mercredi 25 mai 2011

Laboratoire littéraire : on a nos participants

Voici les 16 participants au laboratoire littéraire :

1-Pierre-Luc Lafrance
2-Pierre H. Charron
3-Émilie C. Lévesque
4-Guillaume Voisine
5-Jonathan Reynolds
6-Alamo Saint-Jean
7-Carmélie Jacob
8-François-Bernard Tremblay
9- Mathieu Fortin
10- Nicolas Handfield
11- Frédéric Raymond
12- Richard Tremblay
13- Caroline Lacroix
14- Marie Laporte
15- Ariane Gélinas
16- Luc Dagenais

Dans un premier temps, chacun doit me donner les noms des auteurs avec qui il préfère ne pas travailler, histoire d’éviter que l’aventure ne soit désagréable. Ensuite, des équipes seront formés au hasard et chaque duo aura six mois pour pondre une nouvelle. Il sera intéressant de suivre la progression des équipes : quel mode de fonctionnement a été adopté, quels sont les embûches rencontrés en chemin, comment ont-elles été surmontés, etc.

lundi 23 mai 2011

Flyona

Le livre quasi mythique de Caroline Lacroix, Flyona, est enfin paru dans la collection Nova de la maison d'édition Les 6 brumes. Quand je dis quasi-mythique, c'est qu'on entend parler de ce livre depuis des années, mais que de multiples réécritures ont été nécessaires avant sa parution.


Résumé : Ainsi que l'ont prédit d'innombrables récits de science-fiction, la Terre n'est plus qu'un champ de ruines étouffé par la pollution. En fuite, l'humanité a conquis l'espace et poursuit sa croissance démographique et technologique vers les étoiles.

Niklas, enfant de cette civilisation galactique, a passé le plus clair de sa vie dans le vide intersidéral. Projeté dans l'atmosphère étouffante d'une planète dotée d'une force de régénération étonnante, il y rencontre Flyona, une botaniste capable de faire corps avec la nature.

Une alliance est-elle encore possible entre l'humain, plus habitué à vivre entouré de ses machines, et son habitat primaire, la jungle foisonnante de possibilités.

Mon avis : Cela faisait un bon moment que je n'avais rien lu de Caroline Lacroix. Faut dire qu'elle se fait plus discrète après avoir publié de nombreuses nouvelles il y a quelques années. J'ai retrouvé une de ses grandes qualités : donner vie à une scène en quelques mots. De plus, elle a grandement amélioré ses dialogues, ce qui en fait une des forces de ce livre. De plus, elle a une plume alerte et possède un bon rythme. Là où le bas baisse, c'est qu'on a l'impression qu'il manque un peu de jus : les personnages mériteraient d'être plus développés (particulièrement Niklas qui n'est esquissé qu'en quelques traits alors qu'il est le personnage principal) et l'histoire manque de rebondissement. De plus, la fin m'a laissé un peu sur mon appétit (il y a quelque chose de trop passif dans la réaction de Niklas). Par contre, il y a une « poésie », une finesse dans l'écriture de l'auteure qui fait en sorte que les défauts passent au second plan et que la lecture est agréable.

J'ai beaucoup apprécié le mélange des genres. Si c'est clairement un texte de science-fiction, il y a une touche de féerie qui rapproche ce récit du conte. Et le mélange a été bien géré, avec juste assez d'explications pour que ça ne devienne pas du n'importe quoi. En fait, on a même envie d'en savoir plus, comme si Flyona n'était qu'un épisode dans une histoire plus large.

Au final, on a un Nova en haut de la moyenne. J'aime beaucoup ce format, plus court qu'une novella, plus long que la plupart des nouvelles. Le terme exact serait « novelette », mais je ne suis pas convaincu que ce soit utilisé dans le milieu francophone.

Note : 7/10 pour le plaisir de lecture et la magie qui ressort du récit. Ce livre devrait plaire à ceux qui sont rebutés par les éléments science-fictifs trop présents. On est plus près de la fable écologique que du roman de hard SF.

vendredi 20 mai 2011

Clair Obscur 8

J'ai reçu un peu avant le Congrès Boréal la huitième livraison du fanzine Clair/Obscur et je viens de finir de le lire. Encore une fois, c'est du beau travail.



Visuellement, la couverture couleur de Laura de Fayard est inquiétante à souhait, la maquette est claire, mais les illustrations intérieures laissent à désirer autant par leur choix que par la faible qualité de la résolution. Le directeur de la revue (et rédacteur en chef et directeur littéraire adjoint et correcteur et concierge) François-Bernard Tremblay a annoncé lors du Congrès Boréal que Gabrielle Leblanc s'occuperait dorénavant de la mise en page. Je crois que ce sera une bonne chose.

Pour ce qui est du contenu, ça commence avec une entrevue avec l'auteur (entre autres occupations) Christian Roux. Je ne connaissais pas cet auteur français, mais l'entrevue m'a donné envie de le découvrir (tout comme une entrevue dans un numéro précédent m'a fait découvrir la série David Nolande). Ensuite, on a droit à quatre fictions : 31 octobre, 2015 de Nicolas Handfield, La famille Jambon de Claude Bolduc, La guerre comme si vous y étiez de votre humble serviteur et Cartographie de la cruauté d'Ariane Gélinas.

31 octobre, 2015 : Il s'agit du premier texte que je lis de Nicolas Handfield. En 2015, un adolescent s'apprête à passer l'Halloween dans un monde dévasté par les bombes. J'ai bien aimé le ton un peu naïf de l'histoire, par contre, j'ai l'impression qu'on m'a raconté l'anecdote plutôt que l'histoire complète.

La famille Jambon est un texte mineur de Claude Bolduc. On se croirait presque dans le même univers que dans le texte d'Handield. Alors que la population manque de nourriture, la famille Jambon se goinfre sans arrêt et prend du poids. Pendant ce temps, le narrateur les observe de la fenêtre de sa demeure. On retrouve dans ce court texte les qualités de l'auteur qui excelle à créer des ambiances. On retrouve aussi son sens de l'humour (noir). Au final, un texte agréable.

La Guerre comme si vous y étiez : Je ne peux bien sûr pas donner d'avis objectif de ce texte de ma plume. Toutefois, je peux parler un peu de sa genèse. Il s'agit d'un texte écrit lors de mes études en création littéraire. Du moins, pour la première version que j'avais fait lire à Mathieu Fortin qui l'a accepté beaucoup plus tard pour Clair/Obscur. Entre-temps, j'avais développé un autre concept pour le texte et je l'ai complètement réécrit à la deuxième personne, car cela permettait de servir mon propos. Le concept est demeuré le même : dans le futur, on peut visiter le Musée de la guerre. On peut s'y brancher à une machine qui nous permet de revivre des scènes de guerre tirées de souvenirs d'anciens soldats. Dans la version originale, on suivait un étudiant chétif qui faisait une visite scolaire. Dans la version publiée, j'ai enlevé le côté adolescent de la visite scolaire et j'ai joué avec la narration à la deuxième personne. Je déteste les artifices littéraires tape-à-l'oeil, mais je trouvais que ce procédé se mariait bien au texte et au thème de la quête d'identité (qui se retrouve dans la majorité des mes écrits d'ailleurs). Aussi, le ton est devenu résolument plus noir et les scènes de guerre (ou plutôt, la scène de guerre) est plus... « explicite » à défaut d'un mot qui convient mieux. Il s'agit aussi de ma première incursion dans le domaine de la science-fiction (en fait ma deuxième, mais dans le premier cas, c'était une nouvelle de débutant soumis à Solaris lorsque j'avais 17 ans... non seulement ça n'a pas été publié, mais je ne crois pas qu'il m'en reste une copie). J'ai toutefois un projet en cours dans ce domaine. On verra bien...

Cartographie de la cruauté est un texte d'ambiance (morbide) parfaitement réussie. Il y a des images fortes maniées par une plume acérée. On y suit un collectionneur bien particulier : un collectionneur de cruauté, de douleur, de mort. On suit son parcours qui l'amène sans cesse plus loin dans son vice, jusqu'à la réalisation de son plan final. J'ai beaucoup aimé.

La section critique comprend un dossier de quatre pages sur Contre Dieu de Patrick Senécal qui m'a semblé manquer un peu de contenu (il aurait pu aisément rentrer dans deux pages) et quelques critiques de livres.

Au final, sur les trois textes de fictions, il y en a un très bon, un bon et un dans la bonne moyenne. Pour ce qui est de la partie critique et article, je n'ai rien à redire, sauf que j'aurais préféré un article plus fouillé ou plus court sur Contre Dieu. Mais dans l'ensemble, c'est réussi en ce qui me concerne.

mardi 17 mai 2011

Laboratoire de création

François-Bernard Tremblay en parle un peu sur son blogue ici. Il a accepté de me faire confiance pour un projet un peu particulier : un laboratoire de création où deux auteurs seront jumelés pour écrire une nouvelle pour Clair/Obscur. Les dyades seront déterminées au hasard et cela peut donner des mélanges intéressants.

Les contraintes sont les suivantes : les duos devront créer un texte pour Clair/Obscur. Cela peut donc aller dans tous les genres de l'imaginaire ou du côté du policier tant qu'il y a une tonalité noire ou gore. Il y aura de la direction littéraire, mais seuls les textes les plus aboutis seront publiés dans Clair/Obscur. Ensuite, les duos ont une période de 6 mois pour produire un texte. Chaque équipe pourra trouver sa façon de procéder pour donner le résultat final.

Toutefois, au-delà du produit final, je vois surtout cela comme un laboratoire de création, une occasion d'apprendre au contact d'un autre auteur et de jeter un regard neuf sur sa propre démarche créatrice. C'est aussi une façon de briser l'isolement de l'écriture. J'ai bien hâte de voir les résultats.

On vise huit équipes. En ce moment, on a dix auteurs sur seize de confirmé. Dès que les duos sont formés, je vous tiendrai au courrant.

À l’ère du numérique

Eh oui, j’arrive à l’ère du numérique et je plonge dans le Web 2.0. L’Arracheur de rêves (du nom de mon recueil de nouvelles pour adultes publiés chez la défunte maison d’édition La Veuve noire) me permettra de partager ma relation amour-haine avec l’écriture. Je vais y parler de mes lectures, de mes projets et aussi… de moi.

Je jongle avec l’idée de lancer ce blogue depuis un bon moment, mais il me manquait une petite poussée dans le dos. Je l’ai eu avec le dernier Congrès Boréal qui a eu lieu le week-end dernier. J’y ai rencontré plein de gens dynamiques. Des projets ont été lancés. Certains ont été annoncés. Entre autres, la Maison des viscères, un éditeur numérique qui se spécialise dans le gore, a annoncé que sa première anthologie comprendra trois textes d’auteurs québécois : Jonathan Reynolds, Ariane Gélinas et moi. J’ai bien hâte de voir ça.

D’ailleurs, parlant de numérique, je me suis procuré une tablette et je viens de lire mon premier livre numérique. J’ai commencé avec un court roman publié directement en format numérique : J’irai me crosser sur vos tombes de l’auteur Ed. Hardcore. Résultat de mon expérience : j’ai beaucoup aimé lire sur ma tablette même si le texte était en format PDF et non en epub. Reste maintenant à savoir si j’y prendrais autant de plaisir avec un livre plus volumineux (J’irai me crosser sur vos tombes fait 120 pages).

Pour ce qui est du contenu, je ne me lancerai pas dans une critique littéraire en profondeur. Comme son titre l’indique, il s’agit d’un livre dérangeant, un peu hardcore avec du sexe déviant (d’autant plus que l’histoire se passe dans le milieu des films de cul alternatifs). On y retrouve la même grande qualité que dans les autres romans de l’auteur : Ed. Hardcore a un style inimitable. À première vue, ça semble facile d’écrire comme lui, mais peu d’auteurs peuvent bien le faire. D’ailleurs, dans J’irai me crosser sur vos tombes, Mélodie Nelson a tenté de relever le défi pendant un chapitre. Si elle réussit à amener des éléments dérangeants (c’est fou tout ce qui peut se mettre dans les orifices d’une actrice porno en audition), elle est incapable d’y mettre la même verve qu’Hardcore et ça devient vite lassant. Et on retrouve aussi le même gros défaut : il manque de contenu. On a souvent l’impression que le but est de déranger pour déranger. Il manque une histoire solide. C’est dommage, car je serais vraiment curieux de voir ce que le style de l’auteur donnerait avec une histoire qui serait davantage qu’un prétexte à mettre des scènes de sexe et de violence.

Alors, voilà, je suis maintenant en ligne. Le défi maintenant, c’est de garder le cap et de publier avec régularité.