012...:-)
Bises ***Laure***
http://suivre-mon-etoile.blogspot.com/

richard tremblay a dit...

Je prends des notes, là. Tu parles de choses qui m'intéressent ou que je redécouvrent, comme la bd. Je mets Fable sur ma wishlist.