mercredi 19 novembre 2014

Première expérience de conte sur une grande scène

Je vais revenir sur le spectacle Ondes de choc présenté le vendredi 14 novembre au Centre des arts du Yukon. Pour ceux qui l'ignorent, c'est le grand rassemblement culturel de la communauté franco-yukonnaise. De nombreux artistes participent à ce spectacle multidisciplinaire. D'ailleurs, ça a été mon premier contact avec la culture d'ici lors de mon arrivée l'an dernier (je n'étais pas en sol yukonnais depuis une semaine lorsque j'ai assisté à l'édition 2013 du spectacle).

Comme j'étais de la distribution avec deux contes (un dans chacune des deux parties), je ne suis pas bien placé pour donner mes impressions sur le spectacle, mais les commentaires que j'ai entendus des différents spectateurs (ils étaient 170 au total) me laissent croire que le spectacle a été apprécié. Théâtre, chanson, musique, court-métrage et même danse du feu, il y en avait pour tous les goûts.

De mon côté, j'ai adoré l'expérience. J'avais deux histoires fort différentes et pourtant semblables qui touchaient au thème de la soirée : « L'art est partout ». Le premier texte a été écrit pour l'occasion : Tous des faits divers. C'est l'histoire plutôt sombre d'un journaliste retraité qui, toute sa vie, s'est spécialisé dans les faits divers. Un jour, il se découvre un don : il peut voir les drames avant même qu'ils ne se produisent. Le deuxième texte, L'homme qui faisait pousser des mots, est plus rôdé puisque je l'avais exécuté dans différents événements. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le récit d'un fleuriste qui fait pousser des mots. En fait, il entoure les graines de fleurs d'un papier sur lequel il écrit un mot. En poussant, la fleur devient le mot. Placé dans un bouquet avec d'autres, ça forme une phrase qui devient un charme puissant qui peut unir deux cœurs à jamais.

Pour moi, c'était un soir de première : première fois que j'étais payé pour offrir une performance, première fois devant autant de gens et, surtout, première fois sur une vraie scène. La plupart du temps, quand j'ai fait du conte, c'était dans des salles plus intimes. Le résultat : j'ai adoré! Il y a quelque chose de grisant à se produire devant autant de gens.


Bon, il y a eu un pépin technique lors du premier conte. Il devait y avoir un peu d'éclairage chez les spectateurs pour que je puisse voir les gens et créer des contacts visuels, toutefois les techniciens ont oublié la lumière. Je voyais… absolument rien. Je distinguais à peine des ombres mouvantes dans la salle. Dans les circonstances, ça a bien été. Surtout que c'était du nouveau matériel. Mais l'absence de lien direct m'a dérangé. Surtout que le texte était sérieux et donc que je provoquais peu de rire ou de réactions qui m'auraient permis de constater que les gens étaient bien avec moi.

Pour le deuxième texte, ça a été différent. La lumière était allumée, je maîtrisais mieux les subtilités du texte, j'étais plus détendue et le texte comportait davantage de touches d'humour, ce qui facilitait la connexion avec les gens. Lorsque je conte, les premières phrases et les dernières sont coulées dans le béton, mais je me permets de jouer avec le reste. Disons que d'une fois à l'autre, ça peut bouger de 10 à 20 %. Là, je sentais que les gens avaient le goût de rire, alors j'ai appuyé à fond sur cet aspect et les gens ont répondu à l'appel. Je n'ai pas changé le fond, mais ajouté des petites touches, mis l'accent sur certains aspects, joué avec le rythme, l'intonation.

Plus que jamais, je suis convaincu que je veux continuer dans cette voie. D'ailleurs, j'ai un projet un peu fou qui prend forme… mais bon, c'est encore très abstrait, alors j'y reviendrai quand ça se précisera.

1 commentaire:

Carl Rocheleau a dit...

Très intéressant, ça. Un projet de fou, hein? Tu m'étonnes ;)