samedi 17 décembre 2011

Les lions dans les murs

J'ai deux enfants, deux garçons merveilleux de 1 an (Dominic) et bientôt 3 ans (Jonathan). Mon plus jeune est un sportif. Dès qu'il a vu une balle et un petit bâton de hockey, il s'est mis à taper la balle et à courir après. Alors que j'ai perdu mon temps à essayer d'enseigner les rudiments du hockey à Jonathan. À un an et demi, Dominic a déjà le même poids que Jonathan (29 livres contre 32). Les choses peuvent changer, mais pour l'instant, c'est mon moteur, alors que Jonathan est clairement plus un verbal.
Dominic

Mon plus vieux a de la graine d'artiste : il aime danser, chanter, dessiner et… raconter des histoires. Depuis presque un an, notre rituel le soir, c'est qu'il me raconter une histoire. Ensuite, je lui en raconte une. Bon, il ne me raconte rien de bien élaboré, mais quand même, l'effort est là. Ces premières histoires tournaient toutes autour d'un chat/rat/cheval (insérer l'animal de votre choix) qui va à l'épicerie acheter du chocolat, du lait au chocolat et des bonbons (et d'autres douceurs qu'il apprécie). Ensuite, je lui raconte mon histoire à partir de contraintes imposées par Jonathan (il aime particulièrement les histoires avec des monstres ou des dragons et des bébés au nom imprononçable).

Un soir, je devais lui raconter une histoire de lion. Et, bien que les détails m'échappent maintenant, je me souviens que c'était bien parti. À mesure que je la racontais, je me disais qu'il faudrait que je la note. Je me souviens que ça parlait de lions dans les murs qui sortaient la nuit. Plus je racontais, plus je sentais le petit corps de Jonathan se blottir contre le mien. Sa respiration se faisait plus lente. Il ne bougeait plus. C'est alors que j'ai compris. Il était terrorisé. Et j'ai réalisé, qu'en effet, mon histoire prenait une tangente assez horrifique. J'ai tenté de sauver le tout avec un happy end et je suis reparti, l'air penaud.

Ma blonde m'a demandé ce qui se passait et je lui ai répondu que je croyais avoir fait une erreur. Que j'avais dérapé en racontant mon histoire. Elle n'était pas fière de moi (surtout que notre grand a tendance à mal dormir la nuit et qu'un rien l'effraie… bien qu'il adore se faire peur en jouant aux dinosaures, aux monstres et aux zombis).

Finalement, il a bien dormi cette nuit-là et on n'en a pas reparlé. Jusqu'au lendemain et au surlendemain et au sur-surlendemain. Lorsqu'il nous a dit qu'il ne pouvait dormir, car il avait trop peur des lions, des tigres et des léopards. Disons que j'ai payé pendant quelques semaines pour cette erreur.

Jonathan

 
En même temps, j'ai peut-être contribué à former un futur lecteur de fantastique horrifique.

5 commentaires:

Isabelle Lauzon a dit...

LOL! Père indigne, va! ;)

Quand même, c'est mignon, cette habitude de se raconter des histoires... Il s'en rappellera certainement plus tard. Quand il deviendra un écrivain célèbre... (ton fonds de pension, ton fonds de pension! LOL!) ;)

Nos enfants, je crois qu'ils ont déjà leur personnalité propre, leurs forces et leurs aptitudes en naissant. On peut toujours essayer d'influencer la nature, mais ça ne marche pas nécessairement... Ex. : N'essaie pas de mettre un bâton de hockey dans les mains de mon fils, aucun intérêt!

Je crois que les meileurs parents, ce sont surtout ceux qui comprennent les intérêts de leurs enfants, les respectent et les aident à les développer... à leur rythme. :)

Isabelle Lauzon a dit...

Et, en passant : j'aime beaucoup voir les gars parler de leurs enfants avec autant d'amour... Bon sang que la génération actuelle des pères est rendue hot! :D

Pierre-Luc Lafrance a dit...

Merci Isabelle. En effet j'adore mes enfants et je m'amuse comme un fou avec eux (ce qui n'empêche pas que des fois ils me font damner). Notre jeu préféré : le zombi. C'est le même principe que la tague. La seule différence, c'est que le zombi ne peut pas courir et que lorsqu'il touche quelqu'un, ce dernier devient zombi à son tour jusqu'à ce que tout le monde soit transformé. On se pourchasse bien sûr les bras vers l'avant en poussant des grognements bestiaux. Et notre joke préféré à Jonathan et moi, c'est de dire : il ne faut pas nourrir les zombis.

Carl a dit...

Y'a ben juste toi pour raconter des histoires effrayantes aux enfants avant de les coucher, et ce, sans t'en rendre compte. T'es comme Major Payne qui raconte l'histoire du petit train courageux !

Pierre-Luc Lafrance a dit...

Carl : Remarque qu'il en redemande. Voici les questions qu'il me pose maintenant avant de me raconter son histoire : 1) comment s'appelle le petit garçon (le personnage de son histoire) ? et 2) De quoi a-t-il peur (et je suis aussi bien de ne pas répondre quelque chose de loufoque comme le fromage) ?

Aussi, il est revenu dernièrement de la garderie en me disant qu'il était folferine... ça m'a pris un moment avant de comprendre qu'il voulait dire Wolverine. Mais je ne m'en fais pas avec ça : je suis Thor (ou Hulk selon son humeur) et son petit frère la chose ou Spider-man...

Un futur amateur de fantastique je vous dit !!!