mercredi 11 novembre 2015

La relation d'un écrivain et de son texte

Tout d’abord, il y na le coup de foudre. Les idées s’accumulent et commencent à former un tout cohérent. L’histoire – ou du moins ce qu’elle vous inspire – prend des accents de perfection. Vous tenez sinon un chef d’œuvre, au moins un texte marquant, percutant.

Commence alors l’écriture proprement dite. Dans les premiers temps, la confrontation avec la réalité peut créer le doute et parfois même la désillusion. On dirait que les mots ne réussissent pas à traduire les images qui vous hantent.

Un certain rythme s’installe, l’écriture s’emballe. Après les premiers tâtonnements laborieux, on dirait que l’histoire se développe toute seule, qu’elle prend vie. Pour moi, c’est un moment magique.
Puis arrivent la relecture, la réécriture et la correction. On se rend compte que les moments magiques comportent leur lot de maladresse et de tic d’écriture et que le texte n’est pas aussi précis que dans notre tête. On se met à chercher les faiblesses dans l’histoire, les imperfections dans l’écriture. On joue avec les mots, les virgules. On doute et même que, par moment, on développe une relation amour-haine avec le texte.

Après les révisions, on se rend compte que la plupart des irritants ont disparu, commence alors la réconciliation jusqu’à ce qu’on soumette son texte.

Et, quand on a la chance de travailler avec un directeur littéraire compétent, commence une autre ronde de correction et, dans le meilleur des cas, à la fin on se rend compte qu’on a un texte qui s’approche de l’image mentale qu’on s’en était faite. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais on peut en être fier.

Tout ça pour dire que je viens de terminer un premier jet. Je vais me laisser porter par la magie quelques jours (semaines?) avant d’amorcer la réécriture. Je n’ai pas encore envie de me chicaner avec ce texte-là.


4 commentaires:

WikiPA a dit...

Je comprends tout à fait!

Et parfois, en travaillant avec un beta-lecteur compétent, tu en viens à réaliser que la vision que tu avais en tête pour ta nouvelle n'était qu'une première étape, et que ton texte peut aller encore plus loin si tu change quelques éléments. Ça aussi, c'est magique de réaliser le potentiel derrière un simple changement de perspective.

Ceci étant dit, je n'ai toujours pas terminé la réécriture de la nouvelle ayant eu droit à cette épiphanie... Bientôt, bientôt!

Pierre-Luc Lafrance a dit...

C'est fou comme ces moments d'épiphanie deviennent une drogue qui permet de traverser les moments de doute...

Gen a dit...

J'suis ptêt bizarre, mais durant la réécriture, j'ai rarement l'impression de me chicaner avec mes textes. Plutôt de discuter avec eux autour d'un café. Mais bon, j'aime réécrire (surtout en cas d'épiphanie).

WikiPA a dit...

@Pierre-Luc : Oh oui, c'est toute une drogue! Mais bon, au moins, on est notre propre « pusher », ce qui assure un meilleur contrôle de la qualité! Quoique... ;)

@Geneviève : Meuh non t'es pas bizarre! Chanceuse, peut-être, travaille avec une méthode différente, probablement!

De mon côté, ce ne sont pas tous les textes qui me donnent l'impression d'avoir à me battre avec eux pour que mon idée sorte comme je le voulais, mais c'est arrivé avec un texte récemment, et j'en suis à la 4e version qui sera réécrite encore une fois, mais cette fois, je pense que j'ai réussi à me réconcilier avec le texte, grâce à un beta-lecteur fort sympathique! :)

J'aimerais beaucoup que ma réécriture soit associable à une discussion autour d'un café. Mais je pense que j'ai encore des croûtes à manger! Ou je suis plus ostineux de nature! ;)