mardi 31 mai 2016

Le piège de Lovecraft

J’ai toujours été fasciné par l’œuvre de Lovecrat. Cependant, ce qui m’impressionne le plus, c’est de voir l’influence qu’il a eu sur les auteurs, les cinéastes et les bédéistes qui ont suivi. C’est pas pour rien que j’avais entreprit un doctorat sur l’adaptation cinématographique de son œuvre. Alors quand j’ai entendu parler du roman d’Arnaud Delalande, Le piège de Lovecraft, ma curiosité a immédiatement été piquée. Imaginez, un roman lovecraftien qui se déroule à Québec et même à l’université que j’ai fréquentée lors de mes trop longues études. 



C’est l’histoire de David, un étudiant en littérature à l’Université Laval. Après avoir assisté au carnage commis par un de ses camarades, David essaie de comprendre ce qui s’est passé. Cela va l’entraîner sur les traces d’un groupe d’adeptes d’un jeu en ligne mystérieux, le Cercle de Cthulhu. Les membres du groupe sont reconnaissables au tatouage qui se trouve sur leur poignet. Il va aussi se lancer dans une recherche sur les livres maudits, plus particulièrement du Nécronomicon. Il va rencontrer différents spécialistes, jusqu’à Stephen King et même August Derleth. Il va aussi rencontrer d’autres joueurs qui, comme son ami, vont sombrer dans la folie et commettre des crimes violents. Lui-même va commencer à douter de sa santé mentale… 

Tout (en fait, 90% du livre) est raconté à la première personne et, dès le début, on sait que le narrateur est maintenant enfermé dans un asile psychiatrique. On peut donc voir ce récit comme le délire d’un schizophrène paranoïaque, ce qui est une lecture qui se tient. 

Ce livre est quelque part à mi-chemin entre le roman, l’étude sur Lovecraft et la réflexion sur l'écriture. Comme le personnage est un chercheur et qu’on suit le déroulement de son exploration, on a en quelque sorte une réflexion sur l’œuvre de l’écrivain de Providence. C’est bien fait, bien amené (la plupart du temps) et intéressant à lire. Seulement, cette approche rend d’autant plus condamnable les quelques erreurs qui s’y trouvent, entre autres lorsqu’on parle du recueil Le roi en jaune comme d’un roman de R. W. Campbell (à la page 100 de l’édition Le livre de poche), alors que l’auteur est Robert W. Chambers. 

Toutefois, il ne s’agit pas d’un essai, mais bien d’un roman et, à ce titre, Le piège de Lovecraft m’a plu, malgré ses défauts. Le style est alambiqué par moment, un peu comme celui du maître. On est clairement dans le pastiche ici et c’est parfois trop appuyé, malgré plusieurs clins d’œil intéressants. Un peu comme dans le cas de Lovecraft, on se dit souvent que cela ne devrait pas fonctionner, que l’écriture est trop lourde ou trop intellectuelle, pourtant, ça fonctionne. Il y a quelques scènes d’une redoutable efficacité et on se laisse gagner par le mystère. 

J’avais hâte de lire un roman lovecraftien qui se passait pour ainsi dire dans ma cour, mais à mon sens c’est le plus grand défaut du livre. Il y a plusieurs erreurs géographiques dans le livre : le chemin Sainte-Foy devient la rue Sainte-Foy, il semble y avoir une confusion entre l’université Laval et l’université de Laval (d'ailleurs, par moment, on a l'impression que Laval est un quartier de Québec puisqu'un des personnages est enfermé au penitencier de Laval) et, pour tout dire, on a l’impression que l’auteur ne connait pas bien la région qu’il décrit. De plus, le personnage principal est souvent trop passif et l’intégration des informations glanées pour sa recherche se fait parfois difficilement. Aussi, j’ai été dérangé par le fait qu’aucun personnage n’a de nom ou de prénom usuel au Québec… même si cela s’explique en partie par la conclusion du livre. Sinon, mon plus gros bémol en ce qui concerne le récit vient du début sous forme d’échange de courriels avec Michel Houellebecq. En toute honnêteté, je ne suis pas convaincu de la pertinence de ce passage qui m’a semblé plus faible. 

Cela dit, je suis ressortie de ma lecture avec une impression générale favorable. Cette histoire se termine sur une belle mise en abyme et la vision du Nécronomicon qui est offerte amène à réfléchir (surtout pour les écrivains ou les créateurs).  

Retour sur l'aventure Cobayes

Les éditions de Mortagne ont lancé à l’automne la série Cobayes. Sept auteurs devaient écrire un roman à partir d’une même mise en contexte : des gens acceptent de tester une molécule, la Chlorolanfaxine, développée par les Laboratoires AlphaLab. Seulement, ce médicament censé aider ceux qui souffrent de troubles anxieux et de dépendance, entraîne des effets secondaires insoupçonnés qui mèneront les patients dans l’horreur. 

La série presque complète... mon exemplaire d'Anita est demeuré caché, trop gêné pour participer à la séance de photo.

Comme le dernier bouquin de la série, Cédric, est paru ce printemps, je pensais que ce serait intéressant de revenir sur cet ambitieux projet. Les couvertures, d’une facture très cinématographique, sont une des grandes réussites du projet. Chaque livre est un bel objet qui donne envie d’être découvert. De plus, les médias sociaux ont été utilisés à bon escient pour faire la promotion du projet, notamment pour diffuser les bandes annonces de chaque livre. De plus, plusieurs auteurs de talents ont été rassemblés autour de ce projet.

Plusieurs des livres de la série sont bons et même très bon, malgré tout, l’ensemble souffre de faiblesse. La principale est que la série n’est pas meilleure que la somme de ses parties. Chaque livre suit un modèle similaire : le personnage (ou les personnages dans le cas de Sarah et Sid) a besoin d’argent, il voit la publicité sur l’étude pharmaceutique, puis on suit l’histoire entrecoupée des différentes injections alors que le cobaye connait une descente aux enfers. Cela donne un effet répétitif, surtout lorsqu’on lit deux livres de façon consécutive. De plus, il manque de lien entre les différents livres qui auraient permis de développer l’arrière-fond qui demeure au final assez flou. Les éditeurs ont réussi à créer des attentes en annonçant un chapitre final à la fin de chaque volume. Le concept était génial : il y a une lettre à la fin de chaque livre, après les avoir tous lus, on prend les lettres pour former un mot que l’on inscrit sur un site Internet pour avoir accès à ce chapitre tant attendu. Seulement, les réponses sont TRÈS décevantes. Les personnages clés sont évacués de l’équation et les raisons pour justifier cette expérience m’ont apparu très faibles.

Cela dit, malgré ce constat sévère, j’ai apprécié presque tous les livres de la série à différents niveaux et il y a là quelques scènes d’anthologie dans le domaine du gore et de l’horreur.

Voici un petit résumé des différents livres présentés en ordre chronologique de parution :

Anita, de Marilou Addison : Anita est une femme carencée au possible qui souffre d’anorexie. Si elle décide de participer aux essais cliniques pour une étude pour contrôler l’anxiété, c’est seulement pour une raison : un des effets secondaires annoncés est la perte de poids. Elle voit ainsi un moyen d’atteindre le poids symbolique de 100 livres. Seulement, des effets imprévus auront des conséquences sur sa vie. D’abord, une violence qui la gruge de l’intérieur. Et une faim impérieuse, qu’elle se doit d’assouvir. Un appétit immense pour la viande, de plus en plus saignante.

Je dois admettre que j’ai eu de la difficulté à me plonger dans ce récit raconté du point de vue du principal protagoniste, car Anita est réellement antipathique. Cela nuit à l’identification. Par contre, la plume de l’auteur a quelque chose d’envoûtant et, après quelques pages, je me suis retrouvé happé par ce récit, à toujours vouloir savoir ce qui va se passer ensuite. Il s’agit d’une histoire d’horreur psychologique. Le rythme est bon, le suspense prenant et il y a quelques scènes horribles à souhait (bien que l’auteur ne verse jamais dans la surenchère de détails sanglants).

Sarah et Sid, d’Ève Patenaude : Ancienne danseuse de ballet, Sarah gagne maintenant sa vie par la danse… la danse érotique dans un bar louche. Quant à Sid, sous ses dehors de beau gosse bien dans sa peau, il est hanté par la mort de son ami Charlie. Ses deux écorchés de la vie vont se rencontrer et tomber en amour. Pour rembourser une dette de Sarah, ils vont accepter de participer à l’étude d’AlphaLab… pour leur plus grand malheur.

Mon livre préféré de la série même s’il est l’un de ceux qui verse le moins dans l’horreur. Il s’agit plutôt d’un thriller d’excellente facture. La psychologie des personnages est bien développée, tout comme leur vie en dehors des études cliniques. L’écriture d’Ève Patenaude est très précise et elle rend bien les émotions de ses personnages. Le seul défaut à mon sens est une vision disons… hollywoodienne du piratage informatique. Sinon, un sans faute ou presque.

Yannick de Martin Dubé : Yannik est la gentillesse incarné. Jamais en colère, toujours prêt à aider les autres. Pour venir en aide à sa sœur et à son neveu, il va accepter de participer à l’étude d’AlphaLab, histoire d’amasser de l’argent rapidement. 

De loin, de très loin, le livre que j’ai le moins aimé de la série. L’humour potache de cette histoire m’a exaspéré. Le même procédé revenait tout le temps : le personnage échafaudait un plan horrible… et ce n’était qu’un rêve. De plus, il n’y a ni suspense véritable, ni scène d’horreur. En fait, ce livre semblait déplacé dans cette série.

Benoît de Carl Rocheleau : Amateur de cinéma en général et de Tarantino en particulier, Benoît arrive à Montréal sans le sous, encore sous le choc de sa dernière rupture amoureuse. Bien vite, il découvre un moyen de faire de l’argent en servant de cobaye pour des tests pharmaceutique, puis il tombe sur Mini, une jeune asiatique qui l’héberge et deviendra bien vite son amoureuse. 

Voilà un excellent livre. L’auteur sait créer le suspense et offre une belle gradation dans l’horreur. La psychologie de ses personnages est bien développée. En fait, mon seul bémol concerne la fin. Je sais que l’explosion d’action est une forme d’hommage à Tarantino, mais la fin m’a semblé trop rapide. D’autant plus qu’elle ouvre sur de nouvelles possibilités dans la série qui non seulement ne seront pas développés par la suite, mais qui entre en contradiction avec le Chapitre final.

Olivier d’Yvan Godbout : Olivier est marqué par la mort de son frère jumeau. D’ailleurs, il en garde des traces dans son corps marqué par les cicatrices. Ses parents l’ignorent et il souffre de troubles anxieux. Il souhaite changer de vie, quitter son emploi minable, déménager de la maison familiale et, surtout, guérir. C’est dans cet objectif qu’il accepter de jouer les cobayes pour AlphaLab… pour son grand malheur.

Il y a plusieurs maladresses dans la narration, les dialogues ne sonnent pas toujours juste et l’histoire souffre de quelques clichés. Par contre, du côté de l’horreur, Yvan Godbout a repoussé la limite de la série en y ajoutant quelques scènes gore mémorables et, au final, je suis sortie de ma lecture satisfait. 

Elliot de Madeleine Robitaille : Elliot travaille à temps partiel dans une pharmacie. Asocial et sans ami, il se complait surtout dans son monde intérieur. Et, lorsque les pensées ne sont plus suffisantes, il tue une nouvelle femme et écrit une nouvelle à partir de son expérience, ce qui peut le soutenir pendant des jours, des semaines, des mois, jusqu’à ce que sa faim soit trop grande et qu’il tue de nouveau. Pour aller au bout de ses fantasmes, il voudrait terminer les travaux de sa pièce insonorisée. Et c’est là qu’il voit l’offre d’AlphaLab, le moyen idéal d’amasser de l’argent rapidement et sans effort.

Le modèle de la série est pris à contrepied. Alors que les autres livres nous montrent la descente aux enfers de gens normaux, ici, on voit un psychopathe sur le chemin de la rédemption… Les cinquante premières pages m’ont dérangé, car j’avais l’impression que le personnage passait son temps à se justifier. L’action parlait pour lui et l’auteur aurait dû laisser le lecteur se faire sa propre opinion. Il y a aussi la finale qui m’a semblé un peu artificielle. Par contre, entre les deux, on a droit aux meilleurs moments de la série avec des scènes très dures et un suspense prenant.

Cédric d’Alain Chaperon : Cédric est un fumeux de pot sans ambition qui passe sa vie dans les histoires des autres que ce soit par les livres ou les films. Il est aussi le rédacteur du Blogue du Cobaye qui lui permet de partager sa vision du monde. Pour arrondir ses fins de mois, il joue les cobayes pour différentes compagnies pharmaceutiques, ce qui l’amène à répondre à l’annonce d’AlphaLab. Dans un premier temps, le produit aura des effets positifs sur sa vie, l’amenant à prendre confiance en lui. Il va même amorcer une relation amoureuse avec une ancienne vedette d’émission pour enfants. Puis, avec des doses plus fortes, il va devenir un monstre d’ambition et d’orgueil.

Alain Chaperon signe le livre le plus léger de la série après Yannik et, d’après moi, la légèreté ne se mêle pas bien à l’expérience Cobayes. S’il s’en tire mieux que Dubé, l’auteur ne réussit pas à remplir le mandat de la série et on se retrouve avec une critique sociale agréable à lire, mais qui manque de rythme. En fait, le contrat tacite avec le lecteur est rompu : il n’y a pas d’horreur dans ce livre, ou si peu, et il manque de suspense. Malgré tout, l’auteur possède une belle plume et le livre est agréable. 

jeudi 26 mai 2016

Les murmures s'élèvent dans la nuit…

La prévente des Six Brumes a décollé en flèche. Avec 34 jours à faire, on est déjà à 98 % du troisième objectif, soit d'amasser 5 000 $. Rappelons que cette année, il y a trois nouveautés chez cet éditeur dynamique de l'Estrie : le collectif d'auteurs de la Mauricie Les Murmurantes, le recueil de Daniel Sernine Ce qui reste de démon (la suite du recueil Petit démon paru chez le même éditeur) et Entre deux mondes de la jeune Laetitia Chicoine. Par contre, il faut continuer nos efforts pour passer à l'étape suivante, soit d'amasser 6 000 $, ce qui permettrait de financer complètement la production annuelle. 

Aujourd'hui, je vais revenir sur le projet Les Murmurantes. Voyez-vous, les sorciers de la Mauricie, sous le couvert d'une belle confrérie, se mènent une lutte fratricide. Il y a trois clans arcaniques, le duo de Trois-Rivières et Maskinongé (Michel Châteauneuf et Mathieu Croisetière), le duo de Mékinac (Frédérick Durand et Raphaëlle B. Adam) et le duo de la Haute-Mauricie (Ariane Gélinas et François Martin). Dans cette guerre sans merci, personne ne peut demeurer dans le camp des indécis, alors j'ai dû prendre position. Bien que l'équipe de chocs de Trois-Rivières promet des émotions fortes et que celle de la Haute-Mauricie invite à une aventure aux accents envoûtants, je me range derrière celle de Mékinac puisqu'on y retrouve un vétéran aguerri des genres de l'imaginaire et une jeune auteure pleine de promesses.



Frédérick Durand, le wurdalak de Saint-Tite, est un des auteurs les plus dérangeants au Québec. Il a une plume affûtée et excelle dans la mise en œuvre d'ambiance malsaine. Je vous invite fortement à découvrir ses petites perles maléfiques dans son excellent recueil À l'intention des ombres ou dans ses récents livres Le Rendez-vous des courtisans glacés et Quand s'éteindra la dernière chandelle. Dans son histoire, il nous invite au Festival de Saint-Tite. Dans cette édition, les figures mythiques de l'univers western prennent vie et veulent prendre la place des vivants. 

Raphaëlle B. Adam, la shamane de Saint-Adelphe, est une jeune auteure talentueuse qui commence à faire sa marque dans le domaine de la littérature fantastique (et de la littérature noire). On a pu la découvrir dans Alibis, dans Solaris et dans Clair/Obscur. Dans son texte pour Les Murmurantes, elle nous convie à Saint-Adelphe où une artiste à la santé fragile veut se ressourcer. Elle se retrouve malgré elle dans une enquête concernant la disparition d'un bébé.

On peut lire les résumés complets des deux histoires toujours sans titre (comme quoi Lovecraft avait raison et certaines horreurs ne peuvent être nommées) en suivant ce lien.

lundi 23 mai 2016

Retour de Boréal

Je suis de retour du Mont-Laurier en un seul morceau. Fatigué, oui, mais des projets pleins la tête, comme d'habitude. Je tiens à féliciter les organisateurs qui ont mis en place une programmation diversifiée et intéressante. Comme j'étais avec mon fils Dominic, je n'ai pas assisté aux mêmes types d'activités que d'habitude (j'ai assisté à une seule table ronde et au concours de maltraitement de texte), par contre ça m'a permis de voir des activités qui, d'habitude, sont moins dans mon champ d'intérêt.

Le week-end est pourtant parti du mauvais pied. Je participais à une soirée de contes le vendredi soir. Fiston avait hâte de m'entendre sur scène pour la première fois et, de mon côté, j'attendais avec impatience (et une certaine nervosité) de partager cet aspect de ma vie de créateur avec mes collègues. Sauf que j'avais mal prévu mon déplacement. Selon mon GPS, je devais arriver un peu avant 18 h, ce qui me laissait une heure pour prendre possession de ma chambre d'hôtel et manger un morceau avant la représentation. Finalement, avec le trafic, je suis arrivé 8 minutes avant le spectacle. Pas la peine de dire que cela m'a énervé plus qu'autre chose. Cela dit, malgré quelques erreurs techniques, je suis satisfait du résultat. J'étais particulièrement heureux qu'Éric Gauthier soit présent puisque c'est après l'avoir entendu que j'ai eu envie de faire du conte à mon tour.



Le lendemain, c'était la journée ludique. Avec fiston, on a écouté Le prestige. J'aurais aimé assister à la conférence avec Christopher Priest après, mais ce n'était pas réaliste avec mon petit pirate. On s'est plutôt préparé pour la mascarade, un événement qui a beaucoup plu à fiston. Surtout qu'il a pu chasser des zombis et rencontrer la princesse Leia.

En soirée, j'ai soupé avec Eric Gauthier et Natasha Beaulieu et on a discuté de la difficulté de se vendre comme auteur, mais aussi du paradoxe de l'artiste-travailleur autonome.

Le lendemain, Dominic a montré des signes de fatigue, surtout que j'étais sur le jury du concours d'écriture sur place avec Julie Martel. Je dois dire que j'ai été impressionné de voir ce que les gens peuvent pondre en si peu de temps, d'autant plus que c'est loin d'être ma spécialité. Dominic a adoré le film Koriganed, mais il a trouvé que mes salutations d'avant-départ étaient trop longues. À l'inverse, je les ai trouvées trop courtes.

Est-ce que je vais retenter l'expérience d'amener mon fils? Oui et non. L'an prochain, le Congrès aura lieu à Québec. Je vais donc l'amener une journée ou une demi-journée pour la mascarade et certaines activités. Mais trois jours, c'était trop longs et de mon côté, cela ne m'a pas permis de parler avec tous ceux que je voulais voir (et, quand je l'ai fait, ce fut trop court). Cela dit, il a beaucoup aimé son expérience, surtout de dormir à l'hôtel avec papa et d'aller au restaurant à tous les repas…

On parle, encore, de L'Arracheur de rêves et d'Écorché

Même si L'Arracheur de rêves n'a pas reçu le prix Boréal du meilleur ouvrage connexe tout comme Dans ses pas dans la catégorie de la meilleure nouvelle, j'ai eu de nombreux bons commentaires ce week-end, sur le conte présenté vendredi, sur Ce n'est pas un conte de fées et sur L'Arracheur de rêves. D'ailleurs, le vendredi soir, j'ai appris par hasard que L'Arracheur de rêves était mentionné dans un article sur Les dix visages des littératures de l'imaginaire. Et, à mon retour, on m'a appris qu'il y avait un article de blogue signé David Magny sur mon livre.

Aussi, il y a une critique d'Écorché, et donc de Ce n'est pas un conte de fée, dans le dernier numéro de Brins d'éternité. L'article est signé Valérie Bédard et on y glisse de bons mots sur mon texte : « Ce dernier gagne la palme du texte le plus gore; j'avoue que j'ai trouvé cette histoire très dure, mais aussi très intéressante. L'auteur amène de nouvelles idées sur le thème du tueur en série qu'on tente de guérir par la science. » Et, concernant le livre, elle ajoute : « Bref, un livre solide et dur, qui charmera les vrais amateurs de gore. »



Bref, d'autres encouragements à continuer. On les prend tous.


jeudi 19 mai 2016

Un nouveau projet

Pour le moment, je n'en ai parlé qu'à quelques rares personnes, mais je me sens prêt à faire mon coming out : depuis quelques semaines, je travaille sur un gros projet qui n'a aucun rapport avec la littérature, le fantastique, l'horreur, le polar ou le conte (ce qui ne m'empêche pas d'avancer mes projets de fiction… ça se fait juste plus lentement). En effet, je suis actuellement en phase de prédémarrage de mon entreprise : Lafrance Communication.



Petite mise en contexte avant de parler des services que je compte offrir. Depuis mon retour du Yukon, je me suis beaucoup questionné sur ce que je voulais faire dans les prochaines années. J'ai regardé les offres d'emploi, mais il y a très peu d'endroits où je me voyais à long terme. Alors, j'ai commencé à me questionner sur ce qu'était l'emploi idéal pour moi. Et, au final, j'ai décidé de le créer. Ça me semblait la voie logique, surtout que j'ai déjà été propriétaire d'une entreprise avant (Publications Beauce-Nord) et que cela me permet d'être à la maison le matin au départ de mes enfants pour l'école et le soir à leur retour puisque mon bureau est à même ma résidence. 

Lafrance Communication est une entreprise qui se spécialise en rédaction et en gestion des médias sociaux. Je vise surtout le marché des PME et mon objectif est de devenir leur département de communication sociale à l'externe. En effet, si la plupart des grandes entreprises ont trouvé leur place dans l'univers 2.0 en investissant des sommes importantes (en grande partie pour les ressources humaines), plusieurs PME ont plus de difficultés à suivre. Certains se sont fait savoir avec la notion de gratuité. Si la technologie est gratuite, l'obtention de résultats dans ce domaine ne se fait pas sans investissement en temps et en argent. Sauf que rares sont les PME qui ont les moyens d'avoir un département de communication ou un spécialiste des médias sociaux à leur service. C'est là que l'idée d'avoir quelqu'un à l'externe qui offre un suivi chaque semaine devient intéressante. C'est un peu comme partager une ressource avec d'autres personnes. Ça permet d'avoir un service de qualité pour une fraction du coût de l'embauche d'un employé à plein temps. 

De plus en plus, le nerf de la guerre pour se démarquer sur les médias sociaux, c'est la création de contenu. Il faut oublier les méthodes traditionnelles qui consistaient, à peu de choses près, à bombarder les gens de promotions. 

Pour donner une image rapide, la communication sur les médias sociaux ressemble à un entrepreneur qui s'engage sur le conseil d'administration d'un organisme. Il n'y ira pas le premier soir en donnant sa carte d'affaires à tout le monde et en répétant ses promotions. Par contre, s'il développe de bonnes relations, qu'il montre sa compétence, il y a de fortes chances que les autres entrepreneurs qui siègent sur le c.a. fassent appel à ses services quand ils vont avoir des besoins dans leur domaine.

Comment transposer cela dans les médias sociaux, comment animer une conversation (terme qui reste flou pour la majorité des gens), sans perdre de vue qu'en bout de compte le but ultime reste de vendre son produit ou son service? En créant des contenus qui intéressent nos clients. Par exemple, pour une boutique de souliers de course, les clients ne s'intéressent pas directement aux chaussures. Leur passion, c'est la course. Alors, il faut leur offrir du contenu utile et intéressant sur leur domaine : l'hydratation, des conseils d'entraînement, des témoignages de coureur, des conseils pour choisir les meilleurs souliers de course (car, oui, cela fait partie d'un tout), etc. L'objectif est de se positionner comme un spécialiste dans son domaine.

Dans ma pratique journalistique, ce que je préférais, c'était de faire des entrevues avec les gens pour mettre en valeur leur expertise et rendre le texte compréhensible pour le profane. C'est un peu ce que je vais faire avec Lafrance Communication. En quelque sorte, je serai un journaliste privé.

Bien sûr, mes services vont aller au-delà de l'écriture de textes qui seront déclinés de différentes façons pour les blogues et les divers médias sociaux. Je vais proposer des formations, développer des plans de communication, mener des campagnes de promotions en ligne, etc.

Le site de l'entreprise sera prêt sous peu. Je vais y partager certains de mes trucs et conseils. Je vous tiendrai au courant en temps et lieu. Mais, ne vous en faites pas, je ne viendrai pas inonder le présent blogue avec ça.



mardi 17 mai 2016

Immersion musicale

Je n’ai jamais – ou presque – écrit avec de la musique. Je préfère habituellement le silence. Seulement, avec mes nouvelles activités professionnelles (j’en reparlerai) qui me permettent de travailler à la maison, je me suis retrouvé avec un problème : j’écris de la fiction sur le même ordinateur, assis au même bureau que pour réaliser mes tâches, comment dire, plus lucratives…

Pour changer d’état d’esprit entre de la rédaction professionnelle (et, en ce moment, de l’écriture de plan d’affaires) et la rédaction de romans ou de nouvelles, j’ai décidé de tenter l’immersion musicale.

Je me suis créé une liste de lecture pour aller avec le projet en cours. Il s’agit d’un roman que, faute de mieux, je qualifierais de cyberpunk. Eh oui, je vais me mouiller les pieds du côté de la science-fiction et sans touche d’horreur cette fois… mais avec une forte intrigue policière. En fait, je le vois surtout comme un roman policier dans un cadre futuriste. Je m’arrête ici, j’aurais bien une autre occasion de parler de ce projet.

Revenons plutôt à la liste de lecture : j’ai mélangé la bande sonore de Blade Runner (les classiques demeurent les classiques, surtout qu’il s’agit de mon film culte), d’Inception (le film qui m’a marqué le plus dans les dernières années, car il vient jouer dans ce que j’appelle « mes bibittes » et de The Crow : City of Angels (le film est ordinaire, mais j’adore la musique). Pour le moment, ça va très bien. Même que lorsque je suis en voiture et que je réfléchis à ce projet, j’ai pris l’habitude de lancer ma liste de lecture et je reviens presque aussitôt dans le bon état d’esprit.





Est-ce une technique que vous utiliser? Composez-vous une liste de lecture pour chaque projet ou avez-vous des albums qui vous accompagnent d’un livre à l’autre?

Pour mon projet suivant, un roman d’horreur, j’ai déjà commencé à réfléchir à mon accompagnement musical…

mercredi 11 mai 2016

En route vers le Congrès Boréal

Le Congrès Boréal aura lieu dans un peu plus d'une semaine, du 20 au 22 mai. Cette année, l’événement se tient à Mont-Laurier et la programmation à un côté un peu plus festif et un peu moins congrès. Cela me fait penser au festival organisé à Roberval par Hugues Morin au tournant du siècle (ça a l’air tellement plus vieux dit comme ça que de rappeler que c'était en 2000 et en 2001). J’ai donc pris la décision d’amener un invité avec moi cette année : mon fils Dominic. Ce maniaque de déguisement devrait apprécier la journée du samedi où le cosplay sera à l’honneur avec, entre autres, la mascarade. C’est donc possible qu’on me voie moins cette année dans les tables rondes (d’ailleurs, je participe à aucune d'entre elles). Mais ne vous en faites pas, vous je vais être disponible pour les discussions comme d’habitude et si vous voulez traiter d’un sujet sensible ou confidentiel, je peux vous jurer que Dominic va demeurer très discret.

Dominic (Spider Man), lors d'un Comic Con au Yukon avec son grand frère.

Le vendredi soir, je vais participer à la soirée de contes avec les Conteurs de la Lièvres. J’ai bien hâte de vivre cela. Pour l’occasion, j’ai pratiqué une histoire intitulée La dernière enjambée. C’est tiré d’un texte publié il y a quelques années dans Brins d’éternité, mais, pour être honnête, à part l’idée de départ, il ne demeure pas grand-chose du texte d’origine. Ceux qui ne pourront pas être là le 20 mai pourront aussi l'entendre le 18 juin au Parc du Domaine Taschereau à Sainte-Marie dans le cadre d'un spectacle organisé par le Cercle des conteurs de Québec (plus de détails à venir).

Le samedi matin, je serai au lancement de l’anthologie Zombi publiée par Hérôle puisque j’ai un texte dans ce collectif. Je suis bien content d’être de cette aventure puisque j’ai souvenir d’une superbe soirée d’immersion dans leur univers de morts-vivants dans la vieille prison de Trois-Rivières. J’étais d’ailleurs accompagné de plusieurs membres de la communauté SFFQ (Joël Champetier et Valérie Bédard, Natasha Beaulieu et son amoureux, Mathieu Fortin et Gabrielle Leblanc ainsi que mon amie Sandra Bellefoy). Cette nouvelle a ceci de particulier qu’elle est la rencontre de deux personnages écorchés qui sont au cœur d’un roman en cours (un road trip de zombie). Ce roman se développe un peu comme une suite de nouvelle, car il s’agit d’une histoire qui se fait sur la route, chaque arrêt est une aventure et chaque personnage à son histoire développée dans un chapitre/une nouvelle.

Sinon, je vais assister à plusieurs autres activités, à commencer par la mascarade (je vais même me déguiser pour la première fois; Dominic pense à son costume depuis quelques semaines), mais je ne peux rien garantir, je veux m’assurer que la fin de semaine soit aussi agréable pour fiston que pour moi, alors je vais m’ajuster sur place.

Cela dit, on a tous les deux hâte à nos petites vacances juste nous deux.

Un mot sur les prix Aurora/Boréal


Vendredi dernier, le 6 mai, on annonçait officiellement les nominés pour les différents prix Boréal. J’y ai appris avec joie que deux de mes œuvres étaient en lice : la novella Dans ses pas dans la catégorie « Meilleure nouvelle » et le recueil L’Arracheur de rêves dans la catégorie « Meilleur ouvrage autre ». Comme il s’agit d’un vote du public, je suis très touché que les gens aient voté pour mes œuvres. Je suis particulièrement fier de la réception accordée à Dans ses pas. Ce projet me tenait à cœur parce qu’il s’agit d’une introduction à un univers qui prend place dans ma tête depuis quelques années (pour ceux à qui j’en ai parlé, il s’agit du projet L’Ombre et la lumière) et je n’étais pas sûr que ce mélange de policier-fantasy urbaine-horreur (ce que Jean-Pierre April appellerait de la crème glacée napolitaine littéraire) avait un public. Là, je me retrouve avec un nouveau problème : l’accueil critique et public a été bon… il faudrait maintenant que j’écrive ce livre qui m’effraie un peu…

Enfin, je voulais vous remercier d’avoir pris le temps de voter (je me doute qu’il y a de fortes chances que ceux qui ont voté pour mon recueil ou pour ma novella font parfois des détours par ce site). J’ai déjà gagné des prix Boréal (meilleur fanzine pour Ailleurs et meilleure production critique), mais jamais pour de la fiction. Et là, pour une deuxième année consécutive, je suis parmi les finalistes dans la catégorie « Meilleure nouvelle » (l’an dernier, c’était pour Le lendemain, les gens parleront de folie collective). Je dois dire que je me sens choyé et cela m’encourage à me dépasser dans mes prochaines publications.

Et vous? Serez-vous au Congrès Boréal cette année?

lundi 9 mai 2016

Entendez-vous leur murmure?

Quand je me suis levé ce matin et que j'ai vu des flocons de neige dans le ciel, un 9 mai, pas au Yukon là, mais bien à Québec, j'ai su qu'il y avait quelque chose dans l'air. Les plus naïfs parleront de folie collective réchauffement climatique, mais pour un oeil exercé comme le mien, c'est évident qu'il y a du sortilège là-dessous. 

Et juste après, j'apprends que Les 6 brumes prépare leur prévente et que le premier titre annoncé, le recueil de maléfices nouvelles Les Murmurantes, a été concocté par les six sorciers de la Mauricie (Raphaëlle B. Adam, Michel Châteauneuf, Mathieu Croisetière, Frédérick Durand, Ariane Gélinas et François Martin). À partir de ce moment, j'ai tout compris.



Je reviendrai sur ce livre dans les prochains jours puisque la prévente annuelle des 6 Brumes arrive à grands pas (le 16 mai). Je ne sais pas encore quels seront les prochains titres au programme, mais je me tiens à l'affût du moindre indice. 

La prévente annuelle des 6 Brumes est un événement dans le milieu de la SFFQ. J'ai pu voir de l'intérieur tout le travail déployé par Guillaume Houle et l'équipe (et les amis) des 6 Brumes dans les dernières années, d'autant plus que l'an dernier L'Arracheur de rêves était au menu et que l'année précédente, j'avais un texte dans Dix ans d'éternité. Cette année, je n'ai rien à vendre directement, par contre, je vais suivre la campagne de près puisque comme lecteur je sais que je vais y trouver d'intéressantes curiosités.

vendredi 6 mai 2016

Quelques critiques d'Écorché

Vers la fin de l'automne et, surtout, au printemps, il y a eu quelques critiques d'Écorché dans différentes revues. Je vais les partager avec vous...

Dans Clair/Obscur numéro 16, il y a un dossier sur la Maison des viscères et on y parle particulièrement du petit dernier de cet éditeur, Écorché. Et je vous rappelle que ce collectif comprend ma nouvelle Ce n'est pas un conte de fées.


Extraits :

... Écorché, la quatrième et dernière anthologie de la Maison des viscères, constituée de textes forts en émotions extrêmes des auteurs Jonathan Reynolds, Ariane Gélinas et Pierre-Luc Lafrance.

Les trois textes d'Écorché démontrent bien que la nature profonde de certaines personnes, forgée par la souffrance de lésions irréparables, ne peut être modifiée.

À propos de Ce n'est pas un conte de fées :

Pierre-Luc Lafrance clôt l'anthologie avec Ce n'est pas un conte de fées, la nouvelle contenant de loin la plus grande quantité de violence et d'éclaboussure d'hémoglobine.

... une relecture extrêmement dérangeante du conte Les trois petits cochons.

Lafrance fait preuve d'une imagination diabolique dans ce récit qui imprègne des images diaboliques dans notre cerveau et nous rappelle avec brio qu'un loup demeurera toujours un loup.


Dans le même numéro, on retrouve de petites entrevues avec chacun des auteurs du collectif.



On parle aussi d'Écorché dans le numéro 198 de Solaris :



Écorché, quatrième ouvrage de la maison d'édition, rassemble, comme les recueils précédemment publiés, trois textes d'horreur bien différents, mais où un thème en particulier est exploité. 

Le titre du recueil ne pourrait être plus juste : au coeur des nouvelles proposées, nous suivons la descente aux enfers de personnages tourmentés, des écorchés qui ne savent plus comment s'en sortir.

Pour sa quatrième livraison d'horreur, La Maison des viscères prouve de nouveau qu'il est possible d'offrir des textes d'horreur pertinents, où la réflexion sociale n'est jamais bien loin, et écrits par des auteurs de talent.


À propos de Ce n'est pas un conte de fées :


La double voix narrative permet ainsi une habile progression de l'horreur.

Ce texte s'avère d'ailleurs le plus violent sur le plan graphique, mais, encore une fois, l'histoire verse davantage sur le psychologique que dans l'épandage de tripes pur et simple.

La nouvelle de Lafrance renferme une subtile critique sociale et une plongée maîtrisée et juste dans la psyché d'un meurtrier, plongée qui atteint son paroxysme dans une fin amère, mais en parfaite adéquation avec le ton du texte.


Je rappelle qu'on peut se procurer le livre sur le site de l'éditeur.



jeudi 5 mai 2016

On parle de L'Arracheur de rêves

Vers la fin de l'automne et, surtout, au printemps, il y a eu quelques critiques de L'Arracheur de rêves dans différentes revues et sur certains sites. Je vais les partager avec vous...

Dans le numéro 197 de Solaris, le chroniqueur Pierre-Alexandre Bonin a parlé de L'Arracheur de rêves.



Extraits :

...la nouvelle éponyme du recueil gagne en intensité à mesure que le récit progresse...

L'intrigue en elle-même est rondement menée, et le texte remplit son mandat de lier les nouvelles entre elles.

À propos de la nouvelle La dernière enquête :

Une nouvelle bien rythmée, qui rend hommage de belle façon à Arthur Conan Doyle. La chute est particulièrement savoureuse...

À propos de Coeur perdu à Québec :

Un texte punché et très efficace, qui se moque gentiment des clichés de la collection Harlequin originale avec une fin surprenante et grinçante!

À propos de Chambre 308 :

Cette nouvelle est sans contredit ma préférée du recueil. On y retrouve une sensualité explosive, mêlée à une nostalgie romantique déchirante. Un très bel exercice de nouvelle fantastique dont la chute nous surprend et nous touche droit au coeur.

À propos de Toutes ces voix en lui :

Un très bon texte qui joue avec nos attentes, et qui parvient à nous déstabiliser.

À propos de Dans ses pas :

Lafrance présente cette novella comme un conte de fées horrifique urbain, et c'est exactement ce qu'il donne à lire au lecteur. Ici, la verve du conteur se mélange à la démarche factuelle du journaliste pour proposer une solide histoire d'horreur.

Sans tomber dans le gore à outrance, Lafrance parvient tout de même à mettre en scène plusieurs descriptions particulièrement sanglantes.

La progression psychologique d'Olivier est solide et crédible, et on en vient à s'attacher à ce loser qui devient malgré lui détenteur d'un pouvoir particulier.

Lafrance nous prouve ce qu'il est possible de faire lorsqu'on accepte d'écrire dans le no man's land qu'on retrouve entre la nouvelle et le roman. Un texte fort, qui clôt à merveille un très bon recueil.


Dans le numéro 43 de Brins d'éternité, l'auteure et critique Ariane Gélinas est revenue sur mon recueil.


Extraits :

Presque toutes les dix « véritables » nouvelles du recueil valent donc le détour, de même que l'ambitieuse novella « Dans ses pas »...

Dans ces textes, Pierre-Luc Lafrance recourt habilement au réalisme sordide teinté de fantastique (« Le Voyageur »), à l'humour (« La dernière enquête », à la romance (« Coeur perdu à Québec »), à la mythologie (Le masque de Méduse»), etc. Ces tonalités s'amalgament en un ensemble homogène, pourvu de jolis titres, notamment « Le rêve est une éternité perdue »...

Mais Pierre-Luc Lafrance a une façon de traiter le fantastique personnelle et traditionnelle qui vaut la peine d'être découverte...

L'omniprésence de l'érotisme et de la primauté des sens est également l'une des qualités de L'arracheur de rêves, cet aspect trouvant son plein déploiement, ainsi que le gore, dans la novella « Dans ses pas ».

Bref, L'arracheur de rêve de Pierre-Luc Lafrance vous convie à un bon moment en territoires de cauchemars.

À propos de Dans ses pas :

Ce texte ambitieux de pratiquement cent pages... témoigne de l'évolution manifeste de l'auteur entre 2008 et 2015. Et le résultat est réjouissant...

Dans ses pas parvient à instaurer un climat mémorable, de même que des images horrifiantes et saisissantes...


Enfin, on peut lire les commentaires sur le recueil sur le blogue Étranges lectures.


Extraits :

Dans l’ensemble, je peux affirmer sans gêne avoir passé un très bon moment dans la lecture du recueil; les nouvelles L’art secret de la filature, Toutes ces voix en lui, Maman (la plus courte nouvelle, mais quelle nouvelle!) et Le rêve est une éternité perdue valent à elles seules le détour. 

Mais là où Pierre-Luc Lafrance brille, c’est dans le court roman Dans ses pas. Le pari risqué d’amalgamer fantastique, horreur et policier est ici relevé avec brio. Les personnages, crédibles et nuancés, nous permettent de plonger sans retenue dans l’histoire. On y suit Olivier, qui se découvre le pouvoir d’entendre les pensées des gens, à condition qu’il marche dans leurs pas. Alors qu’il marche en forêt, il entrera dans les pensées d’un être sombre et torturé, qui ne cherche qu’à se venger du tort qui lui a été fait. Un thriller intense, où la violence crue accentue la tension déjà vive. 


Pour se procurer ce livre, on peut passer par le site de l'éditeur.

lundi 2 mai 2016

Anecdote de salon du livre

J'ai oublié d'en parler sur le coup, mais comme ça vient de me revenir, j'avais envie de vous partager cette anecdote. Lors du Salon du livre de Trois-Rivières, j'étais présent au Salon des 6 brumes pour présenter L'Arracheur de rêves, mais j'avais aussi des exemplaires de Faits divers et autres curiosités. À un certain moment, j'étais dans la lune, puis je me rends compte qu'une femme tient mon recueil et dit, en me regardant : « Il n'est pas si beau que ça ». J'ai trouvé ça intense comme entrée en matière, mais en même temps, elle achetait le livre. Je me suis même dit que je tenais un filon : achetez un livre et insultez l'auteur gratuitement ; deux livres et vous pouvez le frapper ; trois et vous pouvez lui cracher dessus.

Finalement, une fois la femme repartie, j'ai eu droit à la mise en contexte. Comme la femme s'intéressait à mon livre et que j'étais dans la lune, mon collègue Dominic Bellavance lui a dit, en me pointant : « C'est ce beau jeune homme qui a écrit ce livre ». Elle a regardé la couverture du livre, puis mon visage, et elle a fait une blague (du moins, je préfère le penser), en répliquant que je n'étais pas si beau que ça.