jeudi 23 juin 2016

Pour plus de peur

J'ai déjà parlé du concept d'émission Les Visages de la peur, un projet que j'aimerais réaliserJ'ai même tourné un épisode test avec Jonathan Reynolds. J'attends encore des nouvelles pour voir si (et comment) ce projet peut prendre vie à l'écran.

Par contre, en creusant le concept, j'ai eu l'idée d'une revue/anthologie qui permettrait de mettre en valeur nos auteurs horrifiques. J'aimerais avoir vos avis pour voir si ça fait du sens et s'il y aurait de l'intérêt pour les lecteurs. C'est aussi l'occasion de me partager vos idées. Je sais qu'en ce moment, on a moins tendance à réagir sur les textes de blocus et sur les messages Facebook, mais j'apprécierais beaucoup d'avoir une rétroaction sur ce coup-là.



En gros, j'imaginais publier un ou deux volumes par année. Chaque numéro comprendrait une entrevue en profondeur avec l'auteur qui parlerait de ses méthodes de travail, de ses inspirations et jetterait un regard critique sur sa propre production.

Ensuite, il y aurait cinq ou six textes de l'auteur parmi les meilleurs de sa production (mais qui n'ont jamais été publié dans un volume), un ou deux textes inédits et le scénario d'un court-métrage (ça, c'est dans la mesure ou le projet d'émission fonctionne).

Il pourrait aussi y avoir un survol critique des livres de l'auteur ou, du moins, une présentation de sa production. Ici, le concept n'est pas encore clair dans ma tête. Est-ce que vous trouvez que ce serait pertinent ou non? Sous quelle forme?

Est-ce que c'est un projet qui vous intéresserait suffisamment pour vous abonner ou acheter un ou deux livres par année?

Quels auteurs aimeriez-vous lire dans ce type de projet? (Je rappelle ici que ça se concentrerait sur des auteurs d'histoires de peur.)

lundi 20 juin 2016

Sur la route des contes

Le 18 juin, avec quatre collègues du Cercle de conteurs de Québec (Bernard Crustin, Geneviève Marier, Martin Savoie et Claire-Lise Eminet), je participais à une randonnée contée au Parc du Domaine Taschereau à Sainte-Marie. Concrètement, les spectateurs étaient conviés à un pique-nique familial dès 17 h 30 et à 19 h 30 on les invitait à une promenade dans un sentier pédestre avec quelques arrêts dans des haltes stratégiques pour qu'un conteur leur partage une histoire. On a eu droit à une superbe température et les visiteurs ont été nombreux (j'ai compté plus d'une centaine de spectateurs de tous âges). Le thème de la soirée était « Le cycle de la vie » et comme il s'agissait d'une activité familiale, les contes s'adressaient à tous les groupes d'âge.



De mon côté, je faisais « Une dernière enjambée », un conte que j'ai déjà fait devant public deux fois (la première, au Yukon, et la deuxième à Mont-Laurier lors du Congrès Boréal). Je commence vraiment à trouver mon rythme avec cette histoire à force de la pratiquer. J'utilise mieux mes silences et me sers davantage des nuances de ma voie. D'ailleurs, pour la première fois, j'ai conté assis. J'avais fait des tests en ce sens en pratique et j'avais découvert que j'utilisais alors mieux mon corps et que ma voix était plus posée.

Le public était super réceptif et dans l'ensemble je suis satisfait de ma performance même si j'ai eu droit à une épreuve inusitée. En effet, au quart de mon récit, j'ai entendu des bruits peu subtils qui annonçaient que quelqu'un vomissait. En me retournant, j'ai découvert que le malade était un de mes fils (mon plus jeune)… qui était dans les bras de sa mère. Un instant, je me suis demandé comment réagir. Mais comme ils étaient un peu à l'écart et que la plupart des gens ne s'en sont pas rendu compte, j'ai continué mon histoire. Et ça s'est bien passé. Mes deux grands qui étaient assis devant moi n'ont rien vu aller. D'ailleurs, pour mon plus vieux, Jonathan, c'était la première fois qu'il me voyait conté devant public. Il a adoré l'expérience. Lui et Dominic ont écouté tous les contes avec attention et m'ont dit qu'ils voulaient revenir au prochain événement.

Un petit mot sur le site. J'ai eu droit à un décor somptueux pour conter. J'étais installé dans un observatoire à oiseaux qui surplombe un étang et le coucher de soleil se jetait dans l'eau au moment où je me suis installé. Magique!


jeudi 16 juin 2016

Ma vie Rouge Kubrick

J'ai lu un ovni littéraire dernièrement, Ma vie Rouge Kubrick de Simon Roy. Ce n'est pas une nouveauté, le livre est paru en septembre 2014 et a gagné le Prix des libraires du Québec en 2015. Par contre, malgré les critiques positives que j'ai lues sur ce livre, ça a pris un moment avant de me le procurer. Je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt. 



Voici le résumé de l'éditeur : « The Shining, de Stanley Kubrick, cette histoire étrange située dans un hôtel où s'installent hors saison un écrivain, sa femme et leur garçon aux pouvoirs extrasensoriels, a impressionné une foule de spectateurs depuis sa sortie en 1980. C'est à l'âge de dix ans que Simon Roy a découvert ce film, médusé par une réplique : « Tu aimes les glaces, canard ? » Depuis, il l'a revu au moins quarante-deux fois, sans doute parce qu'il « contient les symptômes tragiques d'une fêlure » qui l'habite depuis des générations. La relation méticuleuse entretenue avec le maléfique récit lui aura permis d'intégrer les éléments troubles de sa « généalogie macabre », d'en accuser le coup. Un ouvrage singulier, stupéfiant. »

En effet, il s'agit d'un ouvrage singulier. Ce n'est pas un roman, mais ça se lit comme si c'en était un. Ce n'est pas un essai, bien que par moment, ça en soit un sur l'œuvre de Kubrick et, surtout, sur le film The Shining. Ce n'est pas un témoignage ou un fait vécu, bien que l'auteur s'y mette à nue et parle de sa « généalogie macabre », les malheurs qui ont touché sa famille et particulièrement sa mère jusqu'à son suicide. Le tout est raconté sans fausse pudeur. Bref, ce livre est plus facile à définir par ce qu'il n'est pas que par ce qu'il est. En effet, c'est plein de choses à la fois. Heureusement, l'auteur évite l'effet fourre-tout ou patchwork et offre un tout cohérent, sensible et, pour tout dire, fascinant. Cela faisait longtemps que je n'avais pas dévoré un livre à cette vitesse. Chaque chapitre, très court, a son rythme et son ambiance propre et la première chose dont on se rend compte, c'est qu'on a lu le suivant et l'autre d'après et… je crois que vous avez compris le principe.

Je crois que j'ai déjà croisé Simon Roy dans un salon du livre et je sais qu'on a des connaissances communes, pourtant je ne le connaissais pas. J'avais lu certaines de ses critiques dans Alibis, mais sans plus. Je peux dire que maintenant, j'ai bien l'intention de lire son prochain livre. En attendant, je crois que je vais réécouter The Shining

mardi 14 juin 2016

Choisir son éditeur

Lorsque je parle avec de jeunes auteurs, il n’est pas rare qu’ils me disent qu’ils ont envoyé leur manuscrit à dix éditeurs différents. Je comprends la logique derrière ce choix : le but est de gagner du temps et de maximiser ses chances de réussite. Par contre, je ne crois pas à la pertinence de cette façon de faire… à moins que l’auteur ne connaisse bien la production des dix éditeurs en question et qu’il ait envie de travailler avec chacun d’entre eux. Car, au risque de choquer certains, non tous les éditeurs ne se valent pas. 



Certains se spécialisent dans un domaine précis. Si vous leur envoyez un excellent manuscrit dans un autre genre, ils vont automatiquement le refuser. Vous leur faites ainsi perdre leur temps en plus du vôtre.  Il y a aussi des éditeurs qui ont une approche qui ne vous rejoint pas. Petit conseil, commencez par lire certains livres de la production d’un éditeur avant de l’approcher. Si vous n’aimez pas ce qu’il fait comme travail, ne lui soumettez pas votre livre. En effet, le travail avec le directeur littéraire est essentiel à la réussite d’un livre. Si sa vision ne rejoint pas la vôtre, les résultats vont s’en ressentir et, au final, c’est votre nom qui sera écrit sur la couverture du livre. Assurez-vous d’être fiers de ce qu’il y a dedans. Sans compter que c'est beaucoup plus facile de faire confiance en quelqu'un dont on reconnait les capacités professionnelles.

Il y a aussi des éditeurs qui sont tout simplement… médiocres. Comment les identifier? Encore une fois, lisez ce que fait un éditeur avant de publier chez lui (si vous devez retenir un point de cet article, c'est celui-ci). Vous pouvez aussi faire une recherche en ligne pour voir s’il y a de la controverse autour de cet éditeur (par exemple s’il adopte certaines pratiques douteuses comme celles qui ont été soulevées par un reportage de l’émission Enquête ce printemps).

vendredi 10 juin 2016

Les meilleurs livres d’horreur québécois

Un ami me demandait dernièrement de lui nommer les meilleurs livres d’horreur québécois que j’ai lus. Je lui ai donné quelques titres, mais il m’a amené à aller plus loin. J’ai donc dressé une liste (qui, je le crains, omet certains bons livres) et, tant qu’à l’avoir faite, je me suis dis que ce serait une bonne idée de la partager avec vous.


À noter que les livres ne sont pas présentés en ordre de préférence, mais bien en ordre alphabétique.

À l'intention des ombres, de Frédérick Durand
Agonies, collectif
Aliss, de Patrick Senécal
Au rendez-vous des courtisans glacés, de Frédérick Durand
Benoit (série Cobayes), de Carl Rocheleau
Bizarro, collectif
Chant pour enfants morts, de Patrick Brisebois
Demonica, d’Hervé Gagnon
Écorché, collectif
Entre les bras des amants réunis, de Claude Bolduc
Exodes, collectif
Jardin de chair, de Frédéric Raymond
Kassauan, d'Alain Gagnon
La légende de McNeil, de Jonathan Reynolds
La mémoire du lac, de Joël Champetier
La peau blanche, de Joël Champetier
Là-haut sur la colline, de Claude Bolduc
Le Corbillard, de Brian Eaglenor
Le protocole Reston, de Mathieu Fortin
Le quartier des oubliés, de Madeleine Robitaille
Le sabbat des éphémères, d'Ariane Gélinas
Les cités intérieures (trois tomes), de Natasha Beaulieu
Les tumultes de mon sang, Stanley Péan
Les villages assoupis (trois tomes), d'Ariane Gélinas
Les Yeux troubles et autres contes de la lune noire, de Claude Bolduc
L'Ile des cigognes fanées, de Frédérick Durand
Maleficium, de Martine Desjardins
Malphas (quatre tomes), de Patrick Senécal
Mort-Terrain, de Biz
Nuits blêmes, de Daniel Sernine
Olivier (série Cobayes), d'Yvan Godbout
Quand s'éteindra la dernière chandelle, de Frédérick Durand
Sur le seuil, de Patrick Senécal
Une fêlure au flanc du monde, d’Éric Gauthier
Zombi Blues, de Stanley Péan



mardi 7 juin 2016

Des spectacles à venir

Depuis mon retour au Québec, je me suis promis de laisser au place plus importante au conte dans ma vie et, jusqu'à maintenant, ça se passe plutôt bien.

Je vais participer à un spectacle organisé par le Cercle des conteurs de Québec le 18 juin au Parc Taschereau à Sainte-Marie (à côté de la Chapelle Sainte-Anne). Je serai accompagné de conteurs talentueux : Claire-Lise Eminet, Geneviève Marier, Martin Savoie et Bernard Crustin. Ce sera un spectacle qui s'adresse aux petits comme aux grands et le tout va commencer par un pique-nique familial à 17 h 30. L'activité proprement dite va prendre son envol vers 19 h 30 pour se terminer deux heures plus tard. Les spectateurs seront invités à se promener sur le site, car chaque conteur sera placé à une station différente. La dernière étape se fera à la Chapelle. S'il pleut, l'activité aura lieu dans la Chapelle. L'accès à l'activité est gratuite et une contribution volontaire sera demandée (traduction : quelqu'un va passer le chapeau à la fin).




Sinon, le 3 septembre, je vais présenter un spectacle solo dans la région de la Mauricie. Le concept est unique : un conteur et des spectateurs réunis autour d'un feu de camp dans des ruines d'un site historique. Pour cet événement, je vais changer mon répertoire et vous offrir des histoires d'horreur. Ce projet m'emballe au plus haut point. Je vous en reparle sous peu.